C'est le sultan Murad IV
Aujourd'hui, on respecte davantage l'orthographe des noms étrangers Nous ne disons plus Amurat, Acomat^ mais Mourad. Achmet. Plusieurs noms arabes ont chez nous les deux formes : Mahomet, Mohammed ou Mehemet • Salomon Soliman ou Sélim; Abraham, Ibrahim, etc. ' '
2. Charles Chevillet, sieur de Champmeslé, mort en 1701, connu par son amitié avec ses collaborateurs Racine et La Fontaine, et par sa femme U débuta avec elle en 16Ô9 au Marais, la suivit à l'hôtel de Bourgogne puis rue Guénégaud. Voici ce que dit de lui, dans ses Anecdotes dramatiques, \'&hbé de La Porte : « 11 jouait assez bien les rôles des Rois dans la tragédie. Quelgues auteurs, par crainte ou par modestie, ne voulant point faire paraître leurs pièces sous leur propre nom, les mettaient sous celui de ce comédien flls
torale
prends sans vert sont attribués à La Fontaine; mais il paraît que Champmeslé"v a eu aussi un peu de part ; les autres pièces qui forment ce qu'on appelle son théâtre sont : les Qrisettes ou Crispin Charretier, les Fragments de Molière l'Heure du Berger, le Parisien, la Rue Saint-Denis. Son talent principal consis-^ tait à peindre, d'après nature, les ridicules des petites sociétés bourgeoises Cependant, son essai dans le genre pastoral annonce de la délicatesse et prouvé qu'avec plus d'application il aurait réussi dans un genre plus élevé. Sa méthode ordinaire était d'introduire secrètement sur la scène le personnage le plus intéressé dans l'intrigue, et les choses dont il le rend témoin lui servent pour amener le dénouement. Ces petites ressources décèlent la paresse ou le peu de fécondité d'un auteur. Champraeslé réparait ces défauts par des situations neuves et intéressantes, par des incidents heureux et plaisants, par un style badin et enjoué et surtout par cette connaissance du théâtre qu'il devait moins à une étude réfléchie qu'à un exercice journalier, qui perfectionne les talents » 3. On appelle sultanes les femmes, sœurs et nlles du Grand Seigneur. La mère du sultan s'appelle suUaue-validé, sultane mère. Ce mot vient de l'arabe ««/«Ma dominer. '
4. MB* d'Ennebaut est la fille de l'acteur Montfleury. Elle épousa M. d'Ennebaut en 1667 et habita quelque temps le pays de son mari, en Bretagne. Elle joua à Thôtel de Bourgogne, puis, à partir de 1680, à la Comédie-Française. Bile se retira du théâtre cinq ans après. Ses principaux rôles furent Junie dans Brvtannicus^ Aricie dans Phèdre^ Cécilia dans le Marins de Boyer, ftoxane dans Bajaiet^ etc.. « M"« d'Ennebaut était blonde et grasse, extrêmement jolie quoique assez petite, et d'ailleurs elle avait beaucoup de talent. Ce fut la première actrice qui brilla dans les rôles travestis. Elle était charmante en habits d'homme, et ce fut pour elle que Montfleury, son frère, composa la Fille Capitaine et la Femtne juge et partie. » (Lemazurier, Galerie des acteurs du Théâtre-Français^ II, p. 222.)
5. C'est-à-dire du sang d'Othman, fondateur de la puissance turque en Asie- Mineure, Othman El Rhaxi (le Victorieux), fils de Togrul, qui s'établit à Konieh en 1299. Il mourut en 1326.
6. Mi>« Champmeslé occupe une des plus belles places dans la galerie des actrices célèbres, avec la Clairon, Rachel, etc. Son nom de famille était Mario Desmarets. Elle naquit à Rouen en 1644, joua d'abord en province, puis à Paris, au Marais, en 1669. Elle épousa M. Champmeslé et jouait avec lui à l'hôtel de Bourgogne depuis 1670 quand tous deux passèrent à la Comédie-Française qui venait de naître, en 1680. Une amitié intime et très tendre la rapprocha de Racine, à qui elle dut de bons conseils. Racine, que M"** de Sévigné accusa de faire des pièces pour la Champmeslé, était fort assidu auprès de son inter-
f>rète. Leur liaison dura jusqu'en 1676, époque à laquelle la Champmeslé prit e comte de Clermont-Tonnerre. Celui-ci fit faire place nette, écarta tous les soupirants, sauf La Fontaine, plus inoffensif, semblait-il. C'est à ce moment que courut ce méchant quatrain :
A la plus tendre amour elle fut destinée.
Qui prit longtemps racine dans son cœur:
Mais, par un singulier malheur, Le Tonnerre est venu qui l'a déracinée.
(Voir Paul Albert, Variétés morales et littéraire», p. 151.)
« La nature, dit Louis Racine, ne lui avait donné que la beauté, la voix et la mémoire: du reste, elle avait si peu d'esprit, qu'il fallait lui faire entendre les vers qu'elle avait à dire, et lui en donner le ton. Tout le monde sait le talent que mon père avait pour la déclamation, dont il donna le vrai goût aux comédiens capables de le prendre... Il lui faisait d'abord comprendre les vers qu'elle avait à dire, lui montrait les gestes et lui dictait les tons que même il notait. L'écolière fidèle à ses leçons, quoique actrice par art, sur le théâtre paraissait inspirée par la nature. » {Mémoires sur la vie de Jean Racine.) Elle surpassa dans le rôle d'Hermione la des Œillets qui l'avait créé et à qui l'on prête ce trait d'admiration et de dépit : « 11 n'y a plus de des Œillets. » L'abbé de La Porte vante « son grand usage du monde, beaucoup de douceur dans la conversation, et une certaine naïveté aimable dans la façon de s'exprimer. Sa maison était le rendez-vous de plusieurs personnes de distinction de la ville et de la cour, aussi bien que celui des plus célèbres auteurs de son temps, tels que Despréaux, Racine, Chapelle, Valincourt. La Fontaine, admirateur des talents de cette actrice, et peut-être aussi des grâces de sa personne, lui adressa le conte de Belphégor ». Il collaborait avec le mari. Ils ont signé tous deux plus d'une œuvre, entre autres Ragotin ou le Roman Comique (1684), le Florentin^ La Coupe enchantée (1686), Je vous prends sans vert^ etc. La Champmeslé avait la voix belle et sonore. Par les loges ouvertes, La Porte assure qu'on l'eût entendue du café Procope. Chaque rôle nouveau était un nouveau triomphe. On sait son succès dans Iphigénie. Boileau l'a consacré :
Jamais Iphi};énie, en Aulide immolée.
N'a coûte tant de pleurs à la Grèce assemblée Que, dans l'heureux spectacle à nos yeux étalé, En a fait sous son nom couler la Champmeslé.
Elle ne fut pas moins remarquable dans le rôle d'Atalide. M"» de Sévigné écrivait après l'avoir vue : « Ma belle-fille (son fils aimait la Champmeslé) m'a paru la plus merveilleuse comédienne que j'aie jamais vue ; elle surpasse la des
Œillets de cent lieues loin ; et moi, qu'on croit assez bonne pour le théâtre, je ne suis pas digne d'allumer les chandelles quand elle parait. » Elle mourut à Auteuil en 1698.
7. Le grand vizir est le premier ministre. C'est lui qui a le sceau de l'empire. Il ne faut pas le confondre avec les vizirs ou plus exactement pésirs (portefardeau), nom donné à tous les pachas à trois queues.
8. « Juvenon de La Fleur, comédien de la troupe de l'hôtel de Bourgogne, succéda à Montfléury, dans l'emploi des rois. C'était un homme grand, beau de visage, fort bien fait, qui excellait encore pour les rôles de Gascon et de capitan. On dit de lui (][ue c'est le premier acteur qui ait eu ce qu'on appelle des entrailles, c'est-à-dire l'art de se toucher pour toucher ensuite les autres; ce que Floridor n'avait pas à ce degré de perfection. Il joua d'original en 1672 le rôle du vizir Acomat dans la tragédie de Bajaxet. Il avait épousé la fille de Gros-Guillaume, dont il eut un fils qui prit le parti du théâtre, et qui y parut avec beaucoup de succès conmie acteur sous le nom de La Thuillerie. On ignore le temps de la mort de La Fleur; mais il n'était plus vivant en 1608. Cet acteur avait été cuisinier. » (Abbé de La Porte, Anecd. dramat.^ t. III, p. 245-246.)
9. Noël le Breton, sieur de Hauteroche, tenait la spécialité des confidents. Il était, comme Montfleury, comme Molière, comme Baron, acteur et auteur. On joua longtemps de lui VÈêprit follet^ le Deuils etc.
10. « On sait peu de chose de M"*» Brécourt et Poisson. Loret dit d'elles :
Poisson et Brécourt confidentes
Font des mieux et sont très brillantes.
« Le théâtre du Marais ne fit pas une perte considérable lorscjue M"* des Urlis le quitta pour épouser Guillaume Marcoureau, sieur de Brécourt, qui la fit entrer à l'hôtel de Bourgogne, où il était lui-même. Elle ne jouait ç^ue des confidentes ; à la réunion, en 1680. on la remercia de ses services, en lui accordant une pension de 1,000 livres qu'elle conserva jusqu'à sa mort, arrivée le dimanche 22 avril 1713. S'il était vrai, comme l'assure un écrivain fort inexact, qu'elle eût été reçue au théâtre du Marais en 1645, il en résulterait qu'elle avait près de quatre-vingt-^ix ans quand elle mourut. » (Lemazurier, Gai. des Act. du Th.-Tr., t. II, p. 48.)
11. « On sait que Victoire Guérin, femme de Raymond Poisson, remplissait à l'hôtel de Bourgogne les rôles de confidentes dans la tragédie et ceux de seconde amoureuse dans la comédie. » [Id.)
12. Le Mémoire de plusieurs décorations qui servent aux pièces contenues en ce présent livre^ commencé par Laurent Mahelot et continué par Michel Laurent en l'année 1673^ publié par M. Despois {le Théâtre sous Louis X/K, Appendice) donne le décor de Bajazet .• — « Le Théâtre est un salon à la Turque. Deux poignards. » Le décor dans lequel on joue actuellement Bajazet à la Comédie- Française est une salle de style oriental, les portes surmontées du plein cintre étranglé vers le bas. Une large porte ornée d'une tenture s'ouvre dans le fond sur un grand vestibule. A gauche, une porte conduit aux appartements d'Atalide. A droite la porte qui mène aux prisons. Un sofa au premier plan à gauche. Au fond, sur la muraille, des versets du Coran.