‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 9 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Ses sentiments étaient un mélange inouï d'admiration, de tendresse exquise et de complète vénération. Elle était à ses yeux Antigone, Béatrix, Eurydice, la fille de sa plus pure vision. Et lui était devant elle OEdipe, le Dante et Orphée tout ensemble, l'aimant comme un père, comme le chaste époux de son âme virginale et aussi comme le poète inspiré adore les rêves d'or et d'azur de son génie. Il avait raison de le dire : ce n'était pas de l'amour qu'il avait pour M™" Récamier, c'était la lleur, l'essence et la rosée de tous les sentiments d'une âme d'élite qu'il répandait à Ilots sur l'être le plus charmant, le plus idéal qu'il eût pu rêver, sur celle qui résumait toutes les beautés de l'âme révélées par la beauté la plus parfaite. »

Ces phrases qui prouvent le néant d'envie sont l'exact reflet des sentiments éprouvés par leur auteur. Le brave Ballanche les connut, put longuement s'assurer de leur pureté et c'est à cause d'eux que dans l'océan d'amour qu'il avait formé pour Juliette, M'"'' d'Hautefeuille eut l'avantage de bénéficier de quelques gouttes d'eau.

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