‹ Bains et courses de LuchonChapitre 14 sur 58 · MONT · texte numérisé non relu

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La plupart de ces marbres sont au Musée de Toulouse.

On peut déduire de l'inspection des ruines laissées par les Romains, qu'ils ne firent guère usage à Luchon que des sources connues de tout temps sous les noms de la Grotte et de la Reine, et d'une troisième retrouvée dans les fouilles de 18^9 au milieu d'anciennes constructions romaines, et que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de la Source des Romains.

Au moyen âge, les barbares ayant envahi la Gaule et les Pyrénées, Luchon dut être saccagé de fond en

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comble. Les vallées pyrénéennes turent couvertes de décombres et bientôt après de végétations marécageuses et sauvages. Les sources se trouvèrent enfouies sous les ruines; les pierres éboulées des montagnes et les eaux de la pluie, mêlées aux eaux sulfureuses, formaient sur le terrain occupé maintenant par l'établissement des bains une sorte de marécage.

Plus tard, les habitants établirent sous des échoppes des baignoires creusées dans des troncs d'arbres. Les eaux y étaient amenées par des tuyaux de bois.

Jusqu'au siècle dernier, il n'y avait guère que la Grotte qui fût utilisée.

En 1761, on commença à employer la Reine et le groupe des Froides. Quelque temps auparavant, un habitant de Luchon, nommé Rey, avait découvert sur sa propriété une nouvelle source qu'il exploitait luimême. Le bénéfice qu'il en retirait enhardit les autres habitants à faire exécuter des fouilles dans l'espoir d'un succès analogue. C'est alors que fut découverte la source du Rocher.

Craignant que ces bouleversements multipliés n'occasionnassent une perturbation dans les eaux, M. d'Étigny, intendant de la province, défendit de les continuer. Mais de nos jours, les ressources de la science, mettant à l'abri de pareilles craintes, on a dû recommencer les recherches.

Foui 5 Je* nouvelles* — Qu'il me soit permis ici de dire que M. Fontan et moi avons été les premiers à déduire d'une étude géologique très-attentive L'existence certaine d'un grand nombre dç

sources thermales qu'on n'avait pas encore soupçonnées.

M. Azemar, maire à cette époque, l'homme le plus dévoué au pays que Luchon ait jamais possédé, saisit avec bonheur les remarques que nous lui fîmes faire sur les lieux, et aussitôt il mit tout en œuvre pour ouvrir les recherches sur une grande échelle. Je fixai en sa présence les directions qu'il fallait suivre dans ces fouilles, et il prit lui-même la haute direction des travaux.

Dès la première campagne, M. Azemar eut le bonheur, et ce fut pour lui un bonheur indicible, de rencontrer plusieurs sources nouvelles et abondantes : la Reine nouvelle, le Chauffoir et Richard nouvelle.

Après un résultat si important pour Bagnères , M. François, ingénieur des mines, fut officiellement chargé de continuer les fouilles, avec ordre de ne rien ménager pour que les travaux fussent parfaitement bien faits et longtemps durables. M. François continua les galeries dans les directions que j'avais tracées et que MM. Fontan et Azemar avaient adoptées. Il obtint aussi de prompts et brillants résultats.

Depuis, M. François a ouvert des fouilles dans de nouvelles directions avec beaucoup d'habileté et avec un succès qui ne s'est jamais démenti; en sorte qu'il y a maintenant cinquante quatre sources plus ou moins distinctes à Luchon , sans compter celles que l'on découvrira encore ; car il est positif qu'on n'est pas au bout de ces merveilleuses recherches. En effet, en creusant vers le nord et en partant de la galerie de Bordeu, on a mis encore à jour onze sources qui débitent ensemble 226,770 litres par 24 heures.

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Macs llierme» anciens. — Comme nous l'avons déjà dit, les premiers thermes lurent le lit même des sources, ou de simples trous pratiqués dans le rocher.

Les Romains, pour qui les bains étaient une des nécessités de la vie, avaient construit, sur les sources de Luchon , des thermes dont les ruines indiquent la magnificence passée. En faisant les fouilles, on a découvert les piscines qu'ils y avaient établies : c'étaient des bassins de cinq pieds de profondeur, de longueur et de largeur différentes, revêtus sur leur pourtour intérieur de marbre blanc, et pavés au fond en mosaïque.

D'un autre côté, l'histoire nous apprend que Pompée fit tracer une voie romaine qui conduisait aux eaux, et que Septime-Sévère fit exécuter aux thermes de somptueux travaux. Ces faits, joints aux nombreux autels votifs trouvés à différentes époques, doivent suffire pour témoigner de la renommée dont jouissaient déjà, dans ces temps reculés, les eaux thermales de Luchon.

Malheureusement l'invasion des barbares vint tout changer en de tristes décombres, et les sources de Luchon demeurèrent durant plus de cinq cents ans dans le plus complet abandon.

Vers le milieu du dernier siècle seulement, on recommença à faire usage des eaux. Une vaste piscine était creusée dans les flancs de la montagne et recevait l'eau de la Grotte. Là, les malades se plongeaient dans l'eau, pêle-mêle, sans aucune distinction de sexe et en plein air; ce qui n'empêchait pas les cures les plus merveilleuses d'avoir lieu.

En 1752, on éleva la margelle du bassin et on le couvrit d'une toiture soutenue par des piliers , pour mettre les baigneurs à l'abri des intempéries de l'air; puis on divisa l'intérieur du réservoir en neuf compartiments séparés entre eux par une simple planche.

Tel était encore, en 1761, l'établissement de Luchon. A cette époque. Luchon ne communiquait avec L'intérieur que par un mauvais sentier suspendu sur les abîmes de la vallée , accessible aux mulets seulement, et souvent intercepté par des bandes de malfaiteurs.

Vers 175i, un des seigneurs des environs, atteint de douleurs rhumatismales, ayant entendu parler trèsfavorablement des eaux de Luchon , s'était hasardé à venir s'y baigner, et en effet il y guérit. Bientôt, appelé à Auch où était l'Intendance, il s'empressa de raconter son séjour et sa guérison à Luchon. M. d'Etigny occupait le poste d'intendant. Plein de vues élevées en administration et dévoué à la prospérité du pays, il ne négligea pas cet avis et vint visiter les montagnes luchonnaises; il fut surpris de la beauté du pays et de son délaissement. Il eut dès lors l'idée de l'élever au rang auquel il pouvait aspirer. Il appela les deux savants les plus connus à cette époque, Bayen , le chimiste, et Richard, le pharmacien en chef de l'armée française, pour faire l'analyse des eaux, travail qui fut longtemps cité comme un modèle d'analyse en ce genre. M. d'Etigny fit aussitôt tracer et exécuter la route de Montreiau à Luchon et celle du port de Peyresourde entre Luchon et Bigorre.

Puis il ouvrit la belle allée des bains, maintenant le Cxntn d'Etîgny Mais que d'obstacles et d'oppost-

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