‹ Ballades anglaises et écossaisesChapitre 9 sur 39 · SIR PATRICK SPENS · texte numérisé non relu

SIR PATRICK SPENS

A la première ligne que lut Sir Patrick, — il partit d'un grand éclat de rire; — à la seconde ligne que lut Sir Patrick — des larmes aveuglèrent ses yeux.

'< Ah! qui est-ce qui a fait cela, — qui estce qui a parlé de moi au roi, — pour nous envoyer à cette époque de Tannée — naviguer sur la mer (i) ? »

^ Qu'il vente ou qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il grêle, — notre navire doit voguer à travers les flots ; — la fille du roi de Norvège, — vous l'amènerez en ce pays. »

Ils déployèrent leursvoiles un lundi matin,

écossais envoyés à cette occasion et ne connaît pas davantage la catastrophe qui aurait terminé sa mission. Certains commentateurs ont donc prétendu que la princesse de la ballade était la mère, dont l'escorte fit, en effet, naufrage au retour, et non la fille ; d'autres ont proposé d'autres explications. Mais toutes ces discussions n'ont rien établi, si ce n'est que, d'après l'exactitude de certains détails, qu'il serait trop long d'énumérer ici, le fait et les personnages ne doivent pas être purement légendaires. On peut même supposer une première mission, dont l'histoire ne parle pas, antérieure à la mort d'Alexandre III.

Quoi qu'il en soit, la ballade est des plus anciennes et des plus connues. Parmi les différentes versions qu'on en a données, j'ai suivi de préférence celle de Walter Scott. Herder et Seckendorf ont traduit très-exactement celle de Percy, qui est moins complète.

(i) Un acte du parlement d'Ecosse défendit plus tard qu'aucun vaisseau marchand sortît du royaume entre la fête de saint Simon et la Chandeleur, tant était grande la terreur inspirée par la mer du Nord pendant l'hiver.

— avec tout lempressement possible ; — et ils ont débarqué en Noi^vége — un mercredi.

Ils n'étaient pas restés une semaine, une semaine — ou deux en Norvège, — que les seigneurs de Norvège— commencèrent à dire tout haut :

« Vousautres, Ecossais, vous dépensez tout For de notre roi — et tout le douaire de notre reine. » — « Vous mentez, vous mentez, effrontés menteurs, — aussi effrontément qu'on peut mentir !

« Car j'ai apporté autant de monnaie blanche— qu'il nous en fallait à mes hommes et à moi, — et un demi-baril de bon or rouge — a passé la mer avec nous.

« Préparez-vous, préparez-vous, mes braves camarades; — notre bon vaisseau appareillera au matin. » — « Alors, hélas ! mon cher maître, — car je crains une horrible tempête.

« J'ai vu, la nuit dernière, la nouvelle lune

— embrasser l'ancienne, — et si nous nous mettons en mer, maître, — je crains bien qu'il ne nous arrive malheur ! »

Ils n'avaient pas vogué une lieue, une lieue,

— une lieue ou à peine trois, — que les vergues disparurent dans l'obscurité, le vent s'éleva avec violence, — et la mer devint furieuse.

Les ancres se rompirent, les huniers scf brisèrent, — c'était une si horrible tempête!

— Et les vagues se précipitèrent sur le navire désemparé — jusqu'à ce que ses flancs fussent entr'ouverts.

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