OBSERVATION XVII
Entorse. — Atrophie musculaire. — G., âgé de 13 ans, d’un tempérament scrofuleux et d’une constitution frêle et délicate, a eu, dans son enfance, toutes les manifestations légères de la diathèse strumeuse : gourmes, engorgements ganglionnaires, etc., etc. Il y a trois ans, en s’amusant aVeeses camarades, il fit une chute qui fut suivie d’une entorse de l’articulation tibio-tarsienne droite. Depuis lors, faiblesse dans tout le membre inférieur droit ; l’enfant ne peut pas courir sans se laisser plusieurs fois tomber. Les mouvements ' de l’articulation sont gênés, il ne peut sauter sur un seul pied sans se laisser choir ; lorsqu’il veut marcher vite, si l’enfant n’y prend garde, la pointe du pied est fortement tournée en dedans, tellement qu’elle vient embarrasser le pied gauche, ce qui amène fatalement de nombreuses chutes, souvent suivies de diastasis. En examinant le membre, on constate une laxité plus grande dans l’appareil tendineux avec un certain degré d’atrophie musculaire. Le malade est conduit à l’hôpital de Balaruc, pour la première fois, au commencement du mois de mai 1876. Je proscris : tous les matins, à prendre par petites gorgées, jusqu’à concur-
rence d’an denii-verre, l’eau de Balaruc. Sur l’articulatioii malade et sur la jambe, je fais appliquer les boues minérales pendant trois quarts d’heure environ, et je fais suivre cette application de boues d’une douche générale, en ayant le soin de taire insister sur le membre et l’articulation malade ; sous la douche, le baigneur pratique le massage. Sous l’intluence de ce traitement, général et local en même temps, prolongé pendant 22 jours, l’état général devient meilleur, le teint est plus coloré, et il se manifeste un léger accroissement dans le volume des muscles de la région postérieure de la jambe malade. L’articulation paraît plus solide, et les chutes sont moins fréquentes. La marche est plus tacile, l’enfant peut se soutenir sur un seul pied. J’ai l’occasion de voir ce malade dans l’intervalle des deux saisons balnéaires , et le mieux a persisté. J’engage, malgré cela , les parents à me l’envoyer dans le mois de septembre.
A cette époque, je prescris le même traitement ; le mieux a persisté, et au bout de 20 jours de séjour à Balaruc, l’articulation paraît plus solide, l’enfant marche et court sans se jeter à terre ; il peut mieux relever la pointe du pied et la porter directement en avant. Les muscles de la jambe ont bien certainement augmenté de volume.