‹ Balaruc-les-Bains au point de vue de ses indications thérapeutiquesChapitre 24 sur 40 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Paraplégie de cause syphilitique. — M. X., âgé de 32 ans, employéde commerce àToulouse, d’une bonne constitution, mais d’un tempérament légèrement lymphatique, a contracté il y a 5 ans une syphilis dont l’évolution a été complète. A subi un traitement spécifique approprié à chaque période.

Il y a 8 mois que les premiers symptômes de la paralysie dont il est atteint ont apparu, caractérisés par de la faiblesse dans les deux jambes ; fourmillement, sensation de coton sous les pieds ; paresse des organes génito-urinaires. Vint à Balaruc lin août 1876.

Voici ce que je constate : la démarche est très-difficile, le malade se sert de deux béquilles, et encore est-il suivi de son frère qui le surveille de très-près. Ne peut. faire du reste que quelques pas ; les jambes ne peuvent le supporter. Tremblement, llaccidité musculaire des jambes et des cuisses. Les genoux plient sous le poids du corps. La station debout provoque des douleurs sourdes au bas des reins et autour de la ceinture. Fourmillements dans les deux membres inférieurs. Sensation de coton sans projection des pieds. La sensibilité est en général émoussée. La paralysie a envahi la vessie ; incontinence d’urine, qui oblige le malade à user d’un urinoir portatif. Digestions lentes, alternative de diarrhée inconsciente ou de constipation opiniâtre ; fonctions génitales endormies.

Je prescris : bains tempérés à 3a° centigrades, de 30 à 45 minutes de durée. Boisson de 3 à 3 verres d’eau minérale le matin à jeun. Bains de jambes l’après-midi. Après une dizaine de jours d’un pareil traitement, j’ajoute les douches, que j’alterne le matin avec les bains généraux, et je continue le reste.

A son départ, le malade retient ses urines, c’est ainsi qu’il n’urine que trois ou quatre fois par jour et deux ou trois fois dans la nuit, mais chaque fois avec conscience. Les selles sont plus régulières. La marche est pénible, mais le malade constate néanmoins un peu plus de forces.

Revient en mai 1877. Le bien-être déjà constaté dans les fonctions digestives et urinaires s’est maintenu, il ne reste à combattre que la faiblesse des membres inférieurs, qui a bien diminué du reste, le malade peut marcher avec deux cannes. Les muscles des cuisses et des jambes ne présentent plus 1 état de flaccidité de l’année dernière.

Je prescris dès le début le même traitement que l’amiée (.leriiière ; mais, au bout de (|uel(|ues jours, je lui fais subir les modilicatioiis suivantes :

Tous les matins une douche suivie de l’ingestion de d verres d’eau minérale. L’après-midi je remplace le bain de jambes par un bain entier de 25 à 45 minutes de durée, me promettant bien de surveiller attentivement l’action d’un traitement aussi énergique. Le malade qui est jeune ne se sent nullement fatigué et suit ce traitement pendant 25 jours. J’ai soin, bien entendu, de le laisser de temps en temps se reposer.

A son départ, les progrèsne paraissent pas être considérables ; mais j’ai eu depuis des nouvelles de ce malade ; j’ai su qu’il était complètement guéri et qu’il avait reprisses occupations.

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