LACS, TICS, ÉCHO DE NÉRÉ
peine et sans danger le vallon d'Astos, le village d'Oo et la route bien connue du Larboust.
9° De l'écho aux cabanes d'Esquierry. . ; . 1 h.
Si Ton doit passer des crêtes du Monségut dans le val d'Esquierry, on doit faire à pied cette descente et avec précaution. Le guide doit conduire les chevaux en avant. On verra le point où le ruisseau, qui descend des flancs du Pic Néré Nord et de la pointe Arnaud dans les hautes gorges d'Esquierry, se perd sous les rochers pour ne reparaître que vers le fond du val d'Esquierry , laissant ainsi toute privée d'irrigation cette haute vallée, la plus riche néanmoins de la chaîne en espèces végétales et en précieux herbages : circonstance très -remarquable et qui intéresse hautement la géologie agricole.
Halte pour le dîner # 1 h.
Si l'on est pressé de dîner, il faudra profiter de cette eau qui va disparaître jusqu'aux cabanes d'Esquierry, une heure plus loin, où l'on aurait du re^te une trèsbonne source.
10° Des cabanes d'Esquierry au pont Ste-Catherine. 1 h. 30 m-
On doit mettre pied à terre pour descendre la rampe d'Esquierry, observer ses pas avec précaution et reprendre le bâton montagnard. Le sol tout noirci par la décomposition du graphischiste argileux qui forme la montagne est très-glissant. Les chutes seront, il est vrai, peu dangereuses; mais on se salirait horriblement. Au fond du bois, les dames fatiguées pourront
140 LE LARBOUST. — 8* COURSE.
remonter à cheval. On gagnera du temps, si Ton peut continuer à pied jusqu'au pont.
]1° Du pont Ste-Catherine à Oo (V. p. 96) . * . . 1 h.
12o B'Oo à Ludion (V. p. 86 à 96) 1 h. 45 m.
GÉOLOGIE. — 5° De Garen à Gouaoux, terrain diluvien terrain de grauwacke. Schiste et calschiste en couches verticales, plusieurs variétés. — 6° 7° De Gouaoux au Pic du Monségut, terrain diluvien et terrain de grauwacke. Schiste phylladien, schiste grauwackilien, grès rouge gris, grès siliceux. — 8° Du Monségut à l'Echo de Néré, toujours le terrain de grauwacke. Grès rouge gris, grauwacke schisteuse, quartzite laiteux en filons ou plutôt en grandes veines, calcaire schisteux, calcaire montagne, brèche quartzo-schisteuse.
Ce massif du Monségut est principalement formé de grès siliceux. La présence de cet énorme filon de quartzite laiteux, sur lequel il faut se placer pour bien jouir de l'Echo de Néré, explique la nature siliceuse de ces grès, espèce d'ailleurs peu commune. Il démontre qu'aux anciennes époques géologiques, il y avait ^ur ce point d'abondantes sources minérales fortement chargées de silice, qui ont fourni à ces grès leur ciment siliceux par infiltration, et qui, par concrétion, ont rempli de quartz pur les fissures de ces roches. En même temps cette abondance de roches siliceuses explique comment ce massif du Monségut a résisté aux agents de destruction qui ont tout détruit autour de lui jusqu'à de grandes profondeurs, et comment, ainsi debout et la tète encore si haute, au milieu des débris qui l'entourent, il est maintenant pour nous un observatoire si merveilleux.
Lorsque Ton fera la course du Monné, on verra que ce pic est aussi composé de grès siliceux appartenant au même terrain, que c'est à la même circonstance qu'est due son élévation, comme à son élévation loin de Taxe de la chaîne est dû le beau point de mire qu'il présente.
ESQUIERRY 141
9e COURSE. — ESOlllERRY.
Grande course Je vallées, 11 à 12 heures.
