‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 102 sur 139 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Dans l'autre vie, nous serons tous près les uns des autres. Le temps et l'espace n'existeront plus : la belle et magnifique chose pour les affections !

En attendant, vous voilà avec deux avenirs, l'un doux, l'autre beau. Vous avez donc une double couronne, celle d'auteur et celle de mère. Vous la méritez bien.

Toutes mes tendresses à M. d'Hautefeuille et à celui qui va être un homme.

Mille et mille tendresses les plus tendres et les plus respectueuses.

Soyez assez bonne pour me rappeler au souvenir de votre nouvel ami. Hélas ! celui qu'il remplace n'est point absent de notre pensée.

Au revoir. Vous savez à présent quel joli petit lit blanc vous attend toujours. Il voudrait bien vous garder un peu plus chaque fois qu'il vous recevra.

Hébal.

5 janvier 42.

M. d'Hautefeuille a trouvé Mme Récamier fort souffrante. Elle l'est encore, et depuis, elle n'a pas quitté le lit. C'est le joli petit lit blanc que vous connaissez, et que l'on roule dans le salon. Voilà donc un lit qui est supérieurement habité de temps en temps. Soyez bien certaine que M"e Récamier est très heureuse lorsqu'il est habité par vous; elle voudrait seulement que ce fût très souvent et un peu longtemps ; elle n'oserait pas dire toujours parce que cela n'est pas possible, et qu'il faut de la modération dans ses désirs.

Elle a lu La fille de Jephté, je lui ai lu la Samaritaine (0. Elle a été fort contente de la première, et la seconde lui a fait aussi un vrai plaisir. Mais elle ne la met pas encore sur lamême ligne que l'Orne exilée. Selon elle, l'Orne exilée reste votre diamant. Toutefois, je veux vous dire qu'après

(i) Deux morceaux du livre : Les Sœurs des Anges.

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avoir relu Léa Cornelia, elle a trouvé qu'on avait été fort injuste à son égard. EUle admire beaucoup la première et la dernière partie. Je suis de son avis, et je pense qu'un jour, elle sera mise à sa véritable hauteur. Je sais que vous et M. d'Hautefeuille vous préférez le Lys d'Israël. Je suis aussi de votre avis, mais ce qui, à mon gré, est une si grande distinction du Lys d'Israël, c'est un parfum de foi qui s'en exhale pour les véritables croyants. Quoi qu'il en soit, votre place est belle, très belle. J'en suis ravi.

Vous êtes bien aimée par M™^ Récamier et vous le méritez. Vous êtes bien aimée de moi et je le mérite. N'est-il pas vrai qu'il y a des affections qui sont une promotion?

Toutes mes tendresses à vous, à ce fils qui est si heureux d'avoir une telle mère.

Hébal.

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