QUATRE SONNETS ACROSTICHES
A la princesse Marie Bonaparte pour ses quinze ans.
M ille dons vainqueurs de l'envie A insi qu'un cortège aux flambeaux R éfléchi par ses yeux si beaux I lluminent l'enfant ravie.
E t puis la jeunesse est gravie :
15 ientôt l'âme est mise en lambeaux ; 0 n court des berceaux aux tombeaux ; N '■ défaillez pas, — c'est la vie.
A ucune douleur n'est sans loi P rincesse Marie, ayez foi A ma doctrine renommée :
R ire est l'honneur. Plaisir complé, T oui est vain hormis d'être aimée, E t le bonheur, c'est la bonté.
A Sarah Bemhardt.
S arah, lousles cent ans, Dieu tourne au débonnaire; A llendri par nos maux, il en suspend le cours, R éprend le canevas de l'œuvre des sept jours, A paise la nalure el pose son tonnerre.
« H omme, monstre râlé, dit-il, je t'exonère. B ête aux rêves chargés de sublimes amours E n qui j'ai gâché l'ange et mis l'Ame à rebours, H éalise une fois Ion vœu visionnaire...
((Ne me dénomme plus : le maître sans pitié ; H ôle du paradis je l'en rends la moitié : A ime, chante el souris, voici ton immortelle
« H egarde!... » El l'idéal perdu du genre humain, D ans l'or de sa toison, l'Eve Monde, c'est elle. T raverse encore la terre une pomme à la main.
A Blanche Barrelta, poursoti éventail de «Manon Roland».
B elle, vous tempérez d'un prénom ressemblant L e nom rude et parlant d'une race obstinée. A ucuue ne tient mieux « barre » a la destinée, N ul chrême baptismal n'oignit un front plus blanc
I '. ar une âme d'enfant, hostile au faux-semblant,
II alète dans vos yeux de reine mutinée
E I vous voilez de grâce une vaillance innée,
B rune blonde, au jeu chaste, intrépide el troublant.
A insi, type achevé de la gallo-romaine
R éveillant dans Thalie un air de Melpomène
E t soumettant au joug du goùl jusqu'à l'excès,
T out dans votre beauté que l'aria faite sienne T émoigne pour l'honneur de l'idéal français,
A vignonnaise au pied fin de Parisienne.
A Lucienne Bréval, sur les propres rimes île son nom.
L 'âme moderne en vous, femme et musicienne,
U nissant de vos dons le double festival
C hanle au pays des Franks, qu'un soleil estival
I llumine. les grands hymnes de l'âme ancienne.
É pouse de tout dieu qui vous voudra pour sienne N ullc amante du Christ, possesseur sans rival, N <• se nimberait mieux du vitrail ogival E i Ton vous rêve encore Catherine de Sienne.
13 rune fille du Rhin, dont le front minerval R esplendit des reflets d'argent du mont nival E l que l'or des torrents a pour magicienne,
V alkure échevelée aux ailes du cheval,
A îlisle à qui l'amour dit tout bas : Lucienne
L angoureuse Beauté que l'art signe : Bréval.