‹ Balaruc-les-Bains au point de vue de ses indications thérapeutiquesChapitre 3 sur 40 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique. - Situation de la station thermale de Balaruc. - Saisons halneaires. — Leur durée. — Aménagements. — Hôpital.

Balaruc était une station thermale dès les premiers siècles du Christianisme. Il suffit den fouiller le sol pour y découvrir des débris de poteries, des médailles de bronze ou des monnaies d’argent. On a même trouvé un fragment à. ex-voto du proconsul Gemellus de la seconde légion qu’Auguste cantonna à Orange, l’an de Rome 740. — Cette pierre est très-bien conservée; elle est placée sur la façade d’une ancienne maison

près de l’église romane, qui, de nos jours, ne sert plus au culte.

Item. Trih. Leg. II.

Gemelli.^ proc.

ISi'eptuno. et. N.

Dans ses mémoires pour Thistoire naturelle de la province de Languedoc publiés en 1737, Astruc nous donne le spécimen de cette pierre ; il nous dit aussi que l’on trouve dans les champs des monnaies romaines, et malgré ces diverses preuves de l’occupation de ce pays par ce peuple dominateur, il prétend que ces bains lui étaient inconnus. — D’après lui, l’étang de Thau devait recouvrir tout ce pays. — Il ne fait remonter la découverte de ces thermes qu’à l’année 1529, et d’après lui ce ne serait que vers l’an 1569 qu’on commença à connaître les bons effets qu’on pouvait retirer de l’usage de ces Eaux.

Si l’histoire locale ne garde aucun souvenir des Romains, comment douter du cas qu’ils devaient faire de ces eaux chaudes, eux qui ne vivaient qu’au cirque et aux thermes, et dont le puissant génie se révèle surtout dans les amphithéâtres et les aqueducs ? A Balaruc, ils avaient dû construire un magnifique établissement, dont il ne reste qu’une piscine entièrement recouverte de marbre blanc. Il fallait que ces thermes fussent bien fréquentés pour qu’on eût jugé nécessaire l’inscription citée plus haut. « La pierre sur laquelle elle est gravée a 35 centimètres de longueur sur 20 de largeur. . .. Le mot item donne clairement à entendre que ce n’est là qu’un fragment d’une plus longueinscription , c’est ropinion très -j uste de M . Creuzé de Lesser (1), qui fait à ce propos la remarque sui-

(1) Creuzé de Lesser. — Statistique du département de l’Hérault, 1824,

vante : « Cette inscription, qui semble prouver que les eaux thermales du lieu n étaient pas inconnues des Romains, est sans doute un soc-voto du proconsul Gemellus. On sait qu’Auguste plaça la seconde légion à Orange, qui en conserva l’épithète (Arausio SecMndanorum), un peu avant l’an de Rome 740.; c’est donc vers cette époque que l’on peut fixer la date de cette inscription (1). » Une autre preuve aussi concluante, c’est qu’en 1857, en construisant les fondements du mur d enceinte du Parc, on trouva dans les tranchées des tuyaux de plomb posés sur un lit de mortier trèssolide et qui portent encore le nom du fondeur • COL. AVG. NEM. TÏBERINUS. FF. SF. Parmi ces tuyaux, les uns, d’un diamètre plus considérable, devaient être destinés à porter l’eau prise dans la source de 1 Issanka, située à quelques kilomètres delà station , les autres, plus petits, devaient distribuer 1 eau dans les villas qu avaient fait construire les familles riches. On le voit, la provenance de ces tuyaux ne saurait être contestée ; nom du fondeur, titres de fabrique, rien n’y manque. C’est là un guide on ne peut plus propre à mettre au grand jour et à fixer parfaitement 1 histoire, révélée par les découvertes successives faites dans un cercle de quatre kilomètres environ de diamètre (2),

Avec 1 invasion des barbares, la ville balnéaire

(1) Abbé Bousquet, ancien Curé de Balaruc-les-Bains. — Notice et

précis historique sur Bnlaruc-les-Bains et ses sources thermales 1874 p. 10. ■ ’ ’

(2) L’Abbé Bousquet. — Ibid.

perdit sa raison d’être. Les Goths et les Sarrasins ignoraient le luxe et le confortable de la civilisation romaine. Ce séjour en eût d’ailleurs été trop périlleux, puisqu’elle était sans rempart, exposée aux incursions des pirates. La population émigra sur un coteau voisin, comme celle de Maguelone à Substantion ; et Balarucle-Vieux ou le Haut devint un véritable Castrum, avec une enceinte crénelée, un donjon au sommet et une église romane dont il reste encore de précieux vestiges.

