‹ Ballades anglaises et écossaisesChapitre 34 sur 39 · LE LORD DE BURLEIGH · texte numérisé non relu

LE LORD DE BURLEIGH

son oreille il murmure gaiement :

— < Si mon cœur doit se fier aux apparences, — jeune fille, je t'ai longtemps épiée, — et je crois que tu as quelque amour pour moi. »

Elle répond d'une voix bien basse : — « Il n'est personne que j'aime comme toi. » — Lui n'est qu'un peintre de paj-sage, — elle qu'une fille de village.

Sur ces lèvres qui balbutient amoureusement — le brave garçon presse les siennes. — Il la conduit à l'église du village — et tous deux quittent le toit paternel.

'.: Je ne puis te faire de cadeau de noce ; — je n'ai que peu à donner à ma femme. — L'amour parera notre chaumière, — et je t'aime plus que la vie. »

Ils longent des parcs et des maisons de garde, — ils voient se dresser au loin des

(i) Le même sujet, qui rappelle celui de Lizzie Lindsay, se retrouve dans les Mélodies irdandaises. Thomas Moore dit à ce propos : « Cette ballade m'a été suggérée par une anecdote, aussi connue que touchante, concernant une famille noble d'Angleterre. »

manoirs princiers ; — les feuillages d'été balancés sur leurs têtes — remplissent Tair de doux murmures.

S'arrachant à de profondes rêveries, — il dit à celle dont le cœur est à lui : — « Visitons ces splendides demeures — où vivent les nobles et les riches. »

Elle marche donc à ses côtés, — tandis qu'il cause amoureusement; — elle admire toutes les belles et magnifiques choses — qui séparent leurs deux logis :

Des parcs tout ombreux de chênes et de châtaigniers, — des parcs et de grands jardins bien ordonnés, — d'antiques manoirs de seigneurs et de dames, — séjours de faste et de plaisir.

Tout ce qu'il lui montre le lui rend plus cher : — elle semble n'en désirer que davantage — ce cottage dont ils doivent approcher

— et où tous deux doivent passer leurs jours. Oh ! comme elle l'aimera fidèlement ! —

Elle lui fera un logis si plaisant ! — Elle arrangera toutes choses comme il faut, — dès qu'ils seront sous son toit.

Telle est la grande joie de son cœur, — quand elle aperçoit un portail — monumental, orné d'armoiries ; — elle franchit le seuil.

Elle voit un château plus imposant — que tous ceux qu'elle a vus jusqu'alors ; — de nombreux serviteurs en livrée de fête — accourent à la porte pour le saluer.

Ils baissent la voix d'un ton respectueux,

— lorsqu'ils répondent à son appel ; — lui

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