Cette course intéresse vivement les botanistes, qui appellent Esquicrry le jardin botanique des Pyrénées. Du reste, il n'y a que les botanistes et les divers autres naturalistes qui fassent cette course. À eux seuls elle peut présenter un véritable attrait, comme on en peut juger par la liste de plantes que je donne un peu plus bas, et qu'a dressée M. Munby, botaniste très-connu, l'un des anciens collaborateurs du Musée de Luchon.
Il n'est pas rare que les botanistes passent plusieurs jours à Esquierry; car il est impossible d'épuiser en un jour ce riche vallon des fleurs. Ils prennent domicile dans une des cabanes qui s'y trouvent, où le guide rassemble , non sans peine , le bois et les provisions nécessaires. Il importe alors d'arriver à Esquierry avant la fenaison ou bien plusieurs jours après. Pendant la coupe des foins, les faneurs et les faneuses s'entassent, c'est rigoureusement le mot, dans ces cabanes pour y passer les nuits, et les remplissent toutes complètement.
MARCHE. — 1, %f 3, 4°. — De Luchon à Oo. . 2 h. 5o D'Oo au pont Ste-Catherine, ... 1 h.
C'est le val d'Astos que l'on parcourt jusqu'au plan d'Astos, où l'on tourne à droite pour traverser le pont Ste-Catherine (V. p. 96).
60 Du pont aux cabanes d'Esquierry 1 h. 30 m.
Calcaires de transition, graphischistes, filon cuivreux, avant d'arriver au sommet de la rampe , dans l'escarpement à droite.
442 LE LAKBOUST. — 0e COURSE.
7o ©es cabanes au col d'Esquierry et à l'Écho
de Bïéré (p. 139) 1 h. 30 m.
Belles variétés de calschiste et de calcaire schisteux au dessus des cabanes.
BOTANIQUE. — Dans la vallée de l'Astos, sous les haies, le long des prairies, on trouve le meconopsis cambrica, qui montre ses belles fleurs jaunes au mois de juin : avant de monter à Esquierry, se trouve le reseda glauca, sur les rochers à droite, mêlé avec le potentilla alchemilloïdes, belle espèce à fleurs blanches et à feuilles argentées en dessous ; avant d'arriver au bois, on remarque sur les pelouses et parmi les schistes Yaconitum Xapellis, et dans la même localité Yeryngium Bourgati. Dans le bois à la montée, on trouve au mois de juillet hieracium lampsanoïdes.
Les plantes suivantes se trouvent dans la gorge d'Esquierry, parmi l'herbe de la belle prairie qui embellit ce paradis des botanistes : betonica alopecuros, hieracium blattarioïdes, orobus luteus, habenaria albida rarement, gentianaBurseri et lutea,thlaspi alpestre, ramex alpinus, polygonum viviparum, lilium pyrenaicum et martagon, viola cornuta, centaurea montana, senecio adonidifolius, euphorbia hiberna, anémone alpinaet narcissiflora , satyrium nigrum, festuca spadicea , scilla verna, ranuncidus amplexicaidis et pyrenœus, pedicularis rostrata et pyrenaica, dianthus barbatus, hypericum ftmbrïatum ou Richeri, thalictrum aquilegifoliurn et majus, phaca alpina, linum alpinwn, vicia orobus ou orobus sylva* tiens, pyrethrum corymbosum, veratrum album, erythronium, dens canis au mois de mai, fritillaria meleagris.
