‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 66 sur 100 · MENDICITÉ · texte numérisé non relu

MENDICITÉ

Que tous les sexagénaires et les malades incurables soient reçus dans un des hôpitaux de leurs provinces, moyennant une pension réglée par les chambres ecclésiastiques des diocèses, de concert avec les Etats provinciaux, et payée par contribution sur les revenus ecclésiastiques du diocèse où seront nés les sexagénaires et incurables.

Il est vraisemblable que les bénéficiers, désormais astreints à résider, préviendront cette taxe ; s'ils ne le faisaient pas volontairement, il serait juste de les y contraindre, puisqu'on ne peut nier que telle est la principale destination de leurs biens.

Que les évêques, chacun dans son diocèse, soient autorisés à convertir en dotation des hôpitaux désignés pour recevoir lesdits sexagénaires et incurables, toutes les fondations d'aumônes journalières.

L'expérience démontre que les abbayes, les couvents et généralement tous les chefs-lieux où il y a des distributions réglées de secours pour les pauvres, sont entourés de fainéants infectés de tous les vices, dont l'oisiveté est le principe le plus fécond.

Que les paroisses soient chargées de la subsistance des pauvres qui ne seront ni sexagénaires ni incurables; auquel effet, tous les mendiants de cette classe, arrêtés hors de leurs paroisses, y seront reconduits par La correspondance des maréchaussées.

C'est encore l'expérience qui prouve la répugnance des pauvres à recourir aux aumônes des personnes dont ils sont connus. La honte de mendier en ce cas est presque toujours victorieuse du penchant à la paresse. Cette honte s'évanouit quand il ne s'agit que d'invoquer la charité des personnes qui ne connaissent ni l'individu qui s'adresse à elles, ni ses ressources.

Que les frais de conduite soient payés de brigade en brigade, à raison de 4 sols par lieue pour chaque mendiant. Que la dernière brigade soit remboursée de la somme entière, sur des

fonds à ce destinés dans chaque district, et que la somme concernant chaque paroisse soit imposée en sus de son imposition ordinaire, Tannée qui suivra le paiement fait aux brigades.

Le meilleur et peut-être le seul moyen d'exciter la surveillance des parents et des voisins à l'éducation des enfants est de les intéresser à ce qu'ils ne s'habituent pas à la fainéantise : celui d'exciter leur charité est de leur faire entrevoir qu'en laissant les nécessiteux sans secours, ils seront punis de leur dureté par une augmentation d'impôts.

Si ces mesures paraissent sévères, du moins faut-il avouer qu'elles seront efficaces, et qu'elles méritent la préférence sur un système de contribution générale dont l'aspect est effrayant : on peut en juger par l'exemple des trois royaumes britanniques, où, pour une population moindre des deux tiers que celle de la France, la taxe des pauvres monte à plus de i,500,000 livres sterlings (37,500,000 liv.).

Clausse. — F. Douville. — Révérend, fermier du roi.

— Ch. Rétois. — N.-F. Douville. — J. Ferrel. —

— Monget. — Dubray. — Michon. — C. Ferret. —

— J. Chevallier.

Clausse, président.

Pierre Coudray. — Michel Lhomme. — Jean Douville.

— L. Saillard. — Pierre Henry. — F. Lefort. — Jean Saillard, n'ont su signer.

Fait et arrêté le 15 avril 1789.

Les députés chargés du cahier furent : Révérend et Monget, avec Clausse, le président, pour suppléant. Révérend écrivait, le 18, à l'Assemblée de Versailles :

Monsieur, comme mes affaires ne me permettent d'aller à Versailles, pour nommer les députés pour aller à Paris, je vous prie de me suppléer, comme vous en avez le droit par la délibération de nos habitants.

J'ai l'honneur d'être, etc., A. Révérend.

Après avoir relu plusieurs fois non ce cahier, mais ce recueil de problèmes résolus, je reste persuadé que les lecteurs ne le trouveront ni trop long, ni monotone. Assurément celui qui a écrit ces pages était au courant des choses de l'histoire et politique et économique : on sent qu'il met un frein à sa plume, il ne dit pas tout ce qu'il pense, il est sobre de commentaires parce qu'il sait qu'il sera compris de ses concitoyens dont il se fait l'interprète.

Le notaire Monget aurait mérité d'être nommé aux Etats généraux, où il eût certainement fait bonne et honorable figure.

Assemblée tenue sous la présidence de M. Louis-Thomas de la Barre, commissaire délégué par M. le bailli, le 16 avril 4789.

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