LA VITRE
Sous le dais ombreux des courtines Où s'est attardé mon sommeil, Un hyménpptère pareil Au Frère Jacques des matines Sonne la cloche du réveil.
De l'aurore qui la pénètre Ma chambre. s'éclaire soudain, i lomme à la lampe d'Aladin, Et dans les ais de la fenêtre S'encadre «-n tableau mon jardin.
Si la riche abeille a pour rôle De baratter le miel, il est Gravé par le Divin stylet Qu'elle eu laisse dans la corolle, Pour la guêpe, le petit lait.
Le bourdon glane, c'est sa tâche ; Il est le pauvre écornifleur Qui vit des restes de la fleur ; Mais nul travailleur n'est moins lâche Que ce parasite ronfleur.
Platon l'assimile au prophète
— Ou poète — dont le destin
Est d'être l'hôte clandestin
De la « société bien faite »,
Au haut bout, mais hors du festin.
Le mien donc, battant de l'élytre.
S'est élancé vers la clarté
Tel Mars au-devant d'Aslarté,
Mais voici que contre une vitre
— Mur transparent, — il s'est heurté.