‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 96 sur 139 · CHAPITRE X. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. l

pas, je choisirai pour Saint- Vrain les convenances de mes inventions*

J'ai toujours oublié de vous remercier de la caisse de biscuits. Vous êtes mille fois trop bonne de me soigner aussi bien de loin que de près.

Donnez-moi des nouvelles de M. de Sivry lorsque vous en aurez.

Je me réjouis de tout le bonheur que vous donne M. votre fils.

A une dernière lecture de M. de Chateaubriand se trouvait M'"^ de Kergorlay qui a paru s'y intéresser vivement : c'était un épisode cjue vous connaissez, je crois, les Centjours à Gand.

Je viens de lire le nouvel écrit de M. de Lamennais ('). C'est un des plus tristes symptômes de ce temps. Toutefois, je trouve qu'on a bien tort de le retenir en prison.

Mille tendres et respectueuses amitiés à vous, à M. d'Iiautefeuille, à M. votre fils qui va être un homme.

Hébal.

Espoir et découragement, bonne humeur et tristesse, voilà les reflets successifs des lettres qui se suivent tous les quatre ou cinq jours. Ballanclie contemple les actes- du gouvernement, lit les écrits de Lamennais, et s'écrie : « Ce temps est un temps de dégringolade! » Quarante-huit heures plus tard, il se réjouit d'une visite d'Edgar Ouinet; le 3 juin, il apprend la mort du duc de Doudeauville survenue la veille à Montmirail, et })eu après il va, en compagnie de M™" Récamier, de Chateaubriand et d'Ampère, faire un petit dîner au restaurant, mais

(i) Discussions critiques et pensées diverses sur la religion et la philosophie, Paris, i84i, in-8.

l86 BALLANCHE ET M'"^ d'hAUTEFEUILLE.

il ne prend qu'une soupe au lait. Modeste partie fine !

i6 juin 4i-

J'ai reçu hier une lettre de M, de Sivry, de Florence, je vois qu'il passe par Milan et Genève.

Il a trouvé à Florence les 3oo fr. qui l'attendaient ; il trouvera à Genève 3oo fr. que je lui envoie aujourd'hui.

Il me parle avec une sorte de ravissement de sa santé et du plaisir qu'il éprouve à se retrouver près de France.

Je suis très embarrassé de lui écrire, car je ne sais en quels termes vous êtes, quant à présent.

J'ai reçu, à la fois, deux lettres de Justin Maurice qui me dit tout ce qu'il est possible de dire au sujet de ses amis.

Il voudrait deux exemplaires de Jeanne d'Arc, l'un pour lui, l'autre pour la grande-duchesse ; mais il désirerait une dédicace de vous pour la grande-duchesse, qu'il dit française par les goûts et même par le cœur.

Avez-vous des nouvelles de votre envoi au czar ?

Je suis encore à barboter dans les expériences, mais tout me confirme dans mes idées.

]\Ime Récamier est toujours assez souffrante, mais elle ne songe plus à aller à Ems.

Ampère va partir. Il précède M. Lenormant.

Voici une vacance à l'Académie ; j'y mets bien peu de prix. Je voudrais qu'on mît M. de Tocque ville sur les rangs, malgré son absence.

J'ai une plus haute ambition, car je continue à être persuadé que ma découverte est une de celles qui marquent dans im siècle.

Vous ne m'écrivez plus. Est-ce un signe que vous allez faire une petite apparition au milieu de nous ?

MiUe fois mille amitiés les plus tendres et les plus respectueuses.

Hébal.

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