‹ Ballades anglaises et écossaisesChapitre 38 sur 39 · AU CAMP FRANÇAIS · texte numérisé non relu

AU CAMP FRANÇAIS

ous savez que nous autres, Français, nous avons pris d'assaut Ratisbonne.

— A un mille ou deux de là — sur une petite éminence, Napoléon — se tenait, le jour de Tattaque ; — le cou tendu en avant, vous pouvez vous le représenter, — les jambes écartées, ks bras croisés derrière le dos, — comme pour balancer son front incliné — et accablé par sa pejisée.

Juste au moment où il se disait peut-être : « Mes plans — dans leur essor peuvent tomber à terre, — si seulement mon général Lannes — hésite à ce mur là-bas... » — - voilà que dans la fumée des batteries émergea — un cavalier bondissant — au grand galop ; et il ne tira pas la bride — avant d'avoir atteint la colline.

Alors il sauta à terre souriant de plaisir — et se tint debout. — Il atteignait juste la crinière de son cheval, c'était un enfant. — A peine eussiez-vous pu soupçonner... — (Il se serrait si fort les lèvres — qu'il n'en sortait qu'un peu de sang.) — 11 vous fallait rc

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der à deux fois pour voir que sa poitrine — • était comme percée de part en part.

« Oui, cria-t-il , mon Empereur, grâce à Dieu — nous vous avons pris Ratisbonne! — Le maréchal est sur la place du marché — • et vous pouvez y venir — voir votre aigle étendre ses ailes — là où pour ma plus grande satisfaction — je Tai perchée ! » L'œil du maître étincela : ses plans •— reprirent leur essor comme une flamme sous le vent.

L'œil du maître étincela, puis aussitôt — s'adoucit : ainsi se voile — d'une taie Fœil de l'aigle — quand expire son aiglon meurtri.

— « Vous êtes blessé 1 » — « Non. » Dans son orgueil de soldat — touché au vif, il dit :

— « Je suis tué, sire ! » Et aux pieds du maître -* l'enfant souriant tomba mort.

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