OBSERVATION IV
Hémiplégie gauche. — M. J., âgé de 39 ans, négociant; d’un tempérament sanguin et d’une constitution forte. A la suite de rapprochements sexuels après un repas copieux, tut pris subitement de vertiges, d’une céphalalgie violente, et perdit connaissance; vomissements, etc., etc. (Purgation
tMicrgi(|ii(' ot traitomont aiitii)li!ogist.i(jUfi). A la siiitn dn cr* traitoiiioiit, lo malade revient à lui, mais il est paralysé de tout le côté gauche. Perte de la sensibilité et delà motilité dans les deux membres du môme côté; langue très-embarrassée sans déviation de la bouche. Vient à lialaruc lin mai
L’attaque renionte à 15 mois, (juand le inalade arrive à Halaruc, et je constate l’état suivant : M. J, peut marcher en s’appuyant sur une forte canne ; le pied gauche décrit l’arc de cercle caractéristique, il fauche en marchant et ne peut plier le genou malade. Ne peut marcher pendant longtemps, il est très-vite fatigué. La sensibilité paraît revenue dans le membre inférieur. Le bras est complètement inerte, le malade ne peut le mouvoir qu’à l’aide du bras du côté opposé. La parole est très-embarrassée.
Grande susceptibilité du tube digestif. Digestions lentes, pénibles; constipation.
Je prescris le traitement suivant : Bain général à 33° centigrades d’une durée de 30 à 43 minutes, en ayant le soin de tenir sur la tête une compresse imbibée d’eau minérale froido pendant la durée de l’immersion. Boisson de 3 à 5 verres d’eau minérale, prise de o en 5 minutes. Bains de pieds l’après-midi. Gargarismes fréquents dans la journée.
Le malade part de Balaruc après 21 jours de traitement actif; s’est reposé à deux ou trois reprises. L’amélioration est peu manifeste. 11 y a cependant un peu plus de facilité et de solidité dans la marche. M. J. continue à boiter, ne pouvant plier le genou malade. Je ne constate aucune amélioration du côté du membre supérieur. Ce n’est, du reste, que 3 mois après son départ de Balaruc qu’il a constaté luimême l’amélioration, c’est-à-dire qu’il pouvait marcher plus longtemps sans trop de fatigue. Il a pu vers la même époque faire exécuter quelques légers mouvements en masse au membre supérieur, grâce aux muscles de l’épaule.
Revient à Balaruc seulement en mai 1877. M. J. marche
beaucoup mieux et ne fauclie plus, le genou est encore raide, les mouvements de flexion bien bornés. Les mouvements en totalité du membre supérieur se font mieux, et même notre malade peut exécuter quelques mouvements de flexion très-bornés dans les extrémités des doigts.
Pendant les 3 premiers jours. Je prescris le meme traitement que l’année dernière. A partir du 4“^® jour, j’alterne tous les matins le bain général à 33® centigrades de 40 minutes de durée, avec une douche en pomme d’arrosoir sur les parties supérieureset en lance sur les parties inférieures, en ayant le soin d’élever progressivement la température au fur et à mesure que l’on descend vers les pieds. Boisson de 3 à O verres. Bains de jambes l’après-midi. Gargarismes fréquents dans la journée.
Le malade part après 21 jours de traitement dans un état satisfaisant. J ai eu trois mois après des nouvelles du malade et j ai su que la marche était plus aisée, quoique encore un peu raide. Le membre supérieur avait retrouvé en partie ses mou\ements de flexion et d extension, le malade pouvait saisir les objets légers avec la main paralysée.
OBSEBVATIÜN V
Hémiplégie B., de Bordeaux, 47 ans, .d’un
tempérament sanguin. Constitution robuste , a eu trois enfants. Menstruation habituellement très-abondante et régulière . Ménaupose depuis un an environ. Avait de violentes douleurs de tête pendant la ])ériode menstruelle.
En septembre 1878, pendant qu’elle surveillait des ou- V riersa la campagne, tut prise d’un éblouissement tel qu’elle se laissa tomber sur le sol avec perte de connaissance. Quelques sinapismes et des sangsues au rectum dissipèrent cet orage. Mais un mois après , même accident , qui fut suivi cette fois d’une hémiplégie droite. Perte absolue de connaissance qui dura ti-ois jours environ, et à son réveil la
malado so vit jiaralyséo complétorneiit do la sensibilité et de la motilité de tout le coté droit. lai parole était fortement endjarrassée et la bonolio déviée à garndje. On soumit la malade à un traitement très-énergi(|ue, consistant en purgations fréquentes et en nombreuses applications de sangsues.
