‹ Balaruc-les-Bains au point de vue de ses indications thérapeutiquesChapitre 37 sur 40 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

Engorgement péri-articulaire de nature scrofuleuse. — M. D., 47 ans, négociant à Narbonne. — Tempérament lymphatique, constitution bonne. A eu dans sa jeunesse toutes les manifestations de la diathèse scrofuleuse, telles que en-

gorgemciit ganglionnaire au cou , oplithalmies diverses ; écoulement derrière les oreilles, et pour cela a subi un traitement spécifique par l’huile de foie de morue, tisane feuilles de noyer, sirops dépuratifs, bains de mer. Depuis cette époque a toujours eu les yeux très-délicats. Ne peut travailler à la lumière sans en être incommodé. Les muqueuses palpébrales sont rouges, et très-souvent, le matin, à son réveil, il les trouve collées plus ou moins par un écoulement séro-purulent. Il est obligé au soleil de se servir de verres de couleur.

Vient à Balaruc le 3 mai 1879, et je constate : 1” engorgement péri-articulaire de l’articulation tibio-tarsienne gauche à la suite de luxations fréquentes ; faiblesse des ligaments. En même temps je constate chez notre malade une atonie générale; les mouvements sont lents, le malade a de la disposition .à rester toujours assis et à s’endormir, il est vite fatigué ; inappétence , digestions lentes et pénibles, alternative de diarrhée et de constipation. En même temps, les muqueuses palpébrales sont rouges, les yeux sont larmoyants, il est obligé, à son lever, le matin, de les laver pour décoller les paupières réunies par un liquide séro-purulent , qui les tient agglutinées.

Je prescris : Eau de Balaruc en boisson à dose altérante. Lotions fréquentes sur les yeux. Bain tempéré alterné avec douche générale.

Au bout de quelques jours de traitement, je remarque quelques phénomènes de réaction. Les yeux sont plus rouges, il y a un peu de photophobie ; le matin l’écoulement sanieux est plus abondant. La peau est plus chaude, et même le malade me fait remarquer la présence de certaines plaques érythémateuses sur la partie antérieure des cuisses. Les fonctions digestives paraissent suractivées, elles se régularisent. Ce traitement est suivi pendant 20 jours, et le malade part dans un état plus satisfaisant, mais présentant tous les symptômes d’une réaction générale.

Revient le 6 septembre de la même année. Le malade se

trouve mieux, il est plus tort, kï tacies paraît moins boursouttlé, les yeux sont moins rouges et l’écoulement sanieux est moins abondant. Les tonctions digestives sont bien meilleures. Le malade revient surtout pour combattre la laiblësse de I articulation tibio-tarsienne gauche et' surtout pour taire disparaître l’engorgement péri-articulaire qui le tourmente. -Je dois constater cependant que ce dernier est moins considérable, les tissus ne se laissent pas autant écraser sous la pression ; en tous cas, ils ne conservent pas les traces de la compression, ils reviennent un peu plus sur eux-mêmes ; ils paraissent moins infiltrés, et la coloration est plus rouge.

Je prescris : Application de boues minérales suivie ou d un bain ou d une douche. Boisson de l’eau minérale à dose altérante.

Au bout dé quelques jours de ce traitement, la peau de tout le membre sur lequel l’application dé la boue est faite est' récouverte d’une éruption erythéraateuse très-manifeste, accompagnée d’un peu de démangeaison. Le m&lade esB effrayé, et suspend, sur mon indication, tout traitement externe pendant deux ou trois jours et se contente de boire tous les matins l’eau minérale à dose purgative.

Il reprend son traitement après 4 jours de repos, et encore ne le recommence-t-il que par des douches générales, en ayant soin d’insister sur l’articulation malade: Je fais pratiquer le massage. Le surlendemain dé la reprise du traitement apparaît une éruption cutanée très-discrète sans démangeaison, et le malade, comprenant que c’est l’action directe de 1 eau sur le tissu cutiiné qui est cause de ces éruptions, se tranquillise et consent à se laisser appliquer' les boues minérales autour de l’articulation malade.

Les’ mêmes symptômes cutanés persistent, ainsi qu’un flux intestinal assez abondant.

Ce traitement est suivi, en somme, pendaiitiune douzaine de jours, et lemalade part de Balaruc dans un étattrès-satisfaisant.

Je constate, à son départ, tous les pliénomènes d’une réaction viv(î, mais qui cependant ne in’inspire aucune inquiétude vu surtout l’atonie générale dans laquelle se trouvait le malAde au début du traitement.

Les muqueuses palpébrales sont rouges, et la sécrétion séro-purulente va en diminuant. Les grandes fonctions sont presque bonnes. Quant à l’engorgement péri-articulaire, il a presque complètement disparu. Les tissus ne conservent presque plus l’empreinte des doigts, la coloration et le volume de l’articulation sont revenus à leur état normal.

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