LE LORD DE BURLEIGH
son oreille il murmure gaiement :
— < Si mon cœur doit se fier aux apparences, — jeune fille, je t'ai longtemps épiée, — et je crois que tu as quelque amour pour moi. »
Elle répond d'une voix bien basse : — « Il n'est personne que j'aime comme toi. » — Lui n'est qu'un peintre de paj-sage, — elle qu'une fille de village.
Sur ces lèvres qui balbutient amoureusement — le brave garçon presse les siennes. — Il la conduit à l'église du village — et tous deux quittent le toit paternel.
'.: Je ne puis te faire de cadeau de noce ; — je n'ai que peu à donner à ma femme. — L'amour parera notre chaumière, — et je t'aime plus que la vie. »
Ils longent des parcs et des maisons de garde, — ils voient se dresser au loin des
(i) Le même sujet, qui rappelle celui de Lizzie Lindsay, se retrouve dans les Mélodies irdandaises. Thomas Moore dit à ce propos : « Cette ballade m'a été suggérée par une anecdote, aussi connue que touchante, concernant une famille noble d'Angleterre. »
manoirs princiers ; — les feuillages d'été balancés sur leurs têtes — remplissent Tair de doux murmures.
S'arrachant à de profondes rêveries, — il dit à celle dont le cœur est à lui : — « Visitons ces splendides demeures — où vivent les nobles et les riches. »
Elle marche donc à ses côtés, — tandis qu'il cause amoureusement; — elle admire toutes les belles et magnifiques choses — qui séparent leurs deux logis :
Des parcs tout ombreux de chênes et de châtaigniers, — des parcs et de grands jardins bien ordonnés, — d'antiques manoirs de seigneurs et de dames, — séjours de faste et de plaisir.
Tout ce qu'il lui montre le lui rend plus cher : — elle semble n'en désirer que davantage — ce cottage dont ils doivent approcher
— et où tous deux doivent passer leurs jours. Oh ! comme elle l'aimera fidèlement ! —
Elle lui fera un logis si plaisant ! — Elle arrangera toutes choses comme il faut, — dès qu'ils seront sous son toit.
Telle est la grande joie de son cœur, — quand elle aperçoit un portail — monumental, orné d'armoiries ; — elle franchit le seuil.
Elle voit un château plus imposant — que tous ceux qu'elle a vus jusqu'alors ; — de nombreux serviteurs en livrée de fête — accourent à la porte pour le saluer.
Ils baissent la voix d'un ton respectueux,
— lorsqu'ils répondent à son appel ; — lui