La malade arrive à Balaruc dès les premiers jours de juin 1879. R. est de forte corpulence, la face est rouge, les pommettes violacées, la sensibilité est fortement émoussée dans tout le côté droit, et la motilité bien diminuée. La malade ne peut marcher qu’au bras d’une puissante femme de chambre, le pied droitdécrit un très-grand arc de cercle, et le pied ne repose que sur son bord externe, la pointe n’abandonne le sol que très-difficilement. La flexion du genou est presque impossible. Le bras est inerte, pendant le long du corps avec légère contracture en flexion des doigts. Il n’y apas d’atrophie musculaire. La langue est très-embarrassée, quelquefois la malade dit un mot pour un autre et cela encore avec beaucoup de difficulté. Sensibilité affective exagérée, la malade pleure très-facilement. Appétit conservé. Constipation opiniâtre.
Je prescris donc : bain tempéré à 33" centigrades de 25 minutes. Compresses, eau minérale froide sur le front. Boisson à dose purgative. Bain de pieds dans l’après-midi. Gargarismes fréquents dans la journée.
Pendant l’immersion , quoique j’aie le soin de faire bien ventiler le cabinet, la malade est rouge et sent un léger prurit sur tout le corps. Les parties paralysées seules sont à peu près insensibles. Cette légère démangeaison persiste toute la journée. Je constate aussi une certaine accélération du pouls. Les artères battent aux tempes avec assez d’énergie, et la respiration devient un peu plus fréquente. En présence de pareils phénomènes et vu la constitution pléthorique de la malade, je suspens l’usage du bain et je limite l’usage de l’eau à la boisson du matin et au bain de pieds de l’aprèsmidi,
La malade ne peut consentir à se priver de ce moyen balnéotliérapique dont les autres malades font habituellement usage et continue malgré mes avis. Voyant cela et préférant moi-même diriger le traitement plutôt que de laisser cette malade en suivre un à sa guise, surtout averti par sa femme de chambre qu'elle veut prendre des douches, je prescris des demi-bains de 15 à 20 minutes de durée à 32° centigr. Les symptômes d’excitation sont bien moins manifestes, mais cependant la malade ressent toujours un peu de prurit et de la chaleur à la peau. L’excitation reste localisée dans le tissucutané. La malade part de Balaruc vers la fm du mois de juin, après avoir pris environ une quinzaine de bains, séparés par des jours de repos. Son état est assez satisfaisant.
Le 20 septembre, R. revint à Balaruc, un peu malgré mes avis. La marche est cependant plus aisée , elle peut marcher en s’appuyant sur une forte canne, sous la surveillance de sa femme de chambre, et l’arc de cercle décrit par le pied est moins grand. Le bras commence à se mouvoir avec beaucoup d’efforts, la malade le soulève un peu en éloignant le coude du corps. Les doigts sont presque immobiles, mais avec beaucoup d’attention, on constate quelques légers mouvements très-bornés de flexion à l’indicateur et au médius. La langue est peut-être moins embarrassée. La constipation est toujours opiniâtre. La malade a un peu perdu de sa corpulence, les symptômes de pléthore sont moins caractérisés.
Je prescris le même traitement : Demi-bain à 32° centigrades ; boisson à dose purgative ; bains de jambes ; gargarismes ; et je recommande d’une manière expresse l’application de la compresse d’eau froide sur la tête pendant les diverses immersions. Les mêmes symptômes d’excitation cutanée se manifestent. La malade se plaint aussi d’un peu d’oppression. Je conseille de nouveau à M“° R. de ne faire usage que de la boisson et des bains de jambes. Notre malade ne veut pas y consentir ; bien plus, elle ex-
primo le désir de preirdre des douches, puisque les bains l’exeiteiit trop, dit- elle. Prévoyant ce qui peut arriver, je cherche à la dissuader de ce projet, en lui faisant un tableau bien noir des conséquences d’un pareil entêtement. Rien ne lait, et, un matin, elle se présente à la baigneuse pour prendre la douche. La baigneuse, connaissant ma répugnance pour 1 application d un pareil moyen balnéotliéi’apique à M °R., lui donne tort heureusement une douclie en pomme d’arrosoir sur tout le corps, à une température peu élevée sur les parties supérieures et à une. température plus élevée sur les membres inférieurs, et d’une très-courte durée. Pendant toute la journée, phénomènes d’excitation générale très-manifestes, rougeur de la face, les pommettes sont violacées par plaques, le pouls est excité. Vers le soir je suis appelé en toute hâte auprès de R., qui présentait tous les symptômes d’un nouveau raptus vers le cerveau. Je prescris 30 sangsues au rectum, lavement fortement purgatif. Révulsif cutané.
f^e lendemain je fais subir une nouvelle perte de sang, et je continue les autres moyens. Au bout de quelques jours, 1 orage lut dissipé, et la malade quitta Balaruc dans un état relativement assez satisfaisant.
J ai eu des nouvelles depuis, j’ai su que les symptômes ^ de paralysie diminuaient d’intensité, mais M®** R. n’est plus revenue.