‹ Bains et courses de LuchonChapitre 23 sur 58 · MANIÈRE DE MOKTEB A CHEVAL · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE MOKTEB A CHEVAL

et le sabot doit être assez relevé pour que la clame le sente comme un point d'appui, mais sans qu'il relève sa jambe et l'empêche de l'appliquer tout entière contre les flancs du cheval.

Lorsque la dame est assise, elle doit se soulever un instant pour permettre au guide de rassembler sur la selle les plis de son amazone.

De la main gauche la dame prend les rênes de son cheval, en mettant son petit doigt et l'annulaire entre les deux guides. Elle les maintient assez tendues pour que le cheval sente seulement que les rênes ne sont pas abandonnées, mais non pas de manière à ce qu'il ait la bouche gênée et la tète forcément levée. On doit laisser le cheval libre de porter la tête plus ou moins relevée, selon l'allure qui lui est habituelle; mais la dame doit saisir ses rênes à telle distance, qu'au lieu de tenir la main trop près de la poitrine, elle la maintienne assez en avant pour lui permettre de libres mouvements, et notamment pour retenir la bride en arrière, lorsque le cheval viendrait à broncher, ou lorsqu'elle voudrait en ralentir ou arrêter le pas.

Les dames n'ayant pas d'éperons doivent indispensablement tenir une cravache dans la main droite.

Pour marcher, il n'est besoin d'aucun soin particulier.

Pour aller au trot, il faut éviter d'incliner le corps en avant ou en arrière. Si le cheval a un trot rapide et allongé, on le supporte sans fatigue et sans peine en trottant à l'anglaise. Pour trotter à l'anglaise, il faut se pencher légèrement en avant, presser fortement sur l'étrier et s'enlever de la selle au moment où l'on sent que le cheval va s'enlever aussi : on évite ainsi tout ce que le trot a de brusque et de fatigant.

Les dames qui ne sauraient pas s'habituer à trottera l'anglaise doivent éviter le grand trot : rien n'est plus pénible; c'est assez d'une course au trot pour con-

damner à deux ou trois jours de repos. Le petit trot ou mieux l'entrepas sont seuls un peu supportables; encore même les dames s'en trouvent-elles bientôt fatiguées ; mais peu de chevaux à Ludion prennent franchement cette allure.

Le galop , toujours agréable au moment même , est cependant très-fatigant pour les dames qui ne sont pas bien assises à cheval. Elles seront même quelquefois meurtries et déchirées, si faute d'habitude elles se laissent retomber de trop haut à chaque galop du cheval En outre, au moment où le cheval passe du galop au trot, elles ont à subir un froissement brusque dont tout le corps est atteint et qui arrache lus entrailles.

Pour lancer le cheval au galop, il faut que la dame relève la main qui tient les rênes de manière à donner une légère secousse au cheval, en même temps qu'elle le frappe vivement d'un coup ck- cravache et qu'e/le l'excite par un petit cri bref et vif.

On doit éviter d'arrêter brusquement le cheval lorsqu'il est lancé au galop, et surtout de galoper dans les endroits où la route est tortueuse.

Lorsque l'on doit arrêter un cheval lancé au galop, il faut prévoir d'un peu loin le point où il devra cesser de galoper et lui faire sentir légèrement la bride, comme pour le prévenir que bientôt il devra changer de pas.

On ne doit jamais faire galoper les chevaux dans les descentes; ce n'est même que dans les descentes les plus douces que l'on peut leur faire prendre le trot. Il faut les laisser au pas.

Dans les descentes très-rapides, il est toujours prudent, quelquefois indispensable, de descendre de cheval. Si l'on reste sur la selle, il faut se garder de retenir la bride; le cheval doit avoir la tête libre : seulement il faut tenir avec soin la bride du cheval et être assez attentif à sa marche pour le retenir par la bride, s'il

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venait à broncher, ce qui est fréquent et dangereux dans les descentes rapides. On doit aussi pencher le corps en arrière dans les descentes pour assurer le pas du cheval. — Lorsque l'on est pressé d'arriver, on ne doit pas hésiter à mettre pied à terre dans les descentes rapides. Le cheval descendra beaucoup plus vite que si l'on était dessus.

Dans les montées, on doit également éviter de faire trotter ou galoper les chevaux. ; on peut seulement presser leur pas pour gagner du temps. Dans les longues montées, on peut sans danger abandonner les rêneo au cheval pour observer librement autour de soi. On fera bien, ainsi que dans les fortes descentes, de laisser au cheval le libre choix de son chemin. Livrés à eux-mêmes, les chevaux de montagne sont beaucoup plus solides que si l'on s'occupait de diriger et de maîtriser leur marche. En montant, on doit se pencher un peu en avant.

