CHAPITRE VIII. l
récrivain, car les amis lettrés voyaient avec regret M™^ d'Hautefeuille se jeter dans des conceptions bizarres et accusera chacun de ses ouvrages, depuis Y Ame exilée, un déclin progressif. Seul le bon Ballanche marchait droit son chemin.
8 mai 4o.
Je ne suis point étonné que vous ayez pour vous les prêtres et les jeunes femmes.
Il nous faut, à vous et à moi, une nouvelle génération.
Je crois que je prendrai des arrangements avec Delloyc. Je ferai mon édition monumentale, et lui fera une édition de petits volumes à 35 sous. Tel est le projet qui me convient assez.
On vient de publier deux volumes sur Charlotte Corday et une sorte de réhabilitation de Marat (0.
Dans une note, on cite les fameuses lettres publiées par MM. Ballanche et de la Gervaisais.
L'auteur du livre nouveau établit que la royauté et non le roi a été frappée, le 21 janvier. Louis XVI était un très honnête homme. Marie-Antoinette était digne. Madame Elisabeth était une sainte. Enfin, il y avait dans toute cette cour des mœurs. Et alors, arrive la ligure de cette princesse qui aima si purement et si chastement un oflicier de dragons.
Vous voyez donc que les lettres avaient une signification, et que cette signification devait être un jour saisie par d'autres que par vous et par moi.
Il en sera de même pour Angélique.
Je ne vois toujours point paraître le petit article.
Mille tendres et respectueuses amitiés.
Hébal.
(i) L'un de ces livres était d'Alphonse Esquiros.
l56 BALLANCHE ET M.""^ d'hAUTEFEUILLE.
23 mai 4o.
Je vous dirai que je ne suis pas trop content de ma santé, non pas qu'elle rétrograde, mais elle n'avance pas, ce qui m'est une raison de plus pour ne pas tarder.
Aussi, ai-je commencé à imprimer, et même j'ai déjà entre les mains les premières épreuves.
Je ne suis pas encore très pressé pour le travail de dévouement de M. de Sivrj'; mais d'ici à moins d'un mois, j'en serai très pressé.
Je vois que mes épreuves me retarderont beaucoup, car, sans cela, je dirais moins d'un mois.
J'ai renoncé à M. Delloye. Je fais tout par moi-même.
Je ne vois point mon petit article dans le Journal des Débats ; maintenant il serait trop tard, parce qu'il faudrait un véritable article. M. Jourdain croit qu'il ne faut pas, en ce moment, provoquer la discussion ; je suis assez de son avis.
Il faut laisser l'opinion saine se former, sans taquiner l'autre qui s'irriterait.
Les prêtres et les jeunes femmes sont pour vous, et d'autres encore qui ne sont ni prêtres ni jeunes femmes.
Mais, au nom du ciel! ne vous découragez pas. On ne saura réellement pas à quoi s'en tenir sur vos tendances que lorsque vous aurez clos votre cycle.
Il nous faut notre Jehanne.
jyjmc Récamier a toujours les mêmes alternatives. Il n'est pas bien étonnant qu'il y ait de l'incertitude dans ses projets.
Quant à moi, je m'abstiens d'en former. Une seule chose m'occupe sérieusement, c'est la ferme pensée de clore aussi mon cycle.
Mille tendres et respectueuses amitiés.
HÉBAL