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CHAPITRE IV

ses et dofinis par les lois ; et. devant uu tribunal moral, des délits non caractérisés et non définis.

Ce tribunal moral devrait être l'esprit public, mais il n'existe point encore chez nous, et il n'existera pas de longtemps.

Formons donc un grand jury national de la liberté de la presse.

Que ce jury soit indépendant, et en dehors ou au-dessus de tous les pouvoirs constitutionnels.

Et qu'il rende des arrêts sévères, mais dépourvus de toute sanction pénale.

En attendant, je suis peu en peine. Malgré les lois draconiennes, comme on les appelle, la discussion continuera sans interruption. Seulement elle sera un peu plus contenue. Pour le moment, le pays est très disposé à supporter les lois qu'on lui a faites. Il y est disposé, parce qu'il veut un temps d'arrêt, une trêve de Dieu, pour travailler à sa propre organisation. Il est las d'avoir toujours à la main la truelle et l'épée ; il voudrait bien pouvoir un peu manier à son aise la truelle toute seule. Mais il faut, dès à présent, prévoir le moment où il croira n'avoir plus besoin de cette trêve de Dieu.

En attendant encore, continuez vos distractions qui, pour vous, deviendront une œuvre réelle, portant des fruits.

On a assez travaillé à la régénératien matérielle de la société, il faut travailler à sa régénération morale. Cette tâche nous appartient, et vous êtes, dès à présent, comprise dans le nous.

Vous devez nous apparaître à la fin du mois. Dans cette espérance, je vous dis moins tristement adieu, ainsi qu'à toute l'excellente colonie.

Hébal.

Tout en s'occupant de ses propres œuvres, Bal-

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lanche surveillait journellement les essais bégayants de sa correspondante. Dans le domaine littéraire, il fut le véritable père de M""" d'Hautefeuille. i

6 novembre i835.

Vous êtes mille fols bien bonne , et mon silence vous inquiète. Hélas! Mon Dieu! C'est que vous ne tenez aucun compte de la paresse. Voilà ce qui arrive. On reçoit une lettre qui fait grand plaisir. On veut y n'^pondre de suite, Pas du tout. Entre un importun, puis im autre, puis un autre. On renvoie au lendemain et les lendemains sont funestes parce qu'ils sont sur le chemin de l'éternité. Autre chose. Je voulais, par ma première lettre, vous dire le jour et l'heure où je commencerais à imprimer. Et encore aujourd'hui je ne saurais vous dire le jour et l'heure. Mais ce sera vers le i5 de ce mois. Vous allez croire que j'ai beaucoup travaillé pour en être là. Vous vous tromperiez prodigieusement. Mais jamais il ne m'est arrivé d'avoir fini un ouvrage lorsque je commence l'impression. Il me suffit qu'une bonne partie soit faite, et que ma pensée soit complète. Or, c'est précisément à ce point que j'en suis.

Je n'ai aucun souvenir de l'article Dieu. Il me paraîtrait que le commencement tient à la forme d'un titre de dictionnaire, et que ce commencement doit disparaître lorsque le moment sera venu de placer quelque part la notion Dieu, ce qui ne peut pas manquer d'arriver dans la Ville des Expiations. Mais je suis bien sûr que le comité de Saint- Vrain a ajouté à l'article Dieu tout ce que vraisemblablement j'y ajouterai moi-même. Voilà ce que c'est. A bon entendeur, salut. J'ai confiance en la notion nouvelle, ou à ce qu'il y a de nouveau dans la notion, et ce que vous avez l'extrême bonté de me dire me confirme dans cette confiance.

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