IL-pEH-BAGNfcREs
ges de Laspône. Là, s'il en est besoin, on trouve à droite l'excellente source de Condesse. On continue à descendre jusqu'à la grange d'Ousselet, dans la vallée du Lis, d'où Ton peut rentrer à Ludion en 2 heures.
Mais si l'on a du temps devant soi, on tourne à droite pour aller visiter les cascades du Cœur, d'Enter, etc. Il faut alors i h. 1/2 pour rentrer à Luchon; mais on fait ainsi, en une promenade, la course de Super-Bagnères et celle de la vallée du Lis. (Voyez dans l'un ou l'autre cas la course de la vallée du Lis.)
Enfin on ferait une course plus complète et plus intéressante, si l'on allait jusqu'au pic de Céciré, qui domine Super-Bagnères. On allongerait d'une heure et demie. (Voir la course du pic de Céciré, p. 153.)
GEOLOGIE. — La montagne de Super-Bagnères est le vérii ible trésor de Luehon: c'est elle qui recèle ces inépuisables liions d'eau [on pourrait dire filons d'or;, qui ont déjà transformé en une ville gracieuse un ancien village couvert de «•haunie. La base de Super-Bagnères et sa partie centrale sont évidemment formées de granité et de belles roches granitique», appartenant à la même formation géologique. Les beaux travaux des sources ont prouvé que les eaux sortent de ce terrain granitique, qui en outre apparaît sur plusieurs points à l'est de la montagne, soit au delà des bains, soit aux environs Je la Tour de Castel-Vieil. Partout ailleurs la montagne est couverte de micaschiste, de gneiss, de phyllades, de graphisehiste, d'eurite, en un mot, des roches qui caractérisent le terrain de micaschiste.
On trouvera de belles variétés de roches, si l'on explore avec soin la montagne qui nous occupe. Dans le terrain de granité : La pegmatite hébraïque [72 A. , la pegmatite à gros grains .08 A.,, la pegmatite micacée (73 A/., la pegmatite palmiftre i~i A. , la pegmatite tnurmalinifere (69 A. , le granité
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à gros grains (il A.), le granité argentin (12 A.), la leptynite granitoïde (88 A.), le mica palmé (114 A.), la tourmaline noire cristallisée avec sommets (112 A.), etc. Dans le terrain de micaschiste : Le micaschiste commun (6 B.), le micaschiste phylladien (28 B.), le micaschiste maclifère (12 B.), le micaschiste grenat if ère (32 B.), le gneiss schisteux (3 B.), le gneiss noduleux (1 B.), le gneiss grain d'orge (2 B.), la phyllade satinée (42 B.), là phyllade pailletée (44 B.), la phyllade feldspathique (56 B.), la phyllade satinée maclifère (47 B.), la phyllade altérée (53 B.), la phyllade rubigineuse (51 B.), Yeurite commune (112 B.), Yeurite schisteuse (111 B.), le graphischisle phylladien (184 B.), etc.
Ainsi la montagne de Super-Bagnères , en même temps qu'elle offre au collecteur une riche récolte, montre au géologue un bon exemple de la manière dont les roches schisteuses du terrain de micaschiste, plus compactes, moins cristallines et plus confuses, recouvrent les roches lentement refroidies du terrain granitique , roches remarquables à Super-Bagnères par leur état complètement cristallin , et par la pureté de composition de chacun des éléments qui les composent.
Le métamorphisme est impossible. — Ici
l'on pourra reconnaître que la théorie du métamorphisme qui prédomine aujourd'hui d'une manière si fâcheuse dans l'école française est tout à fait inadmissible. D'abord, en partant de Luchon et jusqu'au sommet de Super-Bagnères, on voit comme partout ailleurs aux environs de Luchon, combien sont puissantes et variées les roches, que, d'après M. Elie de Beaumont, il faudrait ici considérer comme métamorphiques : ce sont, sans exception, toutes celles que je range dans les divers groupes du terrain de micaschiste. (Voir le Tableau figuratif de la structure minérale du globe et le Catalogue général des roches de Luchon, à la course de la Barousse.)
