‹ Balaruc-les-Bains au point de vue de ses indications thérapeutiquesChapitre 35 sur 40 · OBSERVATION XXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXII

Engorgement ganglionnaire, — M. L..., lieutenant d’artillerie, âgé de 31 ans, d’un tempérament fortement bilinux et lymphatique en même temps, arrive à Balaruc dans le courant du mois de mai 1878, porteur d’une adénite cervicale droite très-considérable. La tumeur est volumineuse, dure, la coloration de la peau est normale. Par le toucher, on sent qu’elle est constituée par la réunion de plusieurs ganglions engorgés, unis entre eux par du tissu cellulaire qui paraît infiltré. L’état général du malade est bon, quoiqu’il soit facile de reconnaître chez lui un fond d’atonie, un défaut de réaction. Depuis longtemps déjà, il se plaint en même temps de vomissements bilieux, et il a le teint subictérique. A eu les fièvres intermittentes en Afrique, et, en palpant les hypochondres, il est facile de constater une légère augmentation de volume du foie et de la rate. Les fonctions digestives sont lentes, paresseuses ; il y a du dégoût pour les aliments gras, et l’appétit est diminué. Il y a souvent de la diarrhée, mais le plus souvent de la constipation. Après chaque repas, le malade se trouve incommodé par l’accumulation de gaz dans les intestins, et quelque peu qu’il mange, il trouve toujours qu’il a trop mangé.

Je prescris donc : boisson à dose purgative ; application de boue minérale sur la tumeur cervicale, suivie ou d’un bain général tempéré, ou d’une douche.

Au bout (le ([uebjues joues (Uî traitement, les fonctions digestives paraissent plus actives, les selles sont nombreuses, liquides, et présentent tous les caractères de celles de l’état bilieux. En meme temps, le malade ne ressent plus, après chaque repas, cet état de plénitude de rabdomen qui l’incommodait tant ; le volume des viscères n’a pas encore diminué. La tumeur du cou paraît plus molle et plus bosselée.

Le malade reste pendant 25 jours à Balaruc, soumis au même traitement, et il part dans un état considérablement amélioré.

Les fonctions digestives se font, on peut le dire, d’une manière normale; le malade se soumet très-volontiers à l’usage de la viande ; il n’a plus ces éructations après les repas, ni la sensation de plénitude de l’abdomen. Il n’y a plus de constipation. Le foie et la rate ont repris leur volume. Quanta latumeur du cou, les ganglions qui la constituaient sont séparés les uns des autres, la peau qui les recouvre est légèrement plus rouge ; on voit que la circulation est activée dans cette partie, et que le tissu cellulaire qui les réunissait a diparu sous l’influence de la suractivité vitale que l’application des boues v a fait naître.

Le malade revient à la fin du mois d’août ; il n’a pas été incommodé par les chaleurs de l’été, quoiqu’habitant une ville du Midi ; il mange et digère très-bien, il ne revient que pour faire fondre ce qui reste de la tumeur cervicale. Je prescris le même traitement local, et j’emploie l’eau en boisson à dose altérante, c’est-à-dire à petite dose. Ce traitement est suivi pendant 20 jours, et le malade quitte Balaruc dans un état tel, qu’il peut enfin mettre son uniforme, le boutonner complètement, ce qu’il ne pouvait faire depuis déjà quelque temps.

Page 1