‹ Ballades anglaises et écossaisesChapitre 13 sur 39 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

OYEUSEiMENT oiivivalt clans la foi et verdoyante, — parmi les feuilles vertes, — là où les hommes vont à l'orient

ou au couchant -- avec des arcs et des flèches

aiguës.

(i) Cette ballade, à laquelle les plus vieux dramaturges anglais ont fait plus d'une allusion, a été imprimée pour la première fois, en 1550, par William Copland. Les héros en sont aussi célèbres dans le nord de l'Angleterre que Robin Hood dans les comtés du centre. Ils semblent avoir été contemporains de celuici ou du père de celui-ci et avoir vécu vers le milieu du XII® siècle. Le fameux exploit de Guillaume Tell enlevant une pomme sur la tête de son enfant (1307) ne serait donc qu'une répétition du trait d'adresse de William de Cloudesly. Il est vrai qu'antérieurement, Toko ou Tocho en avait fait autant en présence du roi Harold, et qu'avant Toko, si l'on en croit les sagas Scandinaves, Egil avait donné le même spectacle au roi Ni dung; c'est dire que la légende remonte à la plus haute antiquité gothique. Dans les bylines russes la femme de Donnai, l'un des bogatyrs du cycle de Vladimir, enlève •trois fois de sa flèche d'acier un anneau d'or placé sur la tête de son mari.

-;8 uallaijls anglaises

Pour relancer les chevreuils dans leurs gîtes; — de tels spectacles ont souvent été vus. — Ainsi en était-il de trois 3'eomen (i) de la région du nord, — et c'est d'eux que je veux parler.

L'un d'eux s'appellait Adam Bell, — l'autre Clym de la Clough (2), — le troisième était William de Cloudeslv, — un fort bon archer.

Chacun de ces yeomen — avait été déclaré oiiilav) (3) pour braconnage, — et les trois frères avaient juré un jour — d'aller dans la Forêt-Anglaise (4).

Maintenant attention, messieurs, et écoutez, — si vous aimez entendre des choses plaisantes ; — deux d'entre eux étaient célibataires, — le troisième avait pris femme.

William était l'homme marié, — et ses soucis en étaient beaucoup plus grands. — 11 dit un jour à ses frères — qu'il voulait aller à Carlisle

Pour parler à la belle Alice, sa femme — et à ses trois enfants. — « Par ma foi, dit Adam Bell, — ce ne sera pas sur mon conseil :

^' Car si tu vas à Carlisle, frère, — et si tu quittes cette forêt sauvage, — et si la justice te prend, — c'en est fait de ta vie. ;.

(i)Le yeoman{jyeomen au pluriel) était un paysan libre et franc tenancier.

(2) Littér.: Clément de la Roche.

^3) Condamné par contumace et mis hors la loi.

(4) Englyshe iiwoil, la forêt cVhiglewood, qui s'étend de Carlisle à Penrith.

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