‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 55 sur 139 · CHAPITRE VI. lOO · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. lOO

Hier a paru un feuilleton du Journal des Débats, contenant mon article sut Lé a Corné lia. J'a.i trouvé que je l'avais un peu trop écourté, mais ces choses ne se lisent pas avec assez d'attention pour qu'on sente ce qui manque. La préface, qui doit demeurer, viendra en son temps.

Je vous ai écrit avant-hier : il paraît que nos lettres se sont croisées.

J'ai reçu l'article de M. de Sivry. Je le remettrai au Journal général qui avait inséré celui sur l'.-lme exilée.

M. Delloye est revenu soulliant de Londres ; et je le crois fort découragé de la librairie. Il m'a promis de vous envoyer le Journal des Débats d'hier.

Quant à M"« Récamier, toujours mêmes vicissitudes. Pendant quelques jours, le mieux était incontestable. Depuis quelques jours, le malaise est plus considérable. Et alors, tristesse et découragement. Mais la situation est la môme. Et, à part le mal existant, qui n'a pas fait de progrès, la santé générale a plutôt gagné.

Je ne comprends pas bien les critiques de M. votre frère. Il faut bien s'attendre aux choses auxquelles on doit s'attendre le moins.

Mille tendres amitiés.

Parlant des journaux, Donald les jugeait « des feuilles fugitives, oubliées aussitôt que lues, qu'on ne relit plus, qu'on conserve encore moins ». L'auteur d'Antigone partageait cet avis puisqu'il écrivait à Ampère : « Les saturnales du feuilleton français envahissent le monde. » Cependant les gens de lettres n'ont jamais eu tort d'utiliser également le livre et la presse pour atteindre la réput-ation. Ballanche, lui, estimait suffisant de se

Io6 BALLANGHE ET M'"^ d'hAUTEFEUILLE.

consacrer aux grands ouvrages dont l'effet plus lent n'en est que plus profond, plus assuré.

17 juillet 37.

Je vous en conjure, ne vous laissez pas trop dominer par la pensée des journaux. Le Globe, dans un temps, m'a traité fort légèrement. Dans un article de M. Romand, la Revue des Deux Mondes a supprimé des passages où j'étais placé trop haut. Lors de la candidature à l'Académie, cette même revue discuta les noms des concurrents et s'abstint de citer le mien. Le Journal de Paris trouva très singulier qu'on pût hésiter à préférer M. Scribe, etc.

Affaires de coterie. M. Buloz a toujours un tyran. Dans un temps , c'était Victor Hugo ; à présent , c'est Gustave Planche. Ce qui doit vous rassurer, c'est que votre nom ne peut plus être effacé. C'est un grand bonheur que ÏAme exilée ait eu du succès et Léa conquerra le sien.

M. Sivry me dit qu'il a été question du prix Monthyon. Il est possible que vous rendiez à l'Académie l'important service de donner un prix à propos, chose qui serait souvent dans ses désirs, mais qui n'est pas toujours dans ses possibilités.

Voici une idée qui m'est venue au sujet de la future préface.

On ne tire, m'a-t-on dit, qu'à 5oo\' Ame exilée en conservant les planches.

Il serait possible que lorsque cette nouvelle édition sera épuisée , il fût convenable , en procédant à un nouveau tirage, de faire une nouvelle édition aussi de Léa.

Alors, on pourrait peut-être mettre la préface à l'Ame exilée au lieu de la mettre à Léa.

Il y aurait deux raisons pour cet arrangement.

La première, c'est que le volume de VAme exilée est moins fort que les trois autres de Léa.

La seconde, c'est qu'il y aura toujours plus d'acheteurs

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