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lieu d'une. Encore Racine ne doit-il peut-être pas tant à Nantouillet qu'il se plaît à le dire. Qui sait si ce n'était pas de sa part une habileté de plus pour dépister les chercheurs de sources, en leur opposant la confidence de secrets inédits?
En résumé, le récit de M. de Césy, passant par M. de Nantouillet avant d'arriver à Racine, qui lui-même « a été obligé de changer quelques circonstances » i, pourrait bien reposer sur de minces fondements. Le mal n'est pas grand, à coup sûr, s'il faut faire honneur du sujet de la pièce moins à la mémoire du poète qu'à son imagination. Déjà, de son temps, plus d'un le pensait. On rapprochait de la tragédie des événements récents, et l'on trouvait de frappantes analogies qui suffisaient à expliquer la donnée de Racine sans le secours de M. de Césy. L'histoire de Bajazet, n'était-ce pas celle de Monaldeschi, assassiné à Fontainebleau en 1657 par la jalouse Christine, qui, avant de le faire périr, «lui avait montré quelques lettres qu'il avait écrites, et lui avait reproché son infidélité »? (P.d'Avrigny.) N'étaitce pas l'histoire du vidame de Chartres, contée plus tard • par M«»« de La Fayette dans la Princesse de Clèves (1678)? Catherine de Médicis aimait le vidame, épris d'une autre belle, et, n'osant refuser une reine, il trompa celle-ci jusqu'au jour où elle surprit un billet doux adressé à sa rivale : elle se vengea en impliquant l'infidèle dans la conspiration d'Amboise, où il périt. L'aventure d'Atalide, n'était-ce pas celle de M'^® de Boutteville, qui portait à Condé les messages de M^^® du Vigean, et dont celle-ci devint jalouse ? Mais arrêtons-nous, car nous serions conduits à reconnaître avec Louis Racine que, « d&ns Bajazet, tout est vraisemblable, quoique peut-être il n'y ait rien de vrai ».