CHAPITRE V
inconnu dont la bonté délicate à coup sûr voudra bien me pardonner, je l'espère.
Sainte-Beuve.
Cette critique qui, selon Ballanche, élaii dépourvue de sens, dut arrêter un instant la plume de l'auteur féminin.
Décembre 36.
Et d'abord, je vous dirai que je n'ai eu nulle peine pour l'autorisation. Je n'ai pas écrit une ligne, et s'il y a eu beaucoup d'écritures faites, je ne m'en suis point mêlé. Je n'ai fait que transmettre vos ordres à diverses écritoires.
Ensuite, je vous dirai que je n'aurais jamais cru qu'il fût possible d'aller aussi vite. Je ne connais que vous et M. de Chateaubriand pour une telle célérité. Je suis ravi de votre liberté dont vous voulez nous consacrer une bonne part. Saint-Chéron vous offre tout ce dont il peut disposer pour les journaux. 11 me charge de vous dire combien il désire vivement que vous vous occupiez de Jeaime d'Arc.
Je suis allé , hier soir, voir M""* Swetchine , qui vous aime bien , et qui n'a jamais eu une meilleure santé. M™* Récamier et M™« Swetchine se sont fort reprises. Vous allez être trois femmes dans un bonnet, et même quatre, car M°"^ de Lamartine ne saurait être en dehors du cercle magique. Je dirai toutes vos tendresses à M"« Récamier, qui vous les rend parfaitement.
Je suis loin de croire au ministère de M. de Lamartine, et lui-même ne paraît ni y croire, ni s'en soucier.
Les intrigues de la coalition blessent toutes mes susceptibilités. Je ne sais ce qui en adviendra.
Mille tendres et respectueuses amitiés. Hébal.
Enfin, à force de les demander, j'ai pu voir de vos bonnes feuilles. Je suis fort content de l'exécution typographique. Vous réhabilitez les presses de Bailly.
8o BALLANCHE ET M"« d'hAUTEFEUILLE.
La mort a été bien cruelle cette saison.
Vous savez que la princesse Marie est fort menacée.
6 février 37.
Depuis vous, M'^e Récamier a été toujours de plus en plus souftrante. Enfin la grippe est survenue par-dessus, l'inflammation a gagné. Il a fallu agir comme pour une fluxion de poitrine. En vingt-quatre heures, elle a été saignée trois fois. M. Récamier s'est fait assister d'un confrère, M. Cayol, médecin excellent et sage. Maintenant, elle est en convalescence, mais elle exige encore de grands ménagements, et elle ne sera rétablie qu'à la belle saison. Vous voyez qu'il y a eu un instant d'inquiétude réelle. Nous n'aspirons plus qu'au moment où nous pourrons nous aller établir à la campagne. Ce sera sans doute Passy.
Je suis toujours très enrhumé. M™* Villars est grippée et son iils est malade auprès d'elle. Le domestique de M™» Récamier a été grippé , ainsi que celui de M. Paul David.
La moitié de Paris est malade. Je crois que vous vous êtes retirés au bon moment.
Je suis désolé que M. Sivry passe les nuits pour moi. Lorsque je priais M. Wilson de me rapporter les notes, c'était la bonne occasion que j'avais en vue. Mais il était bien loin de ma pensée de croire que M. Sivry serait obligé de passer les nuits.
J'ai reçu la petite préface , mais avant de la donner à l'imprimerie, je veux un peu l'examiner.
Je suis plus tranquille, mais, en vérité, j'ai été fort inquiet.
M. de Chateaubriand va bien.
M. et Mme Lenormant vont bien.
Ampère va bien.
Mille tendres respects et compliments.