COURSE* — LA MALADETTA
Voyage pédestre de sommets et de glaciers, difficile, pénible et dangereux. — Trois jours.
La Maladetta est la plus haute et la plus grosse montagne des Pyrénées ; elle supporte le plus grand glacier et elle est la plus difficilement accessible , peut-être la plus inaccessible. Jusqu’ici, du moins, personne n’en a atteint le sommet culminant. A peine même sait-on quel en est le véritable sommet; car sur sa crête plusieurs saillies rocheuses semblent se disputer la suréminence. On l’accorde jusqu à preuve contraire à celle qui est connue sous le
nom de de Nethou.
On sait que le Canigou dans les Pyrénées-
LA MALADETTA
Orientales a long-temps passé pour la plus haute cime des Pyrénées. Le Pic-du-Midi de Bigorre fut ensuite reconnu plus élevé que le Canigou , et fut proclamé le mont-roi de la chaîne; ensuite ce fut le Vignemale de Cauterets; bientôt après le Mont-Perdu deGavarnio; aujourd’hui c est le Pic-dc-Netou de la Maladetta. Sera-ce enfin là le dernier mot des géomètres et des géologues? N’y aura-t-il pas dans ce massif de hautes montagnes espagnoles qui forment avec la Maladetta le groupe si remarquable des monts maudits quelque sommet encore plus élevé... ? Il sutlii ai t d ê tt e un i ns tan t sur le Pic-de— Ne tou avec un simple niveau à bulle d’air pour trancher la question... Nul pied humain n’a pu fouler encore ce sauvage rocher!... Mais à bientôt, si Dieu nous pieté vie, car il y a un moyen ; je n’admets point le mot impossible... et quelle vue on embrasserait du véritable sommet des Pyrénées ! la France, l’Espagne, l’Océan et la Méditerranée ! !
Tout bon marcheur peut faire la course de la Maladetta, en atteindre le premier glacier, s’élever même jusqu’à la mer de glace-, mais je n’invite personne à aller plus loin, à moins
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qu’il ait parcouru les glaciers des Alpes et qu’il sache se prémunir de toutes les précautions usitées dans ces montagnes. Les grands glaciers sont si rares dans les Pyrénées que nos montagnards n’ont jamais besoin de les parcourir. À peine ont- ils dans leurs chasses à en traverser quelques lambeaux ; aussi n’ontils aucune habitude , aucune connaissance des moyens qui permettent d'affronter les glaces en toute sécurité. Car l’homme sait voyager sur les glaciers comme il sait voyager sur terre , sur mer , sur les sables brûlans, dans lair, partout où des intérêts puissants appliquent son esprit à vaincre les obstacles et les difficultés.
Tenter l’ascension de la Maladella sans s être environné de toutes les précautions cl de tous les moyens nécessaires, ce serait s’exposer sans utilité , s’imposer follement un but que 1 on serait incapable d’atteindre. Jusqu à présent M. Cordier, professeur de géologie au Jardin des riantes, est celui qui s’est élevé le plus haut sur l’arête de la Maladetta, dont il reconnut l’impossibilité d’atteindre le dernier sommet.
Je ne tracerai cette course que jusqu’à cette
arête.
la maladktta.
RÉPART. — Mêmes précautions que pour la course du val de Paderne. Les spadrilles sont indispensables. Il faut venir coucher au plan des étangs.