ENGORGEMENTS V1SCÉRA.UX ET ARTICULAIRES
Sous l’influence des phlegmasies chroniques ou de congestions répétées, l organe qui en est le siège finit par perdre la propriété de réagir avec assez de force poin se débai i asser lui-nièine des altérations survenues dans sa texture, ou poui' se débarrasser des liquides dont son tissu est infiltré. L’engorgement persistant, 1 atonie devient déplus en plus grande. Les eaux chlorurées sodiques, appliquées d une manière convenable, font naître dans les organes une suractivité vitale, caractérisée par une accélération marquée de la circulation; les mouvements de composition et de décomposition sont plus énergiques, d’où la résolution des engorgements. Mais en même temps que cette résolution se fait sous l’intiuence directe des eaux chlorurées sodiques, l’état général prenant plus d’énergie, la circulation générale devient plus active, le sang plus riche. Les organes engorgés, subissant cette heureuse influence, reprennent, à leur tour, plus d’énergie, plus de ton. Ils deviennent non-seulement aptes , à réagir contre de nouvelles causes d’engorgement, mais encore ils luttent avec succès contre les liquides qui infiltrent les tissus, pour revenir à leur volume primitif.
Engorgements viscéraux. — Les viscères, sous
l’influence de certaines causes difficiles à déterminer, éprouvent quelquefois des troubles qui rendent leurs fonctions très-difficiles et très-incomplètes ; ainsi, par exemple, à la suite de mauvaises conditions alimentaires, nous trouvons des engorgements du foie à marche chronique, accompagnés de troubles dyspeptiques ; les digestions sont lentes, pénibles, avec sensation de pesanteur à l’épigastre, et suivies de constipation. Il est probable, nous dit M. Diirand-Fai'del, que ces engorgements hépatiques ne sont, pour la plupart, au moins autre chose qu’un effet des troubles subis par la circulation veineuse afférente aux fonctions digestives, et dont la veine-porte est le représentait capital. Quelquefois les engorgements du foie sont la conséquence d’une intoxication paludéenne.
Comme le foie est sous l’influence d’une alimentation de mauvaise qualité, d’une diathèse ou pendant la convalescence d’une longue maladie, les fonctions intestinales se font lentement, les mucosités sécrétées par les glandes sont très-abondantes, on les dirait engorgées de liquide ; il se manifeste, dans ces cas, les mêmes symptômes que dans l’état saburral gastrique ; cet état se complique d’affaiblissement dans les mouvements péristaltiques de l’intestin. L’atonie peut devenir telle, que cet organe perd, pour ainsi dire, la faculté de se contracter, d’où la constipation opiniâtre qui en résulte.
Dans tous ces cas, l’usage de l’eau thermale de Balaruc trouve une heureuse application par son action stimulante et résolutive.
Entorse. — L’entorse légère ne présente aucune gravité en général ; quel que soit le tempérament et la constitution du sujet, la durée est seulement plus ou moins longue, et la résolution du gonflement qui l’accompagne est plus ou moins lente à se faire. Lorsque l’entorse est passée à l’état chronique, ou bien lorsque le sujet qui en est porteur est d’un tempérament lymphatique ou est en possession d’une diathèse, scrofuleuse, par exemple, l’usage alors des eaux chlorurées sodiques est très-heureusement appliqué. Dans ces cas, le gonflement est douloureux, l’articulation est fortement gênée dans ses mouvements, et le moindre mouvement est accompagné de violentes douleurs ; il se fait des épanchements sanguins dans les tissus périarticulaires, suivis de nombreux abcès; quelquefois les membranes synoviales sont déchirées. Ces mêmes lésions, qui ne présentent qu’une gravité relative chez un sujet exempt de vice diathésique, deviennent bien plus graves chez un scrofuleux ou chez un malade d’un tempéramentlymphatique;>il n’y a alors souvent aucune réaction vitale, et la maladie peut être très-longue, les suites funestes, si un traitement énergique ne vient pas, en même temps, combattre les désordres locaux et l’état général.
Contusion d'une articulation. — A la suite d'une v chute ou d’.un coup porté sur une articulation, on peut rencontrer les mêmes mais il peut y avoir un
désordres que dans l’entorse ;
épanchement plus abondant
de sang, et il est assez commun de trouver dans l’intérieur de la synoviale une quantité plus ou moins grande de liquide séro-sanguinolent épanché. Les cartilages d’encroûtement peuvent être contus dir»ectement à l’endroit où ils restent découverts, lors de certains mouvements de l’articulation ; le fait est assez fréquent au genou. A la suite d’une violente contusion d une articulation, nous pouvons avoir à traiter une hydarthrose ou une arthrite traumatique.
Hydarthrose. — Lorsque le choc n’a pas été trop violent, il se fait un simple épanchement de sérésité, quelquefois très-abondant, qui gêne complètement les mouvements de l’articulation. Le liquide peuts’épancher dans toutes les parties environnantes, le jeu des tendons est quelquefois très-difficile. Lorsque le liquide n’est pas très-abondant, ou lorsque l’épanchement ne dure pas très-longtemps, les capsules fibreuses articulaires et les ligaments un peu allongés conservent assez de ressort pour maintenir en contact les surfaces articulaires ; mais ils finissent à la longue par céder, ils deviennent trop lâches et par suite incapables d’ussurer à l’articulation un degré de solidité suffisant. La marche de l’hydarthrose est en général fort lente, et lorsqu’on l’abandonne à elle -même, ou elle reste stationnaire, ou, la collection du liquide augmentant, l’articulation grossit et se déforme de plus en plus. Sa terminaison par résorption est rare pour les cas chroniques et développés lentement, elle s’observe lorsque l’épanchement est peu abondant ou lorsqu’il s’est pro-
duit très-rapidement. Une terminaison assez fréquente chez les individus qui y sont prédisposés par un tempérament lymphatique ou une diathèse scrofuleuse, est Fakération fongueuse avec suppuration de l’articulation, lésion des os et des cartilages; Fhydarthrose se trouve transformée en tumeur blanche. Après la disparition de Fépanchement, il subsiste toujours une roideur plus ou moins grande de l’articulation, et si la maladie a duré longtemps, les surfaces articulaires ne sont pas suffisamment ujainteniies en contact parles ligaments longtemps distendus, d’où la faiblesse de l’articulation et la fréquence d’entorses consécutives.
Arthrite traumatique. ~ Lorsqu’elle est peu intense, lorsque les manifestations inflammatoires n’ont pas un degré d’acuité trop fort, ou bien lorsqu’elle a été kaitée très- énergiquement dès le début, l’arthrite traumatique peut se guérir par résolution, quoique ce soit bien rare. 11 est évident que lorsque la suppur-ation a envahi l’articulation, les désordres qui apparaissent sont au-dessus des ressources de l’art. L’arthrite traumatique qui peut se résoudre laisse toujours après elle de la roideur, de la gêne, une fausse ankilose, etc., etc. Ses causes sont générales et locales. Les premières sont de mauvaises conditions hygiéniques, telles que le froid humide, l’encombrement, une nourriture mauvaise ou insuffisante, un tempérament lymphatique, une constitution débilitée, délabrée, une diathèse scrofuleuse ; les secondes, un choc, une contusion, une plaie, e.tc., etc.
Lorsque l’arthrite devient chronique, lorsque le sujet qui en est porteur présente tous les attributs de la diathèse scrofuleuse ou simpleineiu du tempérament lymphatique, sous l’influence de mauvaises conditions hygiéniques, on la voit se transformer en tumeur blanche. Après les détails dans lesquels nous sommes entré en parlant de l’hydarthrose et surtout de la scrofule’ en général, nous ne pensons pas utile de consacrer un chapitre spécial à là tumeur blanche, ce serait nous exposer à des redites inutiles.
C’est dans tous ces cas, que nous venons de passer rapidement en revue, que les eaux chlorurées sodiques sont merveilleusement appliquées. Elles agissent sur l’état général, qu’elles améliorent, qu’elles tonifient ; les grandes fonctions s’exécutent mieux ; l’assimilation est plus complète, d’où les forces générales s’accroissent. En même temps, leur action se fait sentir sur les lésions viscérales ou articulaires, et sous l’influence de leur excitation, la circulation devient plus active ; on dirait que la maladie, qui présentait l’apparence de la chronicité la plus franche, passe à un état plus aigu ; cette acuité est le symptôme de la suractivité vitale que fait naître, dans les parties lésées, 1 usage de l’eau thermale de Balaruc. Les mouvements interstitiels de composition et de décomposition se font d’une manière plus énergique, et la résolution des engorgements en est la conséquence.