Pendant le moyen-âge, tout le pays dépendit des comtes de Maguelone, de Substantion et deMelgueil. Les comtes de Maguelone, Goths d’origine, dépendaient d’Ansemond, qui livra la Sept! manie à Pépin le Bref en 752 (1). En 1085, le comte Pierre, neveu de saint Benoît d’Aniane, et sa femme Almadis, soeur

des comtes de Toulouse et de Saint-Gilles, firent .

hommage de leur fief à Grégoire VII, qui déléguales ■ Évêques de Maguelone pour représenter les papes S comme suzerains temporels (2) , ce qui explique la • juridiction épiscopale sur le bourg de Balaruc. j

Raymond VI, comte de Toulouse, ayant épousé | ErmensindePelet, arrière petite-fille et unique héritière | des comtes de Melgueil, Balaruc fut érigé en fief en | faveur du légiste Gui, Cap dePorc. Béatrix, sa veuve, J le vendit pour 19,000 sous melgoriens au roi d’Aragon |

(1) Germain, doyen de la Faculté des lettres de Montpellier. — Études ■ historiques sur les comtes de Maguelone, de Substantion et de Melgueil, 9

(2) Le même. — Maguelone sous ses évêques et ses chanoines, 1869. fl

Jacques qui était seigneur de Montpellier. Les évêques de Maguelone ne tardèrent pas à le racheter en 1244, quelques années après l’acquisition du comté de Melgueil (1).

Il était difficile que le changement de maîtres ne provoquât pas des regrets et des résistances. Pour prévenir toute hostilité, les prélats eurent le mérite d’accorder spontanément des franchises qui firent bénir leur domination. Ainsi, l’évêque Guilhaume Christol inféoda aux consuls de Balaruc divers territoires (2). Bérenger de Frédol leur octroya deux chartes pour les exempter de certaines servitudes (3). L’autorité des Évêques n’était plus que nominale, quand elle disparut enfin devant le pouvoir de la monarchie. Balarucle-Haut avait eu sa raison d’être au temps de la féodalité ; avec le développement de la prospérité publique, Balaruc-les -Bains reprit sa prépondérance. Dès le commencement du XVP siècle, le Chapitre de Maguelone avait cédé la locatairie à la famille Perrier, qui la garda jusqu’au milieu du XVIIP siècle. Déjà, en 1585, les évêques de Montpellier avaient permis aux paysans de bâtir quelques maisons autour de la source pour héberger les malades qui se rendaient auprès de ces thermes.

(1) Voir la bulle d’innocent IV, du 14 juin 1244. à l’abbé Saint-Paul de Narbonne et au précenteur de Béziers, dans le cartulaire de Mague-, lone. Beg. F, fol. .50, v°. — Ap. Germain. — Privilèges pA franchises de Balaruc. Mémoires de la société d’ Archéologie de Montpellier, 1863.

(2) Germain. — Loc. cit.

(3) Le même. — Ibid.

Il serait bien difficile de fixer l’époque de la renaissance de la station thermale de Balaruc ; nous voyons, cependant, que le 2S octobre 1345, les Consuls réunirent un conseil à l’efiTet de nommer un recteur pour l’hôpital (1). Ce fait prouve bien que, déjà, il se rendait des malades auprès de ces bains. Quoi qu’il en soit, il n’y avait pas d’établissement, à proprement parler ; la source formait une grande mare d’eau chaude au milieu d’un champ inculte. Le service

médical devait se faire sur le bord , en plein air. Les »

Evêques de Maguelone, comme nous l’avons déjà dit, donnaient toutes les autorisations nécessaires pour bâtir quelques maisons, situées probablement près de la source, pour loger les malades qui commençaient à affluer.

Dans le cours du XV® siècle, Balaruc est trèsfréquenté, et nous voyons Rabelais, l’immortel docteur de Montpellier, célébrer dans ses œuvres les eaux de cette station. Vers le même temps, son ami Rondelet les conseillait dans plusieurs maladies , et , par leur usage, guérissait , en 1568 , sire Guillaume de la Chaume, seigneur de Poussan , atteint d’une affection très-grave qui avait résisté à toutes les ressources de l’art. Par reconnaissance, Guillaume de la Chaume publia lui-même l’histoire de sa guérison. En 1579 , Nicolas Dortoman , alors professeur à l’Université de Montpellier, plus tard médecin de Henri IV, composa, sur les thermes de Balaruc, un ouvrage complet.

(1) Germain. — Loc. cit.

