‹ Bains et courses de LuchonChapitre 50 sur 58 · LA BAROUSSE · texte numérisé non relu

LA BAROUSSE

Du port de Pierrelitte au port de Sarrieste 30 m.

On voit fort bien de là la cascade du lac d'Oo et les belles montagnes qui la dominent.

Du port de Sarrieste à Jurvielle 45 m.

Vous passez tout près de la carrière assez célèbre du marbre de Jurvielle, dit l'Hortensia, fleur qui rappelle, en effet, sa couleur et la disposition de ses marbrures.

De Jurvielle à Garen 20 m.

On traverse deux petits villages, Poubeau et Cathervielle, où il n'y a rien à voir que la belle santé de leurs habitants.

De Garen à Luchon 1 h. 30 m.

54e COURSE. — LA BAROUSSE.

Grande course de sommets et de vallées. — Moitié de jour, moitié de nuit; moitié à cheval, moitié en voiture. — Deux jours, ou du moins 15 à 18 heures.

COUH.SE NOUVELLE,

La Barousse. — La Barousse est peu connue; c'est une de ces vallées primitives, où le langage, le costume, les mœurs, conservent encore beaucoup de leurs formes anciennes. Eloignée des grandes routes , des entrepôts, du commerce et des ateliers industriels, la Barousse n'est encore qu'une vallée de fleurs et de fruits, de rochers, de moissons et de pâturages, une des plus belles qui soient au centre des Pyrénées, celle où la population est la plus multipliée (20 villages et plusieurs bourgades sur quatre lieues métriques de longueur), celle où abondent le plus les monuments, les légendes, les grands souvenirs de l'histoire, celle qui fut la plus aimée des seigneurs , des princesses et des gens de cour, celle où résidait le souve-

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rain des quatre vallées et qui était la retraite favorite des comtes de Comminges, lorsque le Comminges formait un état puissant comprenant 283 villes ou villages et 9 chàtellenies.

Une promenade dans la Barousse, si justement nommée la Savoie des Pyrénées par M. Boulay, l'ancien Sous-préfet de Bigorre, sera toujours, quelle que soit la marche qu'on adopte, une des plus belles courses que l'on puisse faire autour de Luchon.

Il y a plusieurs manières de faire cette course : la plus piquante, la. plus parfaite sera de partir de Luchon par un très-beau temp% à 11 heures du soir, à cheval, pour arriver au sommet du Monné avant le lever du soleil ; du Monné descendre et déjeuner aux Chalets St-Nérée, poursuivre ensuite l'entière vallée de Barousse jusqu'à St -Bertrand et rentrer à Luchon vers les 6 heures. Le même jour une caravane correspondante sera partie de Luchon en voiture vers les 6 heures du matin. A 3 heures du soir elle prendra les chevaux de la première caravane pour remonter la Barousse jusqu'aux Chalets, d'où, partant à minuit ou à une heure du matin, elle atteindra le Monné avant le soleil levant pour rentrer et déjeuner à Luchon vers les 10 heures, tandis que la première cavalcade aura pris les voitures à St-Bertrand pour rentrer à Luchon. Au moyen de cet échange on aura fait à la fois le tour de la Barousse, la course de St-Bertrand, celle des Chalets et celle du Monné, moitié à cheval, moitié en voiture, moitié de jour, moitié de nuit, sans éprouver aucune fatigue. Cette course sera, en outre, moitié dans la Haute Garonne, moitié dans les Hautes-Pyrénées; car la Barousse appartient tout entière à ce département, dont les limites sont justement au Monné. Les autres courses de Luchon sont toutes comprises dans la Haute-Garonne ou dans l'Espagne. Enfin on aura parcouru en entier trois grandes et belles vallées : la vallée d'Oueil, la Barousse et la vallée de Luchon.

RÉP.tKT. — Mêmes précautions que pour la course du Monné (V. la course précédente) ; seulement assurez- vous que votre guide connaît la route du Monné aux Chalets St-Nérée (es bans déHerrère); car il est quelques guides qui ne la connaissent pas encore et qui ont l'habitude d'aller àMauléon par

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Sost, parce que ce village est le plus important du pays ; mais ce serait allonger de plus d'une heure, parcourir le vallon le moins pittoresque et renoncer à voir les Chalets. Si votre guide ne connaît pas le trajet du Monné aux Chalets, pre nez un homme ou un enfant en passant à Bourg.

Dans tous les cas, il y a tant de manières de faire cette course et de la subdiviser, que l'on fera très-bien de la lire avant de se mettre en route, pour arrêter l'itinéraire que l'on devra suivre et pour calculer en conséquence le temps qu'on aura à y consacrer, l'heure extrême du départ, etc.

MARCHE. — 1° à 6° De Luchou à Bourg

(page 317) 3 h. 30 m.

DfHx itinéraire*. — Ici vous avez à délibérer : si vous êtes parti de jour deLuchon, si vous avez déjà fait l'ascension du Monné, si vous vous trouvez en retard, si vous avez à rejoindre une caravane correspondante à heure fixe, vous pouvez abréger de 2 heures et demie en allant directement de Bourg aux Chalets. Dans ce cas, voici votre itinéraire :

7° Be Bourg à la Couine de la Laque .... 40 m.

Vous avez à gravir quelques bancs rocailleux de schiste et de calschiste, qui au premier abord semblent former un passage difficile, mais qui en réalité n'offrent aucun danger, aucune difficulté.

