Cf. vers 795, note
4. La fière Roxane s'abaisse à une feinte plus intéressée que digne. Nous serons moins étonnés de la voir éprouver si perfidement Atalide (acte IV, se. Ul).
Et les dons achevant d*ébranler leur devoir^,
Leurs captifs dans ce trouble osèrent s*entrevoir.
Roxane vit le prince; elle ne put lui taire 2
L'ordre dont elle seule était dépositaire 3.
Bajazet est aimable ; il vit que son salut 155
Dépendait de lui plaire, et bientôt il lui plut.
Tout conspirait pour lui : ses soins, sa complaisance.
Ce secret découvert, et cette intelligence,
Soupirs d*autant plus doux qu'il les fallait celer.
L'embarras irritant de ne s'oser parler, 160
Même témérité, périls, craintes communes,
Lièrent pour jamais leurs cœurs et leurs fortunes.
Ceux-mêmes dont les yeux les devaient éclairer
Sortis de leurs devoirs, n'osèreilt y rentrer.
OSMIN
Quoi î Roxane d*abord leur découvrant son âme^, 165
Osa-t-elle à leurs yeux faire éclater sa flamme?
ACOMAT
Ils l'ignorent eneor ; et jusques à ce jour Atalide"^ a prêté son nom à cet amour.