CHAPITRE XII. 2Î
Cette loi, c'est la solidarité absolue de tous les éléments de la matière.
La loi newtonienne n'est que l'expression de cette solidarité universelle.
L'attraction et la répulsion sont la pulsation de cette vie universelle de la matière.
Pascal avait fondé l'hypothèse du poids de l'air. Je lui substitue la loi de solidarité de tout l'air qui compose notre atmosphère, de tout le fluide quelconque dans lequel se meuvent tous les globes.
La force qui fait monter l'eau ne vient pas seulement de notre atmosphère, mais elle vient de Sirius et au delà, jusqu'aux dernières limites de l'espace, comme la lumière qui arrive à l'œil du ciron est toute la lumière diffuse dans l'espace.
Au reste, les inventions de M. Wronski n'ont aucune ressemblance avec les miennes.
J'obtiens un résultat analogue. Je crois être plus sûr de mon aflaire parce que ma méthode est toute simple.
Je n'ai nul besoin de connaître la création ; il me suffît de me servir d'une des lois , une loi bien constatée de la création.
Pascal aurait trouvé cette loi s'il n'eût pas été envahi immédiatement par l'empirisme que venait d'apporter Galilée.
C'est le moment où la science traditionnelle allait céder la place à la science expérimentale.
Le protestantisme envahissait tout le domaine de l'esprit humain.
Je vous ai déjà dit ce qu'il en a coûté à Pascal.
Il me semble que je réponds peu à votre lettre.
Cependant vous voyez que je n'ai point perdu de vue le moteur dont je vous ai parlé.
Mon moteur doit être construit en raison même de cette loi de solidarité qui gouverne tous les fluides.
23o BALLANCHE ET M""^ d'hAUTEFEUILLE.
Un seul mot des santés qui vous intéressent : elles sont aussi bonnes que possible.
Je commençais à regretter le beau temps , mais il est devenu incertain.
Mille et mille tendresses.
J'avais à vous parler de bien d'autres choses, mais j'ai été envahi par ce malheureux gros volume de M. Wronsld. Je ne veux cependant pas quitter la plume sans vous dire toutes les tendresses de M°^^ Récamier.
8 novembre 43.
Votre; lettre m'inquiète réellement pour votre santé à cause de la saison. M. d'Hautefeuille se plaignait aussi de douleurs. Ces plaies incessantes font un mal affreux.
Depuis ma dernière lettre , Mme Récamier a fait une chute inconcevable, heureusement sans suite. On place des calorifères au Luxembourg. On a fait des trous très profonds qui vont jusqu'aux caves. M'"« Récamier allait au musée et elle est tombée dans im de ces trous. Elle a été retenue en chemin par un tuyau placé sans être fixé. Quand M, Pasquier a vu le trou , il a frémi. Le fait est que ce qui n'a été qu'un accident pouvait être un énorme danger. M"^° Récamier n'a point été trop effrayée, ni trop ébranlée. Elle s'est immédiatement promenée au Luxembourg, et elle en a été quitte pour une légère contusion à l'épaule qui, cependant, lui a fait mal pendant plusieurs jours. Je crois même qu'elle s'en sent encore.
Son valet de chambre est remis , mais il ne peut encore reprendre son service.
Voilà que les inondations recommencent dans le Midi, Je crains bien que cet hiver ne soit très calamiteux.
Le voyage du duc de Rordeaux est la chose la plus simple du monde. Ce pauvre jeune prince a un besoin bien naturel de se soustraire un peu aux ennuis de l'exil. Les