‹ Bajazet; tragédieChapitre 12 sur 161 · Les Ennemis de Racine, page · texte numérisé non relu

Les Ennemis de Racine, page

2. On peut sans doute appliquer en partie au xvn« siècle ce que Louis Racine écrivait au siècle suivant :

« Un savant peut trouver à redire qu'Achille^ sur le théâtre, soit habillé comme Auguste et Mithridate; il sait que ces trois prmccs étaient différemment vêtus; mais le peuple, qui l'ignore, n'est pas même choqué de leur voir à tous trois des perruques et des chapeaux, au lieu qu'il serait choqué d'en voir sur la tête des Turcs, parce que, sans avoir été à Constantinople, nous avons conversé avec des gens qui y ont été, ou nous avons vu des Turcs parmi nous ; ainsi on ne les fait point paraître sur le théâtre sans des robes longues et des turbans. » (Louis Racine.) M. Bernardin suppose avec quelque vraisemblance que le costume des tragédies turques ressemblait aux costumes desTurcs doperas dessinés sur les gravures des archives de l'Opéra : un pantalon bouffant tombant jusqu'aux pieds une longue tunique que font bouffer de petits paniers, long voile et turban à aigrette.

Voici le costume dont Segrais habille son Turc Floridon dans la nouvelle de ce nom qui raconte les mêmes événements que Bajazet :

« Sa robe était une de ces riches brocatelles d'or qui viennent de l'Orient, prise avec justesse sur sa taille qu'il avait belle par excellence; au bout d'une

f rosse chaîne d'or pendait à son côté un cimeterre dont la garde et le fourreau dataient de pierreries ; son turban était de médiocre grosseur, où tenait une aigrette avec une attache de diamants d'une valeur inestimable. » Une gravure du Floridon représente des Turcs la tête complètement rasée, recouverte du turban; veston garni de brandebourgs par devant^ serré dans une large ceinture d'où pend le cimeterre ; jupe brodée tombant à mi-jambes, bottes molles. Edition de Denis Mouchet, Paris, 1721.

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