I. ARBRE DU BOULEVARD
Oncques le nom de : « l'Arbre sec »
Ne cadra mieux — lisez « potence » -» Qu'avec cette artère où Gobseck Exerce encore sa prépotence
Sur les fêtards aux blancs plastrons Oui sèment l'or des bas de laine Entre ces mornes, hélas, troncs Du Gymnase à la Madeleine.
Œil du Monde, est-ce là ton cil?
Que fait aux lèvres indivises Du Nombril ce mirliton s'il N'exprime ni sons ni devises?
J'ai vu la rame dans les pois, — L'échalas de vignes, — la perche Vainement enduite de poix Qu'orne un vieux tube où l'oiseau perche;
L'autre, où les jours de bamboula Cocagne suspend sa timbale, Et l'espèce de jambe où la Balle au bout d'un fil se brimbale;
J'ai compris les ais du châssis Oui mime l'alphabet de Chappe, Mais, lu s- je sous la hache assis, L'arbre boulevardier m'échappe.
Pareille à ces lames de fond Qui bruissent dans les coquilles, Ecoutez la rumeur que l'ont Les catacombes dans ses quilles,
Lorsque le Métropolitain
Lui passe à travers la racine... —
Oh, c'est ton monstre, Ilippolyte, hein,
Tel cpie le décrit l'eu Racine? —
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On souffre à ses pieds dont le gaz Ronge les fibres malchanceuses; Comme celles que tord Degas Aux bas en vrille des danseuses.
Quanta sa cime, — si le mot S'applique à tant de calvitie, — Mieux vaudrait croquer le marmot Dans l'air que le chacal vicie
Que d'y chercher l'ombre d'un poil, Et je vous confie à l'oreille En cette langue dite : d'oil Où Mirèio s'écrit : Mireille,
Que, la nuit — d'honneur, ce nVsl point Pour rimer avec Pampelune — Il dresse plus d'1 sotis un point Qu'on n'en peul compter de la lune !
De repas, pas. — Si, j'en saute un, Mais Tunique, à la Mi-Carême.
Talleyrand, évêque d'Aubin, Ne souffrait plais que de Carême ;
Ainsi, le Carnaval, rival
De ce maître-queux en goguette,
Fait l'aumône d'un festival
Au triste jonc que Verdier guelle.
Quand les masques et les pantins Parmi les snobs à chapeau lisse Dérubannent des serpentins
Autorisés parla police.
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El qu'on nous monte ce bateau De balader par la gTand'yille Dans un jardin peint par Walteau Des animaux peints par Grandville,
L'arbre mange, — considérons Que c'est à la quadragésime. — Des confetti qui sont des ronds De pain à cacheter azyme !
Puis, au marronnier du vingt mars, L'abeille pend ses chrysalides; On dirait que le Champ de Mars Pousse aux pilons des Invalides;
Les passereaux, toujours en Heurts Cl plus chauds que le rat à squares Distillent les premières Heurs Sur les gilets des rastaquouères ;
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Ça germine sur les for tifs, Et le pavé de la caserne, Usé d'exercices sportifs, Se vertrde-grise de luzerne;
Mais c'est des voitures à bras Pleines de gerbes près d'éclore, Qu'il apprend, le pauvre arbre ras.
Que le printemps en fait sans chlore!
Suit l'été. Sous le plomb fondu Oui calcine nos Janicules Et dont Réaumur confondu Ne marque plus les canicules,
La charmille aux petits boursiers Se couvre de ces hippobosques Friands du naseau des coursiers El <lu front des dames de kiosques :
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Le vent, qui chasse d-Argenteuil La poudre lie où mûrit l'asperge, Parfume le cil du grand OEil Du benjoin dont il nous asperge.
Il bourgeonne, mais ses surgeons Si rares que le ciel en tonne, Avortent comme œufs d'esturgeons Quand le Russe les presse en tonne.
Automne et fin. L'arbre et martyr, Dans l'asphalte qui le délabre, Reprend sans plus s'en départir Son office de candélabre.