‹ Balaruc-les-Bains au point de vue de ses indications thérapeutiquesChapitre 29 sur 40 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

Paralysie et atrophie musculaires suites d’intoxication saturnine. — Edmond B., peintre en bâtiments, âgé de 43 ans, a eu à plusieurs reprises des coliques saturnines. La dernière atteinte remonte à quatre ans environ. Elle était caractérisée par une violente douleur abdominale exaspérée à la moindre pi’ession, le ventre était plutôt rétracté sur lui-même que ballonné, il y avait alors une constipation opiniâtre. Le malade fut soumis à un traitement rationnel ; les douleurs disparurent, et il put reprendre son ancien métier. Depuis cette époque, il se plaint d’une faiblesse allant toujours en augmentant dans les membres inférieurs, surtout dans les parties antérieures des cuisses et des jambes; il ne peut rester quelque temps debout sans que ses membres inférieurs soient pris d’un léger tremblement. Les mêmes phénomènes morbides ont apparu dans les membres supérieurs, dans le courant de l’année 1875, et voici l’état dans lequel je le trouve le 19 mai 1876: La face est maigre, jaunâtre, présentant un teint cachectique, les fonctions digestives sont lentes, paresseuses, il y a un peu de susceptibilité du côté des intestins, avec constipation qui dure quatre à cinq jours. La marche

est assez tacite, cependant ^lle est accompagnée de légers tremblements ; la sensibilité est conservée dans les membres intérieurs, seulement le malade fait bien attention où il pose les pieds, et il a toujours peur de se laisser tomber, ce qui prouve bien un certain degré de faiblesse ; il a cependant la notion de la solidité du sol. Dans les membres supérieurs il n’y a, à proprement parler, aucun trouble de la sensibilité, quelques douleurs erratiques cependant se font sentir d’une manière intermittente aux coudes et aux épaules. Les mains sont dans la flexion, la gauche est plus fléchie que la droite, et il lui est bien difficile de la redresser, tandis qu il peut étendre plus facilement la main droite. Les mêmes phénomènes de paralysie se manifestent aux bras, hiais à un degré bien moins grand. Le tout est, enfin, accompagné d’un peu d’atrophie du membre en général^ surtout du côté gauche.

Je prescris l’usage de l’eau de Balaruc à dose purgative ; le malade en prend au maximum 6 verres, et la constipation est vaincue. Je prescris en même temps un bain de piscine à prendre le matin (34° centigrades) et une douche générale dans l’après-midi. Ce traitement est suivi pendant vingt jours. Le malade se sent plus solide sur les jambes, sa marche est plus sûre, il peut même marcher sans regarder le sol ; les tremblements paraissent être moins fréquents. Les douleurs du ventre n’ont plus reparu. Il n’y a pas un bien grand changement dans l’état des membres supérieurs ; cependant l’avant-bras paraît s’étendre un peu plus sur le bras et la main sur l’avant-bras, surtout du côté droit.

Le malade revient au mois de septembre, sonétatgénéra est satisfaisant, l’amélioration survenue pendant la saison précédente dans les membres inférieurs et dans le membre supérieur droit ne s’est pas démentie. Je le soumets encore à l’usage interne de Teau minérale, il en prend 3 ou 4 verres par jour ; la constipation a définitivement cédé. Je fais

altonior l’usage des boues minérales avec les bains de piscine suivis de domdies générales. Au bout de 20 jours de traitement, le malade part dans un état très-sensiblement amélioré; l’état général est très-satisfaisant : plus de symptômes de cachexie, ni de coliques, ni de troubles des fonctions digestives, La marche est normale. Les mouvements du bras droit sont presque rétablis, et l’amaigrissement a disparu de ce côté. Tous les symptômes ont diminué du côté 'gauche. Nul doute que cette année, 1877, si le malade passe deux nouvelles saisons auprès de nos eaux, nous n’arrivions à une guérison complète.

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