Il ne l'apprendra que trop à ses dépens. Cf. vers
J*aime en elle le sang dont elle est descendue^.
Par elle Bajazet, en m'approcha nt de lui, «
Me va, contre lui-même, assurer un appui 2,
Un vizir aux Sultans fait toujours quelque ombrage ; 185
A peine ils Tont choisi, qu'ils craignent leur ouvrage.
Sa dépouille est un bien qu'ils veulent recueillir,
Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir^,
Bajazet aujourd'hui m'honore et me caresse ;
.-: es périls tous les jours réveillent sa tendresse ; 190
Ce même Bajazet, sur le trône affermi,
Méconnaîtra peut-être un inutile ami ^.
Et moi, si mon devoir, si ma foi ne Tarréte,
S*il ose quelque jour me demander ma tête...
Jo ne fti'explique point ^, Osmin, mais je prétends 195
Que du moins il faudra la demander longtemps.
Je sais rendre aux Sultans de fidèles services ;
Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices.
Et ne me pique point du scrupule insensé
Pe bénir mon trépas quand ils Tout prononcé^. 2(X)
Voilà donc de ces lieux ce qui m'ouvre rentrée",
Et comme enfin Roxane à mes yeux s'est montrée.
Invisible d'abord, elle entendait ma voix,
1. Le sang de la race d'OthmanI*'" (1299-1320), fondateur de la dynastie qui prit son nom, dynastie ottomane.
2. « Si donc le vieux vizir réussissait, qui sait? — voyez Glocester et lady Anna, — à faire agréer son hommage, quel puissant ressort ce serait pour lui I » (E. Deschanel, Racine^ I, p. 283)
3. 11 en connaît de nombreux exemples; il se résigne au sort commun des vizirs, non sans songer à mettre à profit les quelques compensations que la place peut offrir. — Ces réflexions sont irréprochables au point de vue de la couleur locale.
4. Acomat est un désabusé. 11 ne croit plus à rien, pas même à l'affeclion désintéressée.