‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 25 sur 139 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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mais il n'exlialait aucune odeur. Maintenant, je ne sais comment ceci sera raconté dans les journaux; c'est M""" Waldor et ses amis qui s'en mêlent. J'ai donné mon petit discours, parce que je ne veux répondre que de mes paroles ; et vous comprenez bien que je les accepte toutes, et que mes amis peuvent toutes les accepter. Dans ce moment, je ne sais que M'"« Récamier, vous et moi qui sentions de la même façon sur ceci. Je me suis bien aperçu là de la sympathie pour la chose elle-même. Et je suis tellement dominé par les sentiments généraux que j'ai eu le mouvement de m'associer à une impression si vraie et si naturelle, au fond. Soyez persuadée que nous sommes en petit nombre, et que la multitude a encore bien à faire avant de nous atteindre dans la voie du spiritualisme. J'espère que vous m'accorderez mon bill d'indemnité ; je vous dirai, pour vous y déterminer, que M"^ Récamier a été d'avis que je ne pouvais pas faire autrement. Elle m'a approuvé avant, et la manière dont la chose s'est passée nous a pleinement justifiés.

M. de Kergorlay a été, hier, un instant à Paris. Je suis allé pour le voir, il n'y était déjà plus. Mais j'ai appris que toutes les santés sont bonnes. Je vous donnerai aussi de meilleures nouvelles de la santé de M""= Récamier. Elle paraît décidée à prolonger sou séjour à Passy, et je crois qu'en eflet c'est ce qu'elle a de mieux à faire. Je suis moins content de la santé de M. de Chateaubriand. Il est réellement excédé de travail, et il a grand besoin d'arriver à la tin du mois, pour prendre un peu de repos.

Vous ne sauriez croire combien je suis préoccupé des pauvres exilés de Prague. Il paraît que nos princes actuels sont très bien reçus partout. Jene puis ni m'en étonner, ni le trouver mauvais. Mais jugez quel bouleversement d'idées cela doit exciter dans cette pauvre petite cour délaissée. Décidément, il y a trente millions de Français qui se pas-

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sent fort bien de Henri V, et l'Europe s'accoutume à n'y plus penser.

Donnez-moi, je vous prie, des nouvelles du désert, et soyez assez bonne pour me parler des santés.

HÉBAJL.

2 juin i835.

Vous le savez bien , ce n'est pas la bonne envie qui me manque. Mes lettres s'empilent, et ma paresse augmente en raison des efforts que je fais pour la raison. Le temps a toujours été un grand maître pour moi ; et toujours le temps a lîni par venir à mon secours. Cette pauvre Ville des Expiations, je l'arrache de ses vieux fondements, je dis vieux, car à l'heure qu'il est, il y a près de vingt ans qu'elle a été faite une première fois. Je l'arrache donc de ses vieux fondements pour la soulever tout entière et la placer dans une sphère plus élevée. Savez-vous que de voir disparaître autour de moi de belles réputations si bien établies, me donne une fière tâche ? Dieu me soit en aide ! J'espère toutefois me présenter avec deux volumes de plus aux suffrages de l'Académie , d'ici à l'entrée de l'hiver. Vous comprenez bien que les suffrages de l'Académie sont ici pour vous faire rire dans voti'e solitude de Saint- Vrain. Et j'avoue qu'au fond, je songe peu à l'Académie, mais beaucoup à ce public qui grossit à vue d'œil, et qui va devenir très exigeant.

Je me suis mis à lire les Souvenirs d'Orient (i). Hélas ! Vous avez trop raison. Mais nous n'y pouvons rien. J'attends la brochure promise de l'abbé de Lamemiais. Je ne l'ai pas revu depuis notre fameux dîner. Nous nous sommes pourtant cherchés, mais je crains bien que ce ne soit pas avec assez d'ardeur. M. et M™* de Lamartine sont toujours excellents.

(i) Souvenirs d'Orient, par Henri Cornille.

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