‹ Ballades et sonnetsChapitre 93 sur 101 · VI · texte numérisé non relu

VI

Pourtant il a vécu, ce pieu !

Il a môme changé d'écorce ;

Que dis-je, on rébranche! Ah ! mon Dieu,

Craint-on qu'il ne masque l<' < lorse

Sur sa colonne? 0 mon poteau Qu'as-tu respiré pour ton rhume?

Est-ce l'haleine de l'auto Que le sol boit et que l'air hume ?

Est-ce la sueur des torrents Humains, l'absinthe des terrasses, Ou le graillon des restaurants Où l'Europe mêle ses races ?...

Mais nul ne le saura jamais Et les plus doctes compagnies Jettent la clef aux Regameys Et la serrure aux Harpignies.

Or, pendant que sous le haubert Dont les arme la Connaissance Les deux prud'hommes de Flaubert Estocadent sur son essence,

l'arbre du boulevard 257

Le bon sens", l'éternel, l'inné,

Celui de Sarcey de Suttières

M'a nommé l'arbre : — à loi, Linné ! —

L'acacia de pissotières.

PINDÀRIQUE ET FUNAMBULESQUE

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