‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 109 sur 139 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

J'attends avec une vive impatience le volume de Cousin sur Pascal.

Mille et mille tendres respects, et mille et mille tendresses respectueuses.

Hébal.

3 décembre 42.

Dans ce moment, le soleil est sur ma table; il doit faire bien bon à Saint-Vrain. Dieu veuille que ce soleil vous fasse du bien à tous, et en particulier à M. Hetsch.

M. Guillemonm'a ditque toutes vos santés étaient bonnes, à l'exception de celle de M. Hetsch avec qui il a pu peu causer, à cause de cela. M. Guillemon m'a aussi dit que vous vous étiez remise à Saint Louisi^).

Cousin imprime un volume sur Pascal. Je suis très impatient de le voir et de le lire. Je suis décidé, si ma santé me le permet, à écrire, à cette occasion, sur la responsabilité humaine, question dont je me suis tant occupé, qui est le fond de la formule générale de l'histoire, question redoutable qui, selon moi, a fait chavirer Pascal, et, de nos jours, l'abbé de Lamennais. Au reste, on ditque ce dernier est en voie de retour. Nous verrons bien.

J'ai assisté à l'ouverture des cours de M. Lenormant sur les origines de la société moderne. Il m'a fait un grand plaisir par la manière dont il a complètement annulé Strauss. Je ne l'ai point lu, mais je pense tout à fait comme M. Lenormant.

M™® Récamier a été souffrante pendant quelques jours, elle est bien à présent. Je puis vous dire que toutes ses pensées de printemps se dirigent sur Saint-Vrain.

Savez-vous que le livre de la Princesse prend un certain ascendant. 11 n'y a pas encore discussion, mais je vois

(i) Ce travail de M"' d'Hautefeuile parut dans douze numéros du C orrespondant {iQ ïii3ivs i85oà i854).

qu'on est disposé à le compter pour plus qu'on ne s'y attendait. On le traduit en italien.

Si je fais mon livre sur Pascal, je crois que j'ouvrirai quelques horizons, et que je soustrairai la question à l'éclectisme de Cousin.

M. Guillemon m'a paru très satisfait de la santé de M. Charles; j'en ai été ravi.

Mille et mille respectueuses tendresses et mille et mille tendres respects.

i5 décembre 42.

Je continue à me bien porter, mais Mm* Récamier a toujours , de temps en temps, quelques petites crises qui quelquefois n'aboutissent pas et qui se prolongent alors. M. de Chateaubriand a été quelques jours presque découragé. Ses jambes lui refusent souvent leur service. On trouve que je quitte des années ; à la première occasion, je saurai bien les reprendre. Je m'occupe, mais par la pensée seulement, de Pascal. Il s'agit de ce grand problème à la solution duquel je travaille depuis quarante ans, à savoir le problème de la responsabilité humaine. J'engage M. Guillemon à faire quatre ou cinq biographies : Keppler, Copernic, Leibnitz, Newton, Pascal. Cela ferait un beau volume. Mon travail sur Pascal seul formerait un autre volume.

Voici une autre victime récente du grand problème.

M. Jouffroy a laissé des manuscrits qu'on a voulu imprimer .

Lorsqu'on a commencé l'impression, on s'est aperçu du coup qui pouvait être porté à l'enseignement philosophique universitaire.

De là des altérations que l'on peut prouver.

Comprenez la grande joie des ennemis.

On parle de la possibilité d'une nouvelle évolution de M. de Lamennais.

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