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tions il fallut vaincre pour réaliser tous ces progrès!
Les plus récalcitrants, pourrait-on le croire, furent les Luchonnais eux-mêmes, qui voulaient absolument s'emparer de M. d'Etigny pour le lapider en place publique, à tel point qu'il fallut faire stationner à Ludion une compagnie de dragons pour protéger les travaux de L'allée. Les Luchonnais se révoltaient à outrance contre une mesure qui partageait leurs terres et en enlevait quelques lambeaux à la culture.
Le généreux intendant, à qui Bagnères-de-Luchon doit en quelque sorte sa renaissance, voulait faire élever, en face de son allée, un établissement en rapport avec l'importance qu'il prévoyait que ses eaux ne sauraient manquer d'acquérir; mais les difficultés qu'il rencontra lui firent ajourner ses projets, et la mort le surprit avant qu'il eût pu y donner suite (1).
Cependant son idée lui survécut, et M. Lachapelle, son successeur, fut assez heureux pour pouvoir commencer, en 1785, les travaux de construction sur des plans dus à M. Lebourgeois.
Mais la révolution vint en interrompre la continuation. Les murs inachevés restèrent exposés aux frimas pendant plus de vingt ans, et finirent par s'écrouler.
Enfin, en 4800, la commune acheta d'un sieur Lasalle les bains établis primitivement par le sieur Rey, et fit construire sur de nouveaux plans un établissement convenable pour le service de toutes les eaux.
(1) On voit au Musée de Ludion une petite statue de M. d'Etigny tenant dans sa main les plans de la rouie de Ludion. Et ici nous devons dire qu'il est inconcevable que la ville n'ait pas encore songé à élever à son illustre bienfaiteur un monument impérissable.
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La première pierre en fut solennellement posée le 3 décembre 1803, et il ne fut achevé que treize ans plus tard.
Pendant ce laps de temps, le même Lasalle, qui était entrepreneur des constructions et fermier des eaux pour onze ans, éleva, dans le but d'éloigner toute concurrence, un petit bâtiment sur deux sources que l'on avait trouvées en fouillant les fondations. Il devint également le fermier de ces deux sources, et son nouvel établissement prit le nom de Bains Richard.
Presque vers le même temps , M. Ferras découvrit de nouvelles sources dans un pré qu'il possédait dans le voisinage des thermes et fit construire un petit établissement appelé Bains Ferras. En 1828, la commune de Luchon acheta à M. Ferras sa terre et ses constructions, et devint ainsi seule propriétaire de toutes les sources.
En 1835, un incendie détruisit une partie de l'établissement principal. Or, comme les fouilles commencées depuis 1832 donnaient déjà de très-grands résultats et faisaient pressentir l'opportunité d'un édifice plus vaste, on ne fit que quelques réparations provisoires à l'ancien.
ï/é$ftM!sseMaent actuel. — Entraînée par le succès des grandes fouilles qui avaient été commencées sur mes indications et sur les instances vives et soutenues de MM. Fontan et Azémar , auxquelles MM. François, Ferras, le docteur Viguerie, le docleur Barié, Paul Boileau, Soulerat, Artigala, etc., prêtent le concours le plus actif, la ville résolut la
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construction d'un grand et magnifique établissement thermal en rapport avec la richesse et la valeur thérapeutique des i-aux et l'importance que Luchon gagnait d'année en année d'une manière si rapide.
La question d'argent lit longtemps obstacle, car la dépense devait s'élèvera près de deux millions. Néanmoins le 22 août 18i8, les commissaires de la République purent enfin poser la première pierre de l'établissement actuel.
MM. Fontan et François se livrèrent aussitôt à de grands travaux, à des recherches de toute espèce, et l'on ne saurait oublier qu'ils ont été les instigateurs les plus zélés de cette grande création. Ensuite est venu M. Chambert, architecte de la ville de Toulouse, qui resta définitivement chargé de diriger toute la construction, sous la surveillance d'une commission scientifique nommée par le préfet et présidée par le savant médecin de Toulouse, le docteur Viguerie.
Malheureusement, des divergences très-regrettables vinrent rompre l'harmonie qui jusqu'alors s'était parfaitement maintenue entre les fondateurs de l'établissement. La mort enleva If. Azemar, l'âme primitive du projet; et bientôt M. Fontan, qui en était l'esprit scientifique , fut en butte à une opposition si mal déguisée, que la commission scientifique instituée pour éclairer toutes les questions relatives à la construction et à l'aménagement si complexe de l'établissement dut cesser de se réunir.
Dès ce moment, le conseil municipal de Luchon et le préfet de la Haute-Garonne restèrent chargés de l'administration de l'entreprise.
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MM. François et Chambert, ayant seuls la direction des travaux, mirent tout leur zèle à se bien tirer d'une mission aussi difficile.
Maintenant, on peut voir que si l'établissement n'est pas irréprochable dans tous ses détails, il constitue certainement dans son ensemble un des établissements de bains les plus remarquables qu'on puisse rencontrer et dans lequel il a été ménagé un tel nombre de moyens- thérapeutiques, qu'à ce point de vue et grâce au nombre, à la diversité et à l'abondance des sources, il est absolument sans rival dans le monde entier.