En calculant l'épaisseur totale de ces roches stratoïdes superposées, on reconnaîtra qu'elles offrent sur quelques points une épaisseur totale de près de deux mille mètres, et que dans cette masse on peut distinguer plus de cent cin-
SITER-BAGNERES. f 4 i9
quantc espèces ou variétés de roches toutes remarquables par leur état notablement cristallin et par leur structure homogène et toujours nettement caractérisée.
Comment admettre que toutes ces roches aient été primitivement des dépôts sédirnentaires, c'est-à-dire des brèches, des poudingues, des grès, des argiles, des schistes, des marnes, des calcaires fossilifères, etc., comme le prétendent les métamorphistes ? Comment admettre que des épanchements de granité incandescent aient pu transformer toutes ces prétendues roches sédimentaires et produire à leur place les belles roches cristallines qui caractérisent la géologie des environs de Luchon, comme l'enseignent aussi les métamorphistes ?
D'abord il aurait fallu une chaleur capable de fondre toutes ces prétendues matières sédimentaires pour les amener ainsi à l'état cristallin ou semi-cristallin, dans lequel elles se montrent à nos yeux. Or, Ton sait combien peu les matières terreuses sont conductrices de la chaleur. Et, alors même qu'on admettrait qu'elles aient jamais pu être plus aptes qu'aujourd'hui à conduire la chaleur, pourrait-on admettre que le granité sousjacent exit pu transmettre sa chaleur à travers une épaisseur de i,(>00 à 2,000 mètres avec assez d'intensité pour entraîner la fusion et la cristallisation de toutes ces matières terreuses, dont la plupart, on le sait, sont presque absolument infusibles?
Une pareille prétention est tout à fait inadmissible ; et, en effet, ne voit-on pas dans les forges, dans les usines, dans- les ateliers industriels, les matières argileuses demeurer en contact immédiat et incessant pendant des années entières avec les feux les plus intenses, qui fondent l'acier, le verre et la porcelaine, sans éprouver elles-mêmes aucun commencement de fusion? Et quant aux matières qui sont fondues par ces feux intenses, ne sait-on pas que leur fusibilité ne se manifeste que dans les parties soumises de très-près à l'action du feu? Ne sait-on pas que même une barre métallique (et les métaux sont les meilleurs conducteurs de la chaleur), plongée dans un feu de porcelaine, ne s'échautfe notablement que jusqu'à une très-petite distance du foyer, et que, quelque long que soit le temps pendant lequel cette barre reste sou-
150 LE LARF.OUST. IIe COURSE.
mise au t'en, la chaleur rouge ne s'étend jamais à plus d'un mètre, tandis qu'à 4 à 5 mètres le métal n'atteint jamais qu'une température peu élevée? Comment donc pourrait-on admettre que la chaleur du granité eût pu s'étendre dans ces prétendues roches sédimentaires jusqu'à 1,000 ou 2,000 mètres, et encore d'une manière assez intense pour les faire fondre et cristalliser ?
Voilà une première impossibilité physique qui repousse inexorablement cette théorie du métamorphisme!
En voici une seconde, encore plus manifeste, s'il est possible.
Dans cette hypothèse, les roches dites métamorphiques sont d'anciennes roches de sédiment, qui auraient été formées par les eaux déposées dans le fond des mers, etc. Dans cette hypothèse aussi, le granité sur lequel elles reposent est la roche qui, lors de son épanchement incandescent, a fait fondre ces roches sédimentaires et les a ainsi transformées en roches métamorphiques. 11 résulte de là que, dans cette hypothèse, le granité n'existait pas encore lorsque les roches sédimentaires ont été formées par les eaux !
Mais alors les métamorphistes nous diront-ils sur quoi reposaient les mers dans lesquelles se sont étendus ces premiers sédiments? Ce ne pouvait pas être sur le granité qui, d'après eux, n'existait pas encore; et, comme il n'y a rien au-dessous du granité que du granité et la matière incandescente du globe, on se trouve forcé de conclure que ces premières mers reposaient sur la masse terrestre incandescente. Or, ceci heurte à l'excès les lois les plus connues de la physique du globe ; car cette masse terrestre incandescente eût mis en vapeur toute la mer et rendu tout dépôt sédimentaire impossible.
