‹ Ballades et sonnetsChapitre 86 sur 101 · LA VITRE · texte numérisé non relu

LA VITRE

Sous le dais ombreux des courtines Où s'est attardé mon sommeil, Un hyménpptère pareil Au Frère Jacques des matines Sonne la cloche du réveil.

De l'aurore qui la pénètre Ma chambre. s'éclaire soudain, i lomme à la lampe d'Aladin, Et dans les ais de la fenêtre S'encadre «-n tableau mon jardin.

Si la riche abeille a pour rôle De baratter le miel, il est Gravé par le Divin stylet Qu'elle eu laisse dans la corolle, Pour la guêpe, le petit lait.

Le bourdon glane, c'est sa tâche ; Il est le pauvre écornifleur Qui vit des restes de la fleur ; Mais nul travailleur n'est moins lâche Que ce parasite ronfleur.

Platon l'assimile au prophète

— Ou poète — dont le destin

Est d'être l'hôte clandestin

De la « société bien faite »,

Au haut bout, mais hors du festin.

Le mien donc, battant de l'élytre.

S'est élancé vers la clarté

Tel Mars au-devant d'Aslarté,

Mais voici que contre une vitre

— Mur transparent, — il s'est heurté.

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