2° Parmi les rochers adroite, Y aster pyrenœus a été indiqué par M. Bentham; mais je n'ai jamais eu la bonne fortune de l'y rencontrer. On y trouve le valeriana heterophijlla, Yononis striata, draba nivalis, elyna caricina, antirrhinum sempervirens, scrophularia verna, samfraga calyciflora, scorzonera aristata , aretia pyrenaica, buplevrnm pyrenœum, rhamnus pumilus, gypsophila repens, arenaria ciliata, saUxpyrenaica, sideritis pyrenaica, allium schœnoprasnm, euphrasia minima. 3° Pami les rochers à gauche, veronica frutkulosa, salix
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telieulata, pinguicuîu grandi flor a, espèce luit commune dans les Pyr< ii ■•<•.-. tn'folium alpinwn et cespitotumt sedum brevifoliu.m et Iiirsutum, bartsia alpina, vac-int'uni uliginosum et myrtUlus, umfraga ajvgœfolia, cespitosa et muscoïdes, '■I rMea, axalea procunibnis et androsace carnea.
io An sonmiet de la crête, xcronica ponœ et bellidioîdes, gentiane alpina et acaulis, tussilwjo alpina, pteris crispa, cardamine resedifolia, phaca alpina,
5° Le long du ruisseau au centre de la gorge en dessous des cabanes, on trouve le cardamine raphanifolia ou grandiftora, enicus nvularis, heracîeu.m pyrenaieum, cacalia discolor, chœrophylîum aromatieum, dont les jeunes tiges privées de leur peau forment une excellente salade.
ZOOLOGIE. — L'entomologiste doit chercher sous les pierres le carabus auro-punctatus , le z(dyrus obesus et le feronia œatartii. Les papillons abondent dans ce vallon des fleurs ; nous citerons Yapollon, \&xerge-d'or}\epalœus,\e mnemosyne; on y voit en outre presque toutes les espèces communes de France.
Retoni*. — Si Ton n'a 'pas fait la course des lacs , pics, Echo de Ttêré, on fera bien de prendre cette route pour retourner à Luchon. (V. cette course p. 130.)
10e COURSE. — SÏÉDÀSSOLES.
Grande course de vallées , 11 à 12 heures.
La gorge qui fait face à Esquierry , de l'autre côté du val d'Astos, est la gorge de Médassoles, visitée, comme celle d'Esquierry , par les botanistes seuls, mais beaucoup moins connue. On y peut faire une ample moisson. (F. la course du Cécîré.)
11e COURSE. — SUPER-BAGIVERES.
Petite course de sommets, 6 à 8 heures.
Départ, — Nulle autre précaution que celle d'emporter une
14* LE LARBOUST. — il6 COURSE.
bonne lunette. Il n'y a pas de course où Ton puisse la mieux utiliser. Le plus beau temps du monde est une condition de rigueur pour cette course, sous peine de la refaire. Inutile de partir de grand matin ; à 10 et II heures il est encore temps. — Deux routes pour l'aller, quatre pour le retour. Je donne le meilleur itinéraire à suivre ; j'indique les autres brièvement.
MARCHE. — {% 2°. De Lucbon à la chapelle
St- Aven tin 1 h.
3° De la chapelle aux granges de Gouron. ... 50 m.
De la chapelle on monte à St-Àventin ; mais à l'entrée du village, on tourne à gauche pour descendre au pont et entrer dans le ravin de Subaille. Par un beau chemin tracé depuis peu, on monte jusqu'aux granges de Gouron. Jolie vue; on a sous les yeux Sacourvielle, Caslel-Blancat, Cazaril, Juzet et Montauban.
2e Route. — Pour gagner du temps, on peut monter de Luchon aux granges de Gouron parle vallon même de Gouron. On abrège de 40 minutes; mais la montée est rude et le chemin mauvais.
4° De Gouron à la cabane de Super-Bagnères. . . 1 h.'
Au dessus des granges de Gouron on entre dans la forêt de Saage, pour ne la quitter que tout près de la cabane. Avant même d'arriver à la cabane se présente déjà une très-belle vue... Mais de grâce arrivons au sommet pour jouir à la fois du tableau tout entier.