Pour descendre de cheval, la dame doit appuyer la main gauche sur l'épauh de son cavalier, la main droite sur la fourche de la selle et sauter en bas.

Tout cet article, je le répète, ne s'adresse qu'aux dames qui, n'étant jamais montées à cheval, se font un effroi de ces courses de Luehon, auxquelles il leur est cependant impossible de se soustraire, et où d'ailleurs elles prennent d'ordinaire, dès leur début, une bonne part de plaisir.

Les cavaliers, qui se trouveraient dans le même cas et dans le même embarras, devront prendre pour eux les mêmes indications, sauf ce qui suit :

Pour les cavaliers. — Les hommes, pour monter h cheval, saisissent à la fuis, de la main gauche, la bride et la crinière du cheval , placent ie pied gauche sur l'étrier gauche du cheval et s'enlèvent de manière à

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tomber en fourche sur la selle. Il faut, dans cet élan, éviter de pencher le corps en avant , rester bien droit, et lever la jambe droite au moment où Ton se sent porté sur rétrier.

Le guide doit remonter ou abaisser les étriers jusqu'à ce que le cavalier les sente fortement avec le pied, sans que néanmoins la jambe se trouve par eux soulevée et ployée; on ne doit mettre que la pointe du pied dans l'étrier, abaisser le talon au-dessous du niveau de la pointe du pied, le tenir en dehors sans écarter les jambes, et diriger la pointe vers la tête du cheval. Pour être bien assis et solide achevai, le cavalier doit sentir qu'il tient son cheval pressé et serré sous lui, qu'il adhère au cheval par le plus de surface possible et qu'il trouve dans ses étriers un libre et bon point d'appui,

Amazosiee. — Une réforme essentielle à introduire par les dames qui viennent faire des courses dans les Pyrénées serait de ne plus tailler leurs amazones sur les modes et les patrons de Paris. A Paris où se décident les grandes questions de mode, comme toutes les autres, on s'inquiète fort peu des intérêts et des besoins de la province. Ainsi les étoffes, les costumes, les modes, tout ce que l'on vous impose, mes gracieuses lectrices, est approprié aux besoins, au climat, aux plaines de Paris, aux larges et plates allées du bois de Boulogne, etc. Là, point de chemins étroits, escarpés, bordés de buissons et de roches saillantes dont on ne puisse s'éloigner à plusieurs mètres ; partout, je le répète, large et plate campagne. Alors, nul inconvénient à donner aux amazones une longueur démesurée; et quelque rapide que soit le galop du cheval, l'étoffe peut voler sans le moindre danger ; il est même nécessaire, à cause de la rapidité des chevaux de course, que l'amazone se prolonge assez pour préserver la belle

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écuyère de tous regards indiscrets. Mais dans nos courses de montagnes, ce sont des conditions tout autres de terrain qui, forcément, commandent des mesures appropriées. Et d'abord, loin de vous emporter avec la rapidité de réclair, c'est à peine si vos chevaux vous accorderont par longs intervalles quelques trèscourts temps de galop ; et en second lieu, n'est-ce pas chose déraisonnable vraiment de faire tlotter au milieu des buissons, des bois, des roches aiguës, un long pan d'amazone qui peut, à chaque pas, être accroché et entraîner la dame dans une chute toujours dangereuse au milieu d'effrayants précipices, et souvent mortelle? Cela est si vrai, qu'il n'y a pas d'année qui ne soit marquée par de semblables chutes dues à cette façon des amazones, façon, je le répète, très-convenable à Paris, mais absurde et funeste au milieu des montagnes.

Division des course.». — Toutes les promenades et les courses qui sont à faire aux environs de Luchon peuvent se classer en cinq divisions correspondant aux cinq lignes principales qui s'étendent autour de Bagnères.

Il est remarquable que sur chacune de ces cinq lignes, il y ait à faire une des courses qui offrent le plus d'intérêt.

Voici ces cinq divisions, avec le nom de la course essentielle qui s'y trouve comprise :

1° Larboust. — Lac d'Oo.

2° Route d'Espagne. — Port de Yénasque.

3° Vallée d'Aran. — Bososf.

4° Vallée de Luchon. — Saint-Bertrand.

5° Oueil et Barousse. — lionne.

Voyez en tête du volume, à la table des matières, le

tableau général de ces courses, leur classement, leurs subdivisions et le sommaire de ce que chacune d'elles offre de plus curieux ou de plus important.

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