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LES PRINCIPAUX MONUMENTS

Quant à riiôtel de musique, sa construction fut un événement dans la vie sévère de Berne. On autorisa la création d'une salle de bals et de concerts avec interdiction formelle d'y jouer des pièces de théâtre; mais avec la Révolution la rigidité des mœurs s'affaiblit, une société d'amateurs de théâtre se créa : ce fut alors le rendez-vous de la société raffinée de la fin du xvrii* siècle, et les cercles patriciens y vécurent leur âge d'or.

Clirlic Woilili.

L'Hotd do Ville.

Un autre monument de grande allure, un peu antérieur à ceux-là, est l'ancien magasin aux grains, (aujourd'hui complètement massacré depuis sa transformation en musée des arts et métiers^ . Le Kornhaus fut construit de 171 1 à 1716 par l'ingénieur Ber de Bregenz; un grand fronton, dernier vestige de sa beauté passée contient intact un bas-relief colossal représentant les armes de Berne.

Entre la Theaterplatz et la Kornhausplatz où règne en maître le XVIIU siècle, la Tour de l'Horloge, pimpante comme une jolie bernoise en costume national élève son élégante silhouette au milieu de la rue du jMarché. La Tour de l'Horloge, c'est la cocarde de Berne; elle date du

XV'' siècle; peut-être même est-elle antérieure car la chronique de Justinger la signale comme servant de prison en 1405. Un veilleur y frappait les heures sur une cloche. Au xV' siècle on y mit une horloge et le célèbre mécanisme date de 1530. Les peintures actuelles, de R. von Steiger sont toutes récentes; sur la face ouest le peintre a représenté les f[uatre saisons, sur la face est les quatre âges de la vie. iMais cette tour fut peinte depuis les temps les plus reculés; sa physionomie est charmante du côté de la Grande-Rue, grâce à deux oriels des xvi' et xvir' siècles faisant l'angle de la llotelgasse, et dont les encorbellements, les toitures aiguës et cossues se détachent sur la masse de la tour.

Dans la rue du Marché c^u'elle domine, il faut aller et venir longuement pour se bien pénétrer du caractère de Berne, car il semble que le cœur de la vieille ville y batte d'une façon plus intense.

Les vieilles maisons y ont tant de physionomie et de mouvement qu'elles semblent des êtres animés; leurs toitures paysannes, leurs arcades épatées cj[ui avancent leurs contreforts jusque sur le pavé, leur donnent l'allure de très vieilles dames, aimables et encore coquettes, coiffées de capotes à brides, qui se font la révérence et tiennent salon. Elles sourient et causent depuis des siècles et bien c^u'elles soient de très vieilles connaissances elles font toujours des frais de toilettes : au printemps, lorsque les fontaines se garnissent de fleurs, elles se décollètent et mettent leurs bijoux, c'est-à-dire c[ue les doubles fenêtres s'en vont regagner les greniers, et que les fines ferronneries et les balcons ouvragés reprennent leur place, abandonnés pendant la saison froide.

En sortant de cet aimable salon par la large porte de la Tour des Prisons, on arrive à la vieille place aux Ours — Baerenplatz — où se trouvait une l)ien curieuse maison à balcons, fort ancienne, disparue récemment (on la retrouve, toute sem1)lable, sur les gravures du milieu du xvii° siècle). Du reste, cette ligne de maisons construites au nord de la Lourdes Prisons fut édifiée tout auprès de la deuxième enceinte, et reçut le nom de maison de l'ancienne enceinte. Au milieu d'elles, s'élève la Tour des LloUandais, c|ui avait autrefois Tasi^ect d'un moulin à vent; elle reçut son nom d'un petit cercle clandestin de vieux officiers bernois qui, au retour de Hollande, se livraient dans une petite chambre sous les toits, au plaisir défendu de fumer le tabac. Deux monuments attirent l'attention aux deux extrémités de cette artère transversale; c'est, au nord, lorphelinat bourgeois, monument du vieux stxle bernois, élevé en 1782, peu avant la révolution helvétique. Avec sa cour plantée de peupliers et

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son vaste toit saillant, l'orphelinat a tout à fait l'air d'une maison de campagne patricienne, et son allure de chose d'autrefois contraste singulièrement avec les aspirations modernes, représentés à l'autre bout de sa large rue, par l'énorme dôme du palais fédéral.

Ce palais fédéral, il ne faut pas le regarder avec des }'eux de critique, mais avec un regard qui réfléchit: car on se trouve en face d'un gigantesque effort, tellement disproportionné au b:'soin qu'il serait une absur-

oiiciie \ uiii;rr.

Le Corps de Garde. — Œuvre de Nicolas Sprùngli,

dite s'il n'était pas l'expression d'un idéal. La Belgique a élevé à la Justice un temple démesuré; la Suisse célèbre par ce palais, sa généreuse et inattaquable liberté.

Cet énorme monument a donc une signification qui dépasse sa destination; c'est un symljole de paix. De nombreux bureaux internationaux : l'Union postale universelle, l'Union des Télégraphes, les bureaux de la propriété industrielle, littéraire et artistique, des transports par voies ferrées trouvent asile à Berne, faisant de cette ville le centre dune cour d'arbitrage toute pacifique, somptueusement logée par la magnificence bernoise, dans deux palais construits dans le style de la Renaissance italienne ; l'un, construit en 1857 par l'architecte Studer. de Berne.

BERNE

rautre en 1892 par le professeur H. Auer, de Saint-Gall. C'est ce dernier qui fut chargé en 1894, de relier entre eux ces deux bâtiments par le palais du Parlement proprement dit. Aujourd'hui la masse imposante du triple édifice domine toute la ville, et les trois palais se relient par des galeries largement ouvertes sur la vallée de l'Aar. Les moindres détails de la sculpture, de l'ébénisterie, de la marbrerie, sont exécutés avec un soin et une perfection qui montrent Teffort de toute une nation pour prouver sa vitalité et sa belle énergie.

Brique de Saint-Urban.

Cliché ànda

Rue et Fontaine de la Justice (1543)-

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