On le voit, ces prétendues roches métamorphiques n'ont pu être produites à l'état de sédiment; en second lieu, si par toute autre cause elles eussent pu être formées à l'état sédimentaire, elles n'eussent jamais pu être transformées en roches cristallines par la chaleur du granité, qui, quelque intense qu'elle pût être, n'eût pu se transmettre que jusqu'à quelques mètres au-dessus de sa surface.
Rien n'est donc plus contraire aux faits que la théoria
SlPER-BAGNÈRES. 151
du métamorphisme, et, en vérité, on ne s'explique pas qu'un géologue aussi érudit que l'est M. Elie de Beaumont ait pu mettre en avant une telle hypothèse, et qu'elle ait pu être a 1mise sans contrôle par un aussi grand nombre de géologues en France, en Angleterre, en Amérique, etc. Ce fait montre d'une manière éclatante tout le prestige, toute la confiance qui s'attachent à un nom célèbre. Et ce prestige est tel, qu'il a entraîné les géologues non-seulement à l'égard du métamorphisme, mais encore à l'égard de plusieurs autres théories du même savant, tout aussi inadmissibles, notamment sa théorie de la dolomitisation , que M. Delanoue a du reste victorieusement combattue ; sa théorie des systèmes Je soulèvements correspondants aux diverses époques géologiques, contre laquelle viennent s'inscrire de jour en jour de nouvelles protestations, etc.
Conséquences funestes de la théorie du métamorphisme. — Il est vrai que déjà beaucoup de géologues disent entre eux tout bas que pour la plupart les théories émises par M. Ëlie de Beaumont manquent de fondement, mais fort peu se risqueraient à le due tout haut. L'ingénieur, le professeur, l'industriel explorateur, l'aspirant à l'Académie redoutent, et avec raison, l'influence d'un savant aussi haut placé dans l'administration publique, et qui est à la fois sénateur, membre du conseil général de l'Université, inspecteur général des mines, professeur de géologie au Collège de France et à l'École des mines de Paris, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, etc., elc.
Pour moi, qui ai toujours conservé une position tout à fait indépendante, qui pour cela ai renoncé à toute ambition du coté de l'université, du côté de l'administration des mines et des ponts et chaussées, du côté de l'Académie des sciences , etc., je puis discuter avec aisance les théories de M. Elie de Beaumont comme celles de tout autre savant; et si je les attaque , ce n'est pas pour le vain plaisir d'écrire et d'entamer une polémique contre un géologue dont personne ne reconnaît plus que moi la vaste érudition ; c'est pour remplir un devoir que je considère comme impérieux ; c'est pour contribuer, autant qu'il est en moi, au pro-
152 LE LARBOUST. — 11^ COURSE.
grès de la géologie pure et appliquée, à laquelle, on le sait, je me suis dévoué avec amour dès mes plus jeunes années et que je me suis toujours efforcé de populariser par mes ouvrages, en les rendant faciles et intelligibles pour tous.
Or, je vois la géologie entraînée dans une voie tout à fait fausse : non-seulement ses belles théories sont profondément altérées et obscurcies par des idées antiphilosophiques ; mais ses applications les plus importantes en sont viciées et compromises à tel point, que nos jeunes ingénieurs, ceux du moins qui demeurent imbus de ces principes, commettent les fautes et les erreurs les plus regrettables ; que pour toutes les grandes opérations de mines, chose plus fâcheuse encore, on n'a plus qu'une confiance très-limitée dans les ingénieurs français, et que partout on aTecours à des ingénieurs anglais ou allemands.
Cette infériorité, relative et douloureuse à constater, des ingénieurs français, est due tout entière, on ne saurait se le dissimuler, à ce que la science géologique officielle est aujourd'hui si profondément obscurcie et déviée par ces théories funestes, qu'elle jette les jeunes élèves dans des points de vue complètement erronés et, par suite, dans des applications tout à fait fausses.