5° De la cabane au sommet et halte au sommet. 30m,
Ne laissons pas les chevaux s'arrêter à la cabane ou à la fontaine du déjeuner : c'est un mauvais pli qu'on leur laisse prendre. Qu'ils nous portent tout de suite
SUPER-BAGNÈRE3. 145
au sommet, ils le peuvent sans peine, et là nous les livrerons au guide qui les fera redescendre vers la cabane, les mettra au pacage et disposera tout pour le déjeuner, pendant que nous jouirons longuement de cette magnifique vue de vallées, de villages et de som* mets.
Vue magnifique* — Nul autre point de vue aux environs de Bagnères n'est aussi riche que celuici. Reconnaissez d'abord les vallées qui vous entourent. Il y en a huit. Ce sont de gauche à droite : 1° le val de Gouron; 2° la vallée d'Oueil; 3° la vallée du Larboust que Ton voit par lambeaux; 4° la vallée de Luchon, avec sa belle route qui apparaît comme un large ruban, là fortement tendu, là souple et onduleux; o° plus à droite le joli vallon de Burbe; 6° la vallée d'Aran dont on découvre même quelques champs cultivés; 7° le vallon de l'Hospice, et 8° tout à fait à droite, la vallée du Lis avec sa cascade et sa gorge d'Enfer.
Comptez ensuite ces villages qui se montrent de toutes parts. Il y en a vingt-cinq. Suivez-les; toujours de gauche à droite : Gouron, Trebons, Saint-Paul, Mayrègne, Cazaril; dans la vallée de Luchon, à gauche de la route : Moustajon, Cier, Cazaux, le château de Guran, Bachos et Binos; à droite de la route : Saint- Mamet, Montauban, Juzet, Sodé, Antignac, Sales, Artigues, Pratvieil, Gouaoux, Baren, et dans le fond Mont-de-Galier; dans la vallée d'Aran, le village d'Arros et quelques maisons de Villamos; enfin, dans la vallée du Lis, le hameau du plan de Cazaux.
Et en troisième lieu, quelle belle série de montagnes! De gauche à droite le Monné, le Montespé-en-Barousse, le Mont-de-Galier, le pic de Gard, Bacanère, le pic Sainte-Marguerite-de-Bosost, le pic d'Arros, la
ii6 LL LARBOL&I. ii« COt'RaE.
pique Foureanade, le pic de Poumère, la lus de Bargas, les pics de la Fraîche, la Pique, la tus de la Mine, le Sauvegarde; derrière lui la Maladetta et son glacier, ensuite Baliran, le port de la Glère, le pic du port des Staouas, le gravier de Castiilon , la tus de Maupas, le massif et pic de Crabioules, le pic Quai* rat, Cernés, et tout près de vous le Céciré, qui termine la crête de Super-Bagnères, la coumo Nérédo (gorge noire) que l'on appelle aussi la Goume de Bourg.
- Enfin, vous avez sous les yeux les plaines de Toulouse; mais, au milieu du jour, pendant l'été, elles sont habituellement couvertes de vapeurs.
La vue de Super-Bagnères est une véritable rareté; aussi devra-t-on considérer comme perdue la peine qu'on aura prise pour faire cette course, s'il est survenu des brouillards qui aient empêché de voir à nu les montagnes que je viens de désigner, et se résoudre à la refaire.
3SETOUR. — On peut retourner à Luchon, ou par la même route (en 3 h.), ce qui serait assez maussade; ou par la gorge, les cabanes et le val de Gouron, ce qui est plus court (l h. 4/2), mais plus rude; ou par le Larboust, ce qui est assez insignifiant et beaucoup plus long (k h. 1/2) : on passerait par le sommet du val de l'Essère, pour descendre par la pelouse de Labass jusqu'aux cabanes du même nom (th. 4/4); des cabanes de Labass on descendrait à Castiilon (2 h.), où l'on reprendrait la route du Larboust jusqu'à Bagnères (1 h. 1/4).
Ou bien on peut descendre par la vallée du Lis 3 h.), ce qui est certainement préférable,
On prend le chemin qui conduit d'abord aux gran-