cf. V. 867, note
A. Bajazet s'isole généreusement dans sa ruine. 5. Fureur, au sens latin, folie.
Elle veut, Acomat, que je l'épouse!
ACOMAT
Hé bieni?
L'usage des sultans à ses vœux est contraire 2; Mais cet usage, enfin, est-ce une loi sévère, 590
Qu'aux dépens de vos jours vous deviez observer? La plus sainte des lois, ah ! c'est de vous sauver, Et d'arracher, Seigneur, d'une mort manifeste, Le sang des Ottomans dont vous faites le reste!
Ce reste malheureux serait trop acheté, 595
S'il faut le conserver par une lâcheté.
ACOMAT
Et pourquoi vous en faire une image si noire?
L'hymen de Soliman ternit-il sa mémoire?
Cependant Soliman n'était pas menacé
Des périls évidents dont vous êtes pressé. 600
Et ce sont ces périls et ce soin de ma vie
Qui d'un servile^ hymen ferait l'ignominie.
Soliman n'avait point ce prétexte odieux;
Son esclave trouva grâce devant ses yeux;
Et, sans subir le joug d'un hymen nécessaire, 605
Il lui fit de son cœur un présent volontaire \
ACOMAT
Mais vous aimez Roxane.
Acomat, c'est assez s.
i . En effet, si Bajazet n'était retenu par son amour pour Atalide, ce qu'Acomat ignore, on ne comprendrait guère ses scrupules.
Voltaire citait ce Hé bien parmi les expressions trop peu sublimes de Bajazet. (Cf. la lettre à M. de la Noue, 3 avril 1739.)
2. C'est le plus sérieux obstacle, en apparence. Il se présente à tous dès l'abordj à Roxane, à Bajazet, qui s'en sert habilement, à Acomat, qui en le rapportant, lui aussi, confirme la vraisemblance de rarement servi par Bajazet au vers 453.
3. Mariage où les contractants seraient esclaves de vils intérêts.
4. Nécessaire et volontaire sont à dessein rapprochés pour le contraste.
5. Bajazet essaie de se défendre sans avouer son amour. Mais ses raisons sont faibles, tant qu'il tait la véritable. '