Vous voici en effet au Col ou Coume de la Laque (Petit-Lac), très-petit lac, en effet, à peu près comblé, que vous voyez à votre droite et qui n'eût jamais été remarqué, s'il n'avait jamais été plus profond ni plus étendu qu'il ne l'est maintenant. Mais il est dans les lois de la nature que les lacs, les étangs et les marécages soient comblés peu à peu, surtout au milieu des

Dissent par disparaître compîé-

320" 0L£1L El bAKuUSSE. 54e COUHSE.

tciiienl. Toutefois leur place reste si bien indiquée par l'ensemble des formes topographiques du lieu, que le géologue, et, sans être géologue, tout observateur peut en reconnaître sans peine l'ancienne existe?"! ce et remplacement.

8° I*e la Coume de la Iiasjue aux Chalets

Sainl-i&érée. h. 45 m.

On traverse l'immense pelouse des six cent soixantesix sentiers, si singulièrement pittoresque, et se dirigeant à droite, on entre dans la belle forêt de Samaoury. Ensuite, au milieu d'un pays magnifique par ses forêts, ses prairies, ses roches et ses cascades, on traverse le bois de Sasages, le mont Crabe, Cubielle, la barre de Crouens et la Scalo des Bans; quelques pas plus loin, vous êtes aux Chalets.

Second itinéraire. — Mais si vous devez gravir le Monné, vous devez aller :

7° Be Bourg au port de Pierrefitte 1. h 3o m.

8° ©uport de Pierrefitte au Monné (V. p. 320) 45 m.

9° Bu Monné aux Chalets Saint-Neréc . . . 2 h. 30 m,

On descend du Monné dans les pâturages des Paloumères, on suit au milieu du vallon et des pelouses de Spongaous le sentier frayé par les chevaux de Bourg employés au transport des bois; mais bientôt, abandonnant cette trace, on tourne à droite pour descendre par la pelouse des six cent soixante-six sentiers, la forêt de Samaoury, le bois de Sasages, le mont Crabe, Cubielle, la barre de Crouens et la Scalo des Bans.

Telle est la meilleure route pour les chevaux, celle où on n'a presque pas à mettre pied à terre.

ia BAlôtrigf. 3^7

Mais si vous êtes à pied, ou si du moins vous ne craignez pas quelques moments de marche, je vous conseille l'itinéraire suivant : il est plus court, encore plus pittoresque, et il n'offre d'ailleurs aucun passage ni dangereux ni même difficile pour les chevaux , pourvu qu'ils soient libres par temps de leur cavalier.

Du Monné descendez à la cabane de Cardouet, où sont les plus beaux troupeaux et où se fait le meilleur fromage de la Barousse. On descend par le vallon de Bathmale : on a sous les yeux la belle roche de Saoubête, plissée, retournée, colorée de mille façons. C'est un rocher de marbre des plus curieux, habité par les aigles et les corbeaux. Un peu plus loin, la froide et abondante source dite Argelèze (5° 2); bientôt après le délicieux bassin des Pontous, un des sites les plus jolis qui soient dans nos montagnes. Des Pontous on arrive aux Àigouals de Bathmale, où l'on traverse l'Ourse pour ne plus quitter la rive droite; on est aussitôt à la barre de Crouens, à la Scalo des Bans et aux Chalets (es bans dé Berrère).

Halte aux Chalets 3 h. »

l^es Cltalets Saiasf-^érée. — Les Chalets Saint- Nérée n'offrent encore qu'une curiosité négative. Ainsi furent à leur origine Luchon, Baréges, Saint- Sauveur, Cauterets, les Eaux-Bonnes, etc., tous lieux maintenant enrichis, ornés et passés à l'état de villes ou de lieux de plaisir. Des baignoires en bois sous un toit de chaume, quelques granges pour l'habitation des cultivateurs, voilà ce que furent longtemps nos plus illustres bains, voilà ce que sont encore les bains Saint-Nérée.

En arrivant, vous avez sans doute commandé le dî-

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ner; hâtez un premier tour dans la prairie, votre table sera bientôt servie.

Après le dîner, montez au Chalet des Sorcières, buvez quelques verres à la sowce de la Faim, qui est audessus du chalet; vous serez bientôt prêt à faire un second repas, si cela peut vous être agréable, ou à prendre un bain, si ce n'est déjà fait. De cette fontaine qui sort du granité vous aurez en outre une jolie vue du pays et des Chalets.

Visitez aussi la roche damnée, à 300 pas dans le bois, au-dessus du chalet des Chasseurs. C'est un énorme bloc erratique, un des plus remarquables qui soient dans les Pyrénées, témoin irrécusable du grand déluge des géologues. Escaladez ce bloc, vous aurez une charmante vue de toute la vallée.

Vous devez voir aussi la source minérale, remarquable en ce qu'elle est douce au toucher comme une eau de savon, et qu'au moment de bouillir elle répand des vapeurs blanches et blanchit elle-même un instant comme si l'on y versait du lait. Prise en bains, elle rend tout d'abord la peau extrêmement douce; dès le quatrième jour, les rhumatismes aigus, les rhumatismes articulaires récents et les paralysies commençantes s'effacent pour disparaître entièrement du douzième au quinzième bain. Les maladies inflammatoires, internes ou externes, les affections nerveuses, les dartres les plus rebelles, les ulcères, les plaies et les phthisies au premier degré y sont aussi promptement guéries.

Vous serez surpris du délaissement auquel semblent condamnées ces eaux salutaires ; mais en vérité, jusqu'à la création d'une bonne route carrossable, qui voudrait construire aux Chalets un établissement de bains et des habitations en rapport avec les habitudes et les besoins des gens de ville? Ce serait une entre-

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