‹ Bajazet; tragédieChapitre 121 sur 161 · Cf. V. 1589, note · texte numérisé non relu

Cf. V. 1589, note

Et la plus prompte mort, dans ce moment sévère ^ 1295 Devient de leur amour la marque la plus chère.

ROXANE

Avec quelle insolence et quelle cruauté 2

Ils se jouaient tout deux de ma crédulité !

Quel penchant, quel plaisir je sentais à les croire ^î

Tu ne remportais pas une grande victoire, 1300

Perfide, en abusant ce cœur préoccupé*,

Qui lui-même craignait de se voir détrompé^!

Moi qui, de ce haut rang qui me rendait si fière^.

Dans le sein du malheur t'ai cherché la première''

Pour attacher des jours tranquilles, fortunés 1305

Aux périls dont tes jours étaient environnés^.

Après tant de bontés, de soins, d'ardeurs extrêmes,

Tu ne saurais jamais prononcer que tu m'aimes I

Mais dans quel souvenir me laissé-je égarer 9?

1. C'est faire prouve de beaucoup de finesse pour une simple confidente. Elle a été à l'école de Racine.

Ainsi, sans les hésitations de Zatime, si elle eût obéi, elle eût « couru »^ et déjà Bajazet serait mort. Koxane, qui mettra tant de temps à le faire périr (vers 1%3), eût assurément déploré cette diligence. La vie de fiajazet tient ici à bien peu de chose, aux discours d'une confidente.

2. Roxane n'a pas entendu un mot de ce que lui a dit Zatinie. Elle ne lui répond pas, mais elle poursuit le cours de sa pensée.

« N'est-ce pas la tragédie, s'il en fut, de e fausses confidences » que Bajû>zet ^ » (F. Brunetière, Nouvelle» Etudes critiques ^ la Comédie de Marivaux^ p. 145.)

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