ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE
ACOMAT
Enfin, nos amants sont d'accord.
Madame ; un calme heureux nous remet dans le port» La Sultane a laissé désarmer sa colère ; 845
Et, tandis qu'elle montre au peuple épouvanté Du prophète divin l'étendard redouté ^ Qu'à marcher sur mes pas Bajazet se dispose Je vais de ce signal faire entendre la cause, 850
Remplir tous les esprits d'une juste terreur, Et proclamer enfin le nouvel empereur.
Cependant permettez que je vous renouvelle Le souvenir du prix qu'on promit à mon zèle 2. N'attendez point de moi ces doux emportements, 855
Tels que j*en vois paraître au cœur de ces amants 3 ; Mais si, par d'autres soins*, plus dignes de mon âge, Par de profonds respects, par un long esclavage^, Tel que nous le devons au sang de nos sultans. Je puis...
Vous m'en pourrez instruire avec le temps; 860 Avec le temps aussi vous pourrez me connaître. Mais quels sont ces transports qu'ils vous ont fait paraître*^?
i. Le drapeau vert, un morceau du tapis de prière de Mahomet. Cf. vers 239.
2. Le moment est au moins mal choisi, quand Atalide parle de se tuer pour Bajazet.
3. Ce détail, qui exaspère la jalousie d'Atalide. n'est pas fait pour assurer au vizir quelque chance de succès.
4. Racine abuse de ce mot commode qui revient à chaque page. Cf. note du vers 1159.
o. Jargon bien précieux pour un austère vizir. 6. Dans Othon^ de Corneille, Plautine demande :
Dis-moi donc, lorsqu'Othon s'est offert à Camille, A-l-il paru contraint ? a-t-elle été facile ?
« Racine, dit Voltaire dans son commentaire de Corneille, a pris entièrement