En effet, pour bien diriger la reconnaissance d'un gite métallique, il faut se faire une idée nette et précise de la manière dont ce gite a été produit, afin de bien apprécier la position qu'il doit occuper dans le sol. Si l'on se trompe totalement sur la théorie de la formation de ce gite, on est évidemment exposé à le chercher à droite quand il est à gauche, en haut quand il est en bas, etc., et ainsi à conduire très-mal, et avec beaucoup de frais perdus, les travaux entrepris pour la recherche ou pour la reconnaissance complète du gîte en question.
Je ne saurais ici m'étendre davantage sur un sujet qui semble étranger à cet ouvrage, et toutefois je ne pouvais faire explorer à mes lecteurs les terrains de Luchon sans les prémunir contre les théories du métamorphisme, de la dolomitisation, des soulèvements correspondants aux diverses époques, etc., qui trouvent ici leur application vraie ou fausse à chaque pas ; et n'adoptant pas ces théories, les re-
rie r»K cbcirjs. 153
poussant au contraire vivement , j'ai dû indiquer en quelques mots les motifs de divers ordres qui m'obligent a les rejeter.
Dans un ouvrage qui aura pour titre : Examen des ques tions douteuses de la yéologie, j'entrerai dans tous les développements que comporte un sujet aussi vaste et aussi complexe.
12e COURSE. — PIC DE CÉCIRÉ.
Course de sommets, longue et pénible, à cheval, 9 àlO heures. Ciel pur.
Répart. — Il y a deux chemins à suivre pour gagner le pic de Céciré; l'un par Super-Bagnères (voir la course de Super- Bagnères, page 143), et l'autre par le bout de Médassoles, dont voici l'itinéraire :
Un bon guide est nécessaire pour le cas où l'on serait surpris par les brouillards.
9ABCH£. — J°, 2° De Xmchon à Cazaux. . . 80 m. 3° X>e Cazaux au bout de Médassoles ... 4 h. »
Suivez la route de Labach de Cazaux; elle vous conduira dans une gorge qui fait face à Esquierry, de l'autre côté du val d'Astos : c'est le bout ou la gorge de Médassoles, non moins riche en trésors botaniques, mais beaucoup moins connu que le vallon d'Esquierry.
À quelques pas du bout de Médassoles vous rencontrez la fontaine de la coume de Bourg : c'est l'endroit le plus convenable pour déjeuner.
Remettez donc l'ascension du pic après le déjeuner.
4° Bu bout de Médassoles au pic de Céciré. 1 h. »
Si le ciel est pur et si l'air n'est pas chargé de vapeurs plus ou moins intenses, vous êtes assuré de re-
154 ROUTE d'esPAGNK. — i 3e COURSE
trouver au Géciré une de ces vues magnifiques dont on jouit de tous les hauts sommets et dont on ne peut se lasser, d'autant plus que de chaque nouveau sommet elles offrent toujours quelques nouveaux aspects. On domine ici Super-Bagnères et l'on a à peu près la même vue. J'en ai déjà donné le détail et nommé toutes ces montagnes (page 145).
KetonPi — Du Pic â la cascade d'Enfer. 3 h. »
Vous descendez par la Coume de Néré à la cascade d'Enfer. — Çà et là votre vue rencontre plusieurs lacs, plusieurs cascades qui appartiennent à la course des Cascades Illustres.
De la cascade d'Enfer à Xaichon. ..... 2 h. 30 m.
C'est toute la vallée du Lis que vous allez franchir au galop, si, comme je le pense, vous avez déjà fait cette course , une des premières et des plus obligées.
13e COURSE.— Ii A. TOUR ©E CASTELVIEHL..
Promenade après dîner, 2 à 3 heures aller et retour. 1° De Xiuchon à Castelvieil » 40 m.
Avant d'arriver en face de la tour de Castelvieil, non loin du poste de douane, on trouve les débris d'une petite chapelle dite de Bagnartigues, consacrée à la Vierge. Elle fut détruite pendant les désordres de 1789.