Chirac, le médecin de Philippe d’Orléans, régent de France , réussit , au moyen des eaux de Balaruc , à calmer les douleurs de ce prince, blessé en 1706 au siège de Turin. Enfin , ce ne fut qu’en 1712 qu’apparut le premier établissement balnéaire à Balaruc. Cette construction fait encore partie de l’établissement actuel, elle recouvre l’endroit d’où émerge l’eau thermale. On voit très-bien gravée, sur la clef de voûte, la date mémorable de sa construction.

Sous Louis XIV on venait beaucoup à Balaruc ; on peut voir, dans de Sévigné, ce qu’on en pensait alors. Le Chevalier de Grignan, colonel d’un régiment de cavalerie, était atteint de la goutte; son service en souffrait beaucoup ; les eaux de Balaruc lui furent conseillées; trois jours passés à Balaruc, dit la célèbre Marquise, ont fait un miracle que le Mont-Dore et Baréges avaient été impuissants à produire.

La station hydro-minérale de Balaruc se trouve à l’extrémité d’un promontoire entouré par les eaux de l’étang de Thau. Ses limites sont : D au Nord, les villages de Balaruc-le-Haut, de Poussan, et la route nationale qui relie la presqu’île au continent ; 2° au Sud , la ville de Cette, dont elle est séparée par une distance de 4 kilomètres environ, que l’on franchit en un quart d’heure en bateau à vapeur ; les salins de Villeroy , dont la proximité est si utile pour l’usage des eauxmères ; 3° à l’Est, se trouve, environ à 9 kilomètres, la ville de Frontignan, chef-lieu du canton ; 4° à l’Ouest, les petites villes de Bouzigues et de Mèze, séparées de

Balaruc par la partie la plus 'étroite de l’étang. Cette station thermale est à quelques mètres seulement audessus du niveau de la mer, et se trouve dans la partie sud d’un riant village contenant quatre ou cinq cents habitants. La position de Balaruc (Ij sur l’étang de Thau rappelle singulièrement celle de Balaton-Füred, à proximité aussi d'un des plus grands et des plus beaux lacs du monde. Tous les deux sont salés : le premier par la Méditerranée, qui l’alimente ; le second par les sources chlorurées qui fournissent ses eaux. Le climat de Balaruc est d’une remarquable douceur, et le voisinage de l’eau n’entraîne jamais de brouillards, comme on pourrait le supposer tout d’abord; les hivers n’y sont jamais rudes, sauf de trèsrares exceptions. Les fièvres paludéennes y sont à peu près complètement inconnues. ^

L’établissement thermal n’est ouvert que pendant six mois de l’année, quoique , à la rigueur , la saison n pût durer l’année entière. Elle commence le 1®'’ mai pour prendre fin au 30 octobre. Les malades sont dans l’habitude de fréquenter nos eaux surtout pendant les mois de mai, juin, septembre et octobre ; dans les mois de juillet et d’août, leur nombre diminue. C’est , une idée reçue dans le monde, bien à tort selon nous, a qu’il fait trop chaud pendant ces deux mois pour faire usage des eaux de Balaruc. D’abord la chaleur n’y ^ est pas plus forte pendant ces deux mois que dans 1

f l) RoTi’REAt:. — T)cs principn les Eaux minérales (f Europe.

tout le midi de la France. On peut même dire qu’il y fait moins chaud que dans beaucoup d’autres stations qui se trouvent sous la même latitude. Pendant ces mois, en effet, le vent prédominant souffle du sud-ouest ; il est obligé de passer sur la mer et sur l’étang avant d’arriver à Balaruc même, ce qui fait qu’il vient rafraîchir les ardeurs du soleil. Il y a, du reste, ici, à faire une distinction qui a bien son importance et à laquelle on ne pense pas assez souvent.

L’eau de Balaruc, pendant ces deux mois, n’est pas plus excitante que pendant les autres mois de la saison ; son action n’est pas accrue par la chaleur des mois de juillet et d’août ; c’est moins l’action de l’eau qu’il faut considérer que la nature des maladies pour lesquelles on se rend auprès de nos thermes. Les mois de mai, de juin, de septembre et d’octobre doivent surtout être destinés au traitement des paralysies, principalement de celles qui sont la conséquence d’une lésion cérébrale ; les mois de juillet et d’août sont préférables pour la cure des affections scrofuleuses et rhumatismales. Les malades atteints de ces diverses affections sont loin d’être incommodés parla chaleur ; bien plus, le soleil peut être utile à leur guérison. Ce sont, en général, les personnes qui vivent dans les pays froids et humides du Nord, où le soleil reste souvent caché par les brouillards , qui présentent les diverses manifestations du lymphatisme, de la scrofule , et nous verrons plus tard que ces tempéraments prédisposent singulièrement aux affections rhumatismales. Nul doute qu’ils se trouveront très-bien de la vie en plein

