‹ Ballades anglaises et écossaisesChapitre 37 sur 39 · LE NID DE CYGNE · texte numérisé non relu

LE NID DE CYGNE

rivière en nageant et gravira la montagne, — • et s'agenouillera à ni.es pieds : — « Mon maître vous envoie ce gage, — ma dame, pour obtenir votre pitié ! — Que lui donnerez-vous en retour ? »

« Et la première fois je lui enverrai --- une rose blanche pour guerdon ; — et la seconde fois, un gant ; — mais la troisième fois, . . renonçant à mes hauteurs, je répondrai : « Le pardon, — s'il vient me demander mon amour. »

« Alors le jeune page courra, — alors mon amoureux galopera plus vite, — jusqu'à ce qu'il tombe agenouillé à mes pieds : — « Je suis le fils aîné d'un duc, — des milliers de serfs m'appellent leur maître, — mais, ô mon amour, je n'aime que toi I »

« Il me baisera sur les lèvres — alors, et me conduira, comme mon fiancé, — au milieu des assemblées où on louera ses exploits : -— et quand nos coeurs seront liés par une même foi, — je lui montrerai — le nid de cygne parmi les roseaux. »

La petite Ellie, avec son sourire — encore inachevé, se leva gaiement, — rattacha son chapeau, remit ses souliers — et revint à la maison par un long détour, — pour voir seulement, comme elle le faisait chaque jour, — combien il y avait d'oeufs nouveaux en plus des deux œufs.

Passant à travers le taillis d*ormeaux, — le cœur léger, elle remonte les détours du ruisseau — et suit le sentier de roseraie ; — elle

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se penche en avant des branches et s'arrête. — Hélas ! le cygne sauvage s'est enfui — et un rat a rongé les roseaux.

Ellie s'en alla tristement, lentement, à la maison. — Trouva-t-elle jamais son amoureux — au coursier des coursiers rouan, — en vérité, je ne sais; mais je sais bien — qu'elle ne put jamais lui montrer, non jamais, — le nid du cygne parmi les roseaux.

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