‹ Bajazet; tragédieChapitre 36 sur 161 · Il ne l'apprendra que trop à ses dépens. Cf. vers · texte numérisé non relu

Il ne l'apprendra que trop à ses dépens. Cf. vers

J*aime en elle le sang dont elle est descendue^.

Par elle Bajazet, en m'approcha nt de lui, «

Me va, contre lui-même, assurer un appui 2,

Un vizir aux Sultans fait toujours quelque ombrage ; 185

A peine ils Tont choisi, qu'ils craignent leur ouvrage.

Sa dépouille est un bien qu'ils veulent recueillir,

Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir^,

Bajazet aujourd'hui m'honore et me caresse ;

.-: es périls tous les jours réveillent sa tendresse ; 190

Ce même Bajazet, sur le trône affermi,

Méconnaîtra peut-être un inutile ami ^.

Et moi, si mon devoir, si ma foi ne Tarréte,

S*il ose quelque jour me demander ma tête...

Jo ne fti'explique point ^, Osmin, mais je prétends 195

Que du moins il faudra la demander longtemps.

Je sais rendre aux Sultans de fidèles services ;

Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices.

Et ne me pique point du scrupule insensé

Pe bénir mon trépas quand ils Tout prononcé^. 2(X)

Voilà donc de ces lieux ce qui m'ouvre rentrée",

Et comme enfin Roxane à mes yeux s'est montrée.

Invisible d'abord, elle entendait ma voix,

1. Le sang de la race d'OthmanI*'" (1299-1320), fondateur de la dynastie qui prit son nom, dynastie ottomane.

2. « Si donc le vieux vizir réussissait, qui sait? — voyez Glocester et lady Anna, — à faire agréer son hommage, quel puissant ressort ce serait pour lui I » (E. Deschanel, Racine^ I, p. 283)

3. 11 en connaît de nombreux exemples; il se résigne au sort commun des vizirs, non sans songer à mettre à profit les quelques compensations que la place peut offrir. — Ces réflexions sont irréprochables au point de vue de la couleur locale.

4. Acomat est un désabusé. 11 ne croit plus à rien, pas même à l'affeclion désintéressée.

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