‹ Bajazet; tragédieChapitre 62 sur 161 · Roxane a déjà dit · texte numérisé non relu

Roxane a déjà dit

J'abandonne l'jngrat et le laisse rentrer

Dans l'étal malheureux d'où je Tai su tirer (I. m).

2. 11 y a du mépris dans cette troisième personne. Elle se parle à elle-même (omme s'il n'était pas là, comme s'il ne comptait pas.

Tout ce passage rappelle le discours de Didon au IV« livre de VÉnéide.

3. L'amour, qui est imprudent, s'oppose heureusement dans ce vers aux raisonnements qui relèvent de la froide logique.

4. Je compte sur. Cette expression fait redite ici avec f assurent du v. 530.

5. Rachel « disait cela à tout briser ». (J. Janin, Mademoiselle Rachel et la Tragédie, p. 263.)

Orantée, dans la Laure perséenlée de Rotrol, disait ce joli vers qui exprime un sentiment analogue :

A peine je la hais, que je sens que je l'aime^

« C'est là le seul moment de détente dans ce caractère sauvage. » (E. Des- GHANEL, Racine, I, p. 279.)

Même détente de la fureur de Séverine : « Je vous pardonne. — Le Prince. Pourquoi? — Séverine. Parce que je ne puis échapper à ce que je soufifre que par l'héroïsme, parce que je veux vous prouver que je suis au-dessus des autres femmes, parce que je vous aime, c'est bien plus simple. — Le Prince. Vous m'aimez? — Séverine. Et je ne puis pas vivre sans vous, quoi que je fasse. Voilà vingt heures que je me creuse lu tète et le cœur pour trouver autre chose, et \e ne trouve pas » (A. Dumas, La Princesse Georges» acte ï, scène viii.)

La Médée de Corneille dit de même dans une situation analogue :

Je t'aime encor, Jason, malgré ta lâcheté. {Médée acte III^ se. m.)

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