air , en pleine lumière du soleil. 11 n’en est plus de même des paralytiques , surtout lorsque leur affection est la conséquence d’une congestion ou d’une apoplexie cérébrale. Ne recommande-t-on pas à ces malades de fuir le grand jour , la lumière trop vive , la grande chaleur ? Ne peut-on pas craindre que celle-ci n’occasionne un nouveau raptus du côté du cerveau ? Ces malades agiront très- bien en faisant deux saisons à Balaruc dans la même année ; la première dans les mois de mai et de juin, ils se reposeront pendant les mois caniculaires, loin du soleil, loin de la chaleiir, pour revenir pendant les mois de septembre et d’octobre confirmer le bien-être qu’ils auront éprouvé dans les premiers mois de la saison thermale.

Il est un usage qui est passé à l’état de règle fixe chez les malades de Balaruc , comme , du reste , chez ceux qui fréquentent la plupart des autres stations thermales. La durée de la saison paraît avoir une limite à peu près fixe pour tous les malades. Il est incontestable que les eaux dont l’action est très-énergique ont les défauts de leurs qualités. Il arrive un moment où l’économie est saturée ; c’est alors qu’apparaît la fièvre thermale , quelquefois accompagnée d’éruption à la peau. 11 est évident qu’il faut faire une bien grande attention à la saturation de l’organisme, car sans cela on risquerait fort de compromettre les bénéfices acquis ; bien plus , il pourrait survenir des conséquences quelquefois très-facheuses. A Balaruc, cette saturation apparaît avec tous les symptômes d’une fatigue générale ; il est bon , dans ces cas , de suspen-

dre le traitement. Mais peut-on dire, par exemple, que la durée du traitement doit être la même chez un paralytique et chez un scrofuleux ? Non certes ; dans le premier cas , la saturation et la fatigue qui l’accompagne se montrent plus vite , et il serait bien imprudent de n’en pas tenir compte; on pourrait ainsi faire naître des actions réflexes redoutables , dont la conséquence serait quelquefois une nouvelle congestion de l’organe lésé. Dans les cas qui nous occupent, il faut marcher lentement ; il est bon de s’arrêter quelquefois pour donner un peu de repos au malade et de cesser le traitement lorsque la fatigue , en apparaissant , annonce la saturation de l’économie.

Dans la scrofule , il faut refaire la constitution du sujet ; il faut donc insister plus longtemps, mais n’oublions pas que l’état général affaibli recommande beaucoup de précautions. Combien sont lentes, en effet, ces résolutions d’engorgements articulaires ! Combien sont difficiles et lentes à obtenir ces réactions curatives dans un membre atteint de tumeur blanche ! Combien sont lentes aussi les évolutions des maladies osseuses ! Aussi ne puis-je pas accepter comme limite de traitement la durée de 21 jours. Elle peut être et plus longue et plus courte , selon la maladie que l’on a à traiter ; tout dépend du sujet. Et ne faut-il pas aussi laisser reposer l’organisme en suspendant le traitement pendant quelques jours, ne serait-ce que pour rompre les effets de l’habitude ?

L’établissement thermal est bâti sur la source elle-

même, il a subi de nombreuses modifications en changeant de maître. En 1752, il devint la propriété de la famille de Vichet. Pour en augmenter Timportance et pour en rendre plus commode le séjour aux baigneurs qui accouraient en foule auprès de ces thermes, on fît construire un hôtel-restaurant, et on répara les lieux destinés au service balnéaire. Cette station thermale resta la propriété de cette puissante famille du pays jusqu’au moment de la première révolution. A cette époque, M. Roudier de la Bruyère en devint acquéreur, il fit un nouvel aménagement des lieux destinés à 1 administration des eaux, leur donna une affectation plus commode et plus en rapport avec les besoins du moment. Il obtint du Gouvernement, en 1807, la faveur d un périmètre de proteciion. En 1832, 1 établissement changea de nouveau de propriétaire, il passa entre les mains de M. Boudon de la Roquette, qui le conserva jusqu’à sa mort. On peut dire que ce nouveau propriétaire ne négligea rien pour rendre plus florissante encore la station thermale de Balaruc : il fit des réparations considérables , il aug-’ menta le nombre des cabinets de bains, fit construire la façade de l’établissement qui se trouve sur la rue principale du village , créa le parc , la seule promenade ombragée qui se trouve dans le pays ; il fit enfin construire le pavillon qui se trouve à l’entrée de cette promenade. Ses héritiers, ne voulant pas conserver une propriété qui demandait tous les ans de grandes dépenses, soit pour 1 entretien, soit pour l’agrandissement de rétablissement, le vendirent en 1863 à

M. Fayard, pharmacien à Lyon, et c’est sa veuve qui en est restée propriétaire jusqu’au 29 janvier 1881. C’est à partir de ce moment que date la restauration complète de l’établissement , les cabinets de bains furent restaurés , les salles de douches , les piscines furent construites à neuf. La partie balnéaire de l’établissement, la seule dont nous ayons à nous occuper, est- l’œuvre de M. Jules François; c’est dire qu’elle est en rapport avec les exigences de la science moderne.

Les héritiers de Madame Fayard viennent de le mettre en vente, et, après deux enchères successives, l’établissement , sa source et ses. dépendances viennent d’être achetés par un groupe de riches capitalistes de Narbonne. C’est un heureux événement pour la station ; l’avenir seul peut confirmer les espérances que nous fondons sur les intentions de cette puissante société.

On trouve dans cet établissement une buvette qui est à l’abri des intempéries par une grande lanterne qui recouvre la cour dans laquelle elle se trouve. Cette cour est de plein pied avec la rue principale du village, dont elle est séparée par une grille en fer. L’eau thermale s’écoule d’un robinet par jet continu dans une grande coquille en fonte , et celle qui n’est pas utilisée en boisson se perd constamment dans le canal de fuite. Pour arriver à ce résultat, l’eau est puisée dans un bassin dans lequel elle se rend directement en émergeant du sol, par une machine à vapeur ; elle est élevée ainsi jusqu’au premier étage, dans un réser-

voir ^ui Ici lâissG constcimiiiGrit s écoulôr. CgHg (jiii Gst clGstinéG à la boisson noséjouniG pas dans 1g résGrvoir, . Gt la machinG à vapGur gd puisG pendant tout 1g temps consacré au service balnéaire. Il y a deux piscines. On ne s’en sert pas. Il y en a une cependant qui est consacrée au service de l’hôpital, avec les salles duquel elle communique par un corridor très-court. Il y a douze cabinets de bains, quatre salles de douches. 11 y a encore une ancienne salle d’étuve , qui date de 1712, où l’on peut prendre des bains de vapeur, de bras , de jambe. Enfin, l’établissement possède une caisse placée sur le parcours de l’eau thermale venant delà source pour se déverser au-dehors, et qui sert à l’application des bains de vapeur. En résumé , le bassin de captage se trouve sous la cour dans laquelle nous voyons la buvette, et par un conduit souterrain l’eau va se déverser dans l’étang de Thau. On la puise au moyen d’une pompe à vapeur qui la monte dans des réservoirs'. Une portion descend dans le conduit de la buvette , et si elle n’est pas employée , elle se perd dans le canal de fuite. Celle qui séjourne dans les réservoirs doit servir aux bains et aux douches pour tempérer la chaleur native de l’eau thermale.

Depuis un temps immémorial, la station thermale de Balaruc possède un hôpital civil et militaire qui dépend de l’Administration des hôpitaux de Montpellier. Le service médical est confié au médecin inspecteur de la station. Il contient quatre-vingt-quatre lits, que le dévouement des Sœurs de Saint Vincent de

Paul qui le desservent sait dédoubler quand le besoin s’en fait sentir. 11 y a des salles réservées aux civils, aux femmes et aux enfants, d’autres aux militaires. Après la campagne de Crimée, les salles de ce petit hôpital étaient encombrées de .glorieux soldats atteints du scorbut ; le D’’ Le Bret, alors inspecteur à Balaruc, nous a donné dans un remarquable mémoire les diverses observations de ces nombreux malades , et les heureux résultats que sa vaste expérience sut retirer de l’emploi de ces eaux thermales. C’est l’eau de l’ancienne source qui est administrée à l’hôpital ; l’eau est employée en boisson, en bain de piscine, en douche, en boue minérale, etc., etc. Par un traité passé entre l’établissement de l’ancienne source et l’Administration des hospices de Montpellier, et en vert’ü d’un droit ancien confirmé par les Tribunaux, l’établissement thermal doit fournir l’eau pendant certains mois de l’année, du 15 mai au 15 juin, et du 15 août au 15 septembre.

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