LA VILLE HAUTE
C'est alentour de cette cour de Saint-Pierre, centre de la vie religieuse et politique de la cité, que se pressent toutes ses richesses archi tectoniques. Rue du Puits-Saint-Pierre subsiste toujours la « maison haute » des nobles Tavel, une des plus anciennes habitations privées de Genève ; son architecture simple, mais agréablement découpée par une fine tourelle, devait s'élever sur un robuste rez-de-chaussée actuellement enfoui dans les caves où, à la lueur d'une chandelle, on aperçoit de fortes colonnes romanes qui soutiennent les retombées d'une voûte de corps-de-garde. Au n'-* lo de la rue des Granges, et faisant saillie sur les belles demeures du xviir siècle, voici, croit-on, une partie de l'ancien château Saint-Aspre, qui s'étendait jusqu'à la vénérable tour Baudet, un des plus vieux monuments de Genève, daté de 1455, aujourd'hui partie la plus ancienne de l'hôtel de ville ; elle conserve dans ses vieilles murailles féodales, sous
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les voûtes d'une ancienne chapelle appelée la " Grande Grotte >s les registres des délibérations des conseils depuis Tan 1400, les bulles des empereurs d'AUemag-ne relatives aux droits souverains des princes-évèques et le texte original des Franchises d'Adhémar Fabri (1387).
Au-dessus de la « Grotte » se trouve l'ancienne salle du Conseil, décorée
L'Hôtel de Ville. La Porte.
de peintures de César Giglio représentant des juges aux mains coupées, symbole de leur incorruptibilité. Cette salle et le vestibule qui la précèdent, sont les parties les plus anciennes de la maison de ville. On y accède par la rampe pavée que construisirent les frères Bogueret à la fin du xvi'' siècle, et par laquelle les conseillers pouvaient se rendre à cheval à leurs réunions. Cette rampe et la tour Baudet s'élançaient à cette époque d'un inextricable fouillis d'échoppes, de baraques, de boutiques à demi écroulées; tout cela disparut lorsque l'architecte Faule Petitot entreprit en 161 7 la