Histoire tragique. — Trente pas plus loin se voit un tilleul, qui servit à une scène tragique. — Le jeune Sàvi était très-beau ; il aimait une de ses voisines et en était aimp. Ils s'étaient juré depuis longtemps un
T « > ■; I\ Dl «ASTI LVI11L. I &S
éternel amour, lorsque les parents du jeune homme s'opposèrent à leur union. La belle Thérèse fut forcée d'accepter un autre mari. Malgré le mariage de la jeune fille, Thérèse et Sàvi ne cessèrent point de s'aimer. Le mari s'en aperçut ou en fut prévenu par des jaloux. Furieux, il résolut la mort du jeune homme; il alla l'attendre, caché dans les rameaux de ce tilleul, dont le tronc s'avançait suspendu sur la route. Le jeune Sàvi revenait de sa grange de Labach, entouré de faucheurs et de faucheuses qui chantaient tous ensemble des airs gais et bruyants. Au moment où la troupe joyeuse passe sous le tilleul, une affreuse détonation se fait entendre; le jeune Sàvi tombe roide mort. Ses camarades enrayés se dispersent Ils virent une ombre sortir de l'arbre et s'enfuir vers l'Espagne Le soir, on chercha vainement le mari de
Thérèse; il ne reparut plus.
Cinq prétendu» châteaux forts». — Nous voici en face du petit mont de Castelvieil, témoin jadis de scènes guerrières. L'énorme tour qui s'y trouve aujourd'hui n'était pas seule à l'époque où les comtes de Comminges étaient les souverains du pays Le point qu'il domine est entre les deux routes qui conduisent à droite vers la province d'Aragon , à gauche vers celle de Catalogne. Ce passage était donc important à une époque où les peuples des deux frontières se faisaient avec acharnement une guerre de brigandage. Il importait qu'il fût bien défendu, et l'on établit une couronne de petits forts pour commander le nœud de ces deux routes. Il y avait cinq forts : l'un, le plus reculé vers Saint-Mamet, sur un mamelon, au bord de la Pique, s'appelait Casferet (petit château):
156 ROUTE I>,ESPAG>E. 13e COURSE.
on en voit encore les ruines, et le propriétaire du sol arrache souvent dans le champ des pierres de ses fondations : deux autres, sur deux pics, à gauche de la route de Catalogne, étaient nommés l'un Castel-Long, l'autre Castel-Per (château long, château vert); le quatrième, posé sur le mamelon le plus éloigné à droite de la même route, s'appelait Castel-Gaillard; le cinquième était la tour de Castel-Vieil, restée seule debout.
Cher lecteur, je vous donne cette histoire comme je l'ai reçue. N'étaient les concessions qu'il faut bien faire parfois aux sciences historiques, je ne verrais dans cette prodigieuse quantité de blocs accumulés sur ce point , comme à Garen , qu'une ancienne moraine démantelée, et j'aurais bon nombre d'observations à produire à l'appui de cette opinion ; mais pour cette fois je me tais et vous abandonne les forts détachés de Luchon, puisqu'ils sont détruits; car s'il s'agissait de les construire, je ne ferais peut-être pas si bon marché de mon vote.
Monterez-vous jusqu'à la tour? c'est facile; un petit sentier vous y conduit. Naguère encore, disent les bonnes gens du pays, elle était l'asile de sorcières et d'esprits malfaisants, qu'on voyait voltiger dans les airs.
En 1789, elle fut de nouveau fortifiée; il y fut établi un poste permanent.
En 1811 , à l'occasion de la naissance du roi de Rome, on planta, en avant de la tour, du côté de Bagnères, deux chênes qui s'y voient encore. Ils ont peu prospéré, comme s'ils étaient sous l'influence de la même étoile qui a présidé à la destinée malheureuse du jeune prince.
HOSri» :• DE 1 I CBON. 157
On y jouit d'une très-belle vue sur la vallée de Luchon. Par un beau clair île lune, l'effet de cette tour est magnifique.
Cette tour lait évidemment partie de ce grand système de signaux qui furent établis par les Maures dans presque toutes les Pyrénées. Selon ma conviction, elle n'a pu jamais avoir d'autre destination sérieuse.
Laissez pour une autre occasion la visite de la tour. N'oubliez pas que la course est longue.