‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 56 sur 139 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

pour l'Ame exilée, et que les acheteurs seraient sollicités à se compléter par Léa.

Voyez.

Depuis son voyage à Londres, je trouve M. Delloye fort découragé des affaires de librairie. Ce découragement ne nous regarde point , mais il doit nous nuire un peu, parce que, bien entendu, il ne pouvait que nous faire entrer dans un mouvement général.

Si vous avez, en ce moment, votre copiste sous la main, je vous prie de vouloir bien faire copier la future préface à mi-marge. Vous auriez l'extrême bonté de me l'expédier par la même occasion. Je la reverrais avec soin. J'y ferais les dernières corrections ; et je vous la renverrais ensuite pour que vous puissiez en disposer à votre gré lorsque le moment sera venu.

Je voudrais que ce fût le plus tôt possible , parce que dans la circonstance où je suis, je ne sais plus ce que je deviendrai d'ici à très peu de temps. Il a été question, ces jours-ci , de faire le voyage des Pj'rénées , mais on a été arrêté par cette idée qu'un voyage était indispensable pour échapper, cet hiver, au climat de Paris, et que deux voyages, coup sur coup, c'était beaucoup.

Je suis donc un peu comme Toiseau sur la branche.

Au reste, ce ne sont pas les voyages qui peuvent m'empècher de travailler si , d'ailleurs , je suis ime fois posé quelque part, et si j'ai l'esprit plus tranquille.

Le jour où je vous ai écrit de si bonnes nouvelles, j'en écrivais aussi à M°'<' Lenormant, qui est en Normandie. Elle s'est empressée de féliciter sa tante qui en a été fort vivement attristée , parce que ces félicitations tombaient dans un moment fâcheux. Je vois bien que je m'étais exagéré le mieux, surtout pour la malade qui ne s'était jamais sentie dans la véritable voie de retour à la santé.

Je crois que le voyage inopiné des Pyrénées et les déli-

Io8 BALLAXCHE ET M"^ d'hAUTEFEUILLE.

bérations auxquelles il donnait lieu n'ont pas peu contribué à irriter les nerfs si ébranlés de la malade. Mille tendres et respectueuses amitiés.

Hébal.

7 août 37.

Voici un M. Chaudes-Aiguës, dans la Revue de Paris, qui divague comme M. Souvestre (D. Mais au moins M. Souvestre avait cité. Je vous l'ai déjà dit^ c'est une dure parole que le mot expiation. On a l'air de croire à une réaction préméditée. Et M. de Carné aurait bien fait de s'abstenir de l'énoncer. Il fallait que la réaction fût dans le public et non dans vos amis. Il en résulte que les adorateurs des faux dieux veulent résister. Buloz combat pro aris et focis. Mais il ne faut pas que cette résistance vous inquiète; vous finirez par triompher. J'ai surpris un mari lisant Léa Cornelia à sa femme ; et ils en étaient l'un et l'autre bouleversés. M. de Kergorlaj-, qui a eu la bonté de venir me voir ici, pense comme moi.

Demain, M. Delloye met en vente la nouvelle édition de l'Ame exilée; c'est avec les ailes de Y Ame exilée que nous ferons sortir Léa Cornelia du banc de sable où l'on voudrait la retenir.

Je ne suis point d'avis cfue a'ous vous mettiez sur les rangs pour le prix Monthyon. Cela se fera , si cela doit être fait.

Je n'ai point encore vu M"^ Swetchine. Cela m'est assez difficile, car ma vie est arrangée d'une manière tout à fait incommode pour beaucoup de choses.

Mon grand intérêt est de me préparer au départ, s'il doit avoir lieu. Rien encore de décidé. Mme Récamier est mieux, mais il faudrait un mieux plus caractérisé pour un voyage. Si le voyage n'a pas lieu, elle s'établirait aux Néothermes

(i) Dans la Revue de Paris du i" août 183;;, Chaudes- Aiguës avait écrit un article assez dur sur Léa Cornelia.

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