‹ Ballades anglaises et écossaisesChapitre 33 sur 39 · LADY CLARE · texte numérisé non relu

LADY CLARE

« Donne seulement un baiser à ta pauvre mère ! — Hélas ! mon enfant, si j'ai failli, c'est pour toi. » — « O mère, mère, mère, dit-elle, — tout cela me semble si étrange.

« Voici pourtant un baiser pour ma bonne mère, — ma bonne mère, s'il en est ainsi. — Mets ta main sur ma tête — et bénis-moi, mère, avant que je parte. »

Elle se vêtit d'une robe de paysanne, — ne voulant pas être plus longtemps Lady Clare. — Elle s'en alla par la vallée, par la colline, — avec une simple rose dans ses cheveux.

La biche blanche comme lis qu'avait amenée Lord Ronald — s'élança de l'endroit où elle reposait, — mit sa tête dans la main de la jeune fille — et la suivit tout le long du chemin.

Lord Ronald descend de sa tour : — « Ah ! Lady Clare, pourquoi cet odieux déguisement ? — Pourquoi venez-vous vêtue en fille de village, — quand vous êtes la fleur de cette terre ? »

« Si je suis vêtue en fille de village, — je suis mise suivant ma condition : — je suis née mendiante, dit- elle, — et je ne suis pas Lady Clare. »

« Ne vous jouez pas de moi, dit Lord Ronald, — car je suis à vous corps et âme. — Ne vous jouez pas de moi, dit Lord Ronald ; — je ne puis comprendre votre énigme. »

Alors elle se redressa fièrement. — Son cœur ne faillit pas en elle : — regardant Lord

Ronald dans les yeux, — elle lui conta Thistoire de sa nourrice.

Il éclata d'un rire de joyeux dédain, — il se retourna et Tembrassa sur place : — « Si vous n'êtes pas Théritière née — et si je suis, dit-il, le plus proche parent...

•< Si vous n'êtes pas l'héritière née — et si je suis, dit-il, l'héritier légitime, — nous devons nous marier demain matin, — et vous serez toujours Lady Clare. »

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