‹ Bajazet; tragédieChapitre 61 sur 161 · Inyentées avec peine, malaisément · texte numérisé non relu

Inyentées avec peine, malaisément

Je vois combien tes vœux sont loin de mes pensées.

Je ne te presse plus, ingrat, d*y consentir :

Rentre dans le néant dont je t*ai fait sortir i.

Car enfin qui m'arrête? et quelle autre assurance 525

Demanderais-je encor de son indifférence 2?

Uingrat est-il touché de mes empressements?

L'amour même entre-t-il dans ses raisonnements 3?

Ah! je vois tes desseins. Tu crois, quoi que je fasse,

Que mes propres périls t^assurent de ta grâce; 530

Qu'engagée avec toi par de si forts liens,

Je ne puis séparer tes intérêts des miens.

Mais je m'assure * encore aux bontés de ton frère:

Il m'aime, tu le sais; et, malgré sa colère.

Dans ton perfide sang je puis tout expier, 535

Et ta mort suffira pour me justifier.

N'en doute point; j*y cours; et, dès ce moment même...

Bajazet, écoutez; je sens que je vous aime^ :

Vous vous perdez. Gardez de me laissez sortir :

Le chemin est encore ouvert au repentir. 540

Ne désespérez point une amante en furie ^.

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