CACHEXIES. — ANÉMIE. — SCORBUT. — PLAIES
d’armes a feu
La cachexie est un état morbide variable, produit par les maladies chronic[ues et caractérisé par une altération profonde de la nutrition, par suite de lésions portant à la fois sur la texture des principaux organes et sur la composition du sang. La cachexie n’existe par comme entité morbide ; il y a des cachexies, chacune fait partie intégrante d’une maladie dont elle constitue, à vrai dire, une période. Cette définition que nous empruntons à M. Maurice Raynaud, dans le Dicfi0YiYidiT6 de 'ïïièdeciYie et de chivuvgie pT<iti(^ues^ porte en elle -même les indications thérapeutiques à remplir. Comme exemple de cachexie, citons la cachexie scrofuleuse, la cachexie syphilitique , la cachexie rachitique, etc., etc.
Sous l’influence de la syphilis à lente et complète évolution ; de la diathèse scrofuleuse qui a jeté de profondes racines, témoin les diverses manifestations symptomatiques qui ont porté sur le tissu cellulaire, la peau, les ganglions, les os, les viscères ; du rachitisme, qui a également porté son action sur les os et sur les viscères abdominaux chez un enfant, par exemple, on dirait que l’économie tout entière a épuisé toute son énergie pour réagir contre toutes ces atteintes. Le sang a perdu de sa plasticité normale et n’a pu porter
au système nerveux qu’une excitation insuffisante pour l’accom plissement des g'randes fonctions ; la digestion a été troublée dans ses actes physiques et chimiques, l’assimilation est devenue incomplète, et les mouvements interstitiels de composition et de décomposition^ ont perdu de leur énergie habituelle ; seuls, les derniers ont profité de l’atonie générale. Les actes delà respiration ne sont point restés étrangers à la scène morbide, la respiration a été plus lente, et la quantité d’oxygène absorbé n’a pas été suffisante pour revivifier le liquide sanguin d’une manière complète, à chaque inspiration. On dirait, en un mot, que le malade s’est arrêté sur la pente qui le conduit fatalement à une issue funeste.
A la suite de pertes de sang considérables, et sous l’influence de mauvaises conditions hygiéniques, nous voyons se produire l’anémie et la chlorose avec tout leur cortège de phénomènes nerveux, plus bizarres les uns que les autres et qui se refusent à toute espèce de description. Le système nerveux est privé de son contre-poids, de son modérateur normal. Le résultat de l’appauvrissement du sang en quantité et en qualité est la faiblesse générale. Toutes les fonctions languissent également, et si rien ne vient s’opposer à cet état de choses, le malade peut tomber dans le marasme le plus complet. Quoique ces divers états morbides soient bien différents les uns des autres, il faut convenir que leurs manifestations symptomatiques se rapprochent sous quelques points de vue ; tous, en effet, présentent, comme caractères principaux :
1 appaiivnssenjent du sang en quantité et en qualité,
I altération des fonctions de nutrition et un défaut d assimilation qui mène à la dégradation générale. Les caractères secondaires, conséquence des premiers, c est l’apparition des phénomènes nerveux.
Dans ces différents cas que nous venons d’étudier, quelles sont les indications thérapeutiques à remplir ?
II faut, avant tout, rendre au sang sa plasticité normale, pour que l’excitation qu’il produira sur le système nerveux retrouve son énergie primitive ^ les actes de la respiration reprendront leur rhythme normal. Il faudra réveiller l’appétit et les fonctions delà digestion ; l’assimilation deviendra plus complète, et les forces radicales reprendront leur énergie primitive.
Il va sans dire que ces heureux résultats ne se produiront que tout autant que la maladie cause de la cachexie ne sera pas elle-même incurable, ou que les désordres ne seront pas arrivés à la période ultime.
L eau de Balaruc, nous l’avons déjà répété bien des fois , répond à ces indications thérapeutiques ; par son action tonique , sous son influence , l’appétit se réveillera et avec elle tous les actes de la nutrition.
En 1857, mon excellent collègue et ami, M. le D" Le Bret (1) , alors inspecteur des eaux thermales de Balaruc, a présenté à la Société d’hydrologie médicale de Paris un remarquable mémoire sur le traitement de la cachexie scorbutique par les eaux de
(1) Annales de la Société d’hydrologie médicale deParis. T. III. p. 194.
cette station. Les résultats furent on ne peut plus satisfaisants.
Les eaux de Balaruc sont très-heureusement employées contre les plaies d’armes à feu , lorsque , entées sur un tempérament lymphatique, la cicatrisation se fait longtemps attendre ; les foyers purulents , les trajets fistuleux se détergent, la suppuration diminue, la coloration des tissus devient plus rouge et les bourgeons charnus apparaissent assez rapidement. Lorsqu’à la suite d’une plaie compliquée de fracture par un coup de feu, il s’est produit une cicatrice vicieuse avec rétraction des tendons, entraînant à sa suite une difformité , on peut espérer, par l’application des boues minérales de Balaruc, rendre plus souple le tissu médullaire et guérir l’empâtement qui